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OPPOSITION
Les trois mouvances expulsées de Magro à la suite d'une décision de justice
11/03/2010(Mada) Filiale du Groupe Tiko qui appartient à l’ancien président Marc Ravalomanana, la société Malagasy Grossiste, communément appelée Magro, a été condamnée hier par le tribunal commercial d’Antananarivo dans l’affaire l’opposant à la Chambre de commerce et d’industrie d’Antananarivo (CCIA). Ainsi, elle est expulsée du terrain appartenant à la Chambre de commerce à Ankorondrano où un hypermarché Magro a été construit et écope d’une amende de 22.080.000 Ar ainsi que de dommages et intérêts de 10.000.000 Ar.
Avec ce verdict d’expulsion, l’enceinte du Magro sera d’ici peu interdite aux manifestations quotidiennes des trois mouvances politiques de l’opposition. Ce qui permet à Midi Madagasikara d’écrire ce matin : «Avec ce verdict du tribunal commercial d’Antananarivo, la Place Magro deviendra inaccessible. Les partisans de Marc Ravalomanana voient là une instrumentalisation de la justice au profit des détenteurs des pouvoirs ».
Mais, il semblerait que Magro va interjeter appel de cette décision judiciaire. Aussi, l'avocate du groupe Tiko, Me Hanitra Razafimanantsoa, a-t-elle tenu à rassurer les manifestants de l’opposition. Dès hier, elle a expliqué que la décision du tribunal ordonnant l'expulsion de la société Magro du terrain appartenant à la Chambre de commerce à Ankorondrano, ne sera pas exécutoire dans l'immédiat. Elle a ajouté que cette décision n'est pas encore définitive tant que le groupe Tiko interjette appel avec défense à exécution provisoire.
Apparemment, il n’y a pas de dessous politiques dans cette affaire. C’est un litige entre un propriétaire et un locataire à propos d’un bail établi en 1998 et dont certaines dispositions n’ont pas été respectées par ce dernier. En fait, Magro a été poursuivi devant le tribunal pour défaillance d’obligations. Il s’agit du non paiement des loyers 2008 et 2009 du terrain où un hypermarché Magro a été érigé et de la non construction sur les lieux avant la date convenue de 2003 d’un centre commercial portant le nom de Henry Razanatseheno, ancien président de la CCIA aujourd’hui disparu.
Le non-paiement de loyers aurait dû entraîner depuis longtemps la résiliation du contrat de location. Mais comme le souligne Actumada, site d’information en ligne proche du Président Andry Rajoelina , qui pouvait bien se lever contre les sociétés d’un Président de la République, même pour réclamer ses propres créances? La chambre de commerce n’avait donc pu rien faire d'autres que de se contenter des procédures de recouvrement à l’amiable, sans pour autant intenter une action en justice pour se faire payer.
C’est seulement au début de cette année que, après avoir épuisé toutes les voies de recours à l'amiable, la chambre de commerce a décidé de porter l’affaire en justice. Elle a ainsi demandé l’expulsion de l’occupant des lieux comme cela se fait normalement dans des cas similaires.
Vu l’urgence de la situation, le tribunal des référés a été saisi en premier lieu il y a une dizaine de jours, Mais cette juridiction s’est déclaré incompétente. Quoi qu’il en soit, l’affaire a pu être jugée hier sur le fond par le tribunal de commerce d’Antananarivo. .


