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DIDIER RATSIRAKA:
« Je ne veux pas mettre de l’huile sur le feu, d’autant qu’un relent de guerre civile semblerait se pointer à l’horizon »
09/03/2010(Mada) « Je ne veux pas mettre de l’huile sur le feu, d’autant qu’un relent de guerre civile semblerait se pointer à l’horizon ». Ces propos sont de Didier Ratsiraka. Ils ont été rapportés par La Gazette de la Grande Ile qui s’est entretenu avec l’ex-président de la République.
Ratsiraka n’a pas indiqué les raisons qui le poussent à émettre un tel avis. Toujours est-il que cette phrase a été prononcée alors qu’il parlait de la sortie de crise à Madagascar. A ce sujet, il a précisément déclaré : «Contrairement à son nom, Andry n’est pas - sans jeu de mot - un pilier de la Transition et censé résoudre les problèmes actuels. Dans tous les cas, j’aime trop mon pays, et je ne veux pas mettre de l’huile sur le feu, d’autant qu’un relent de guerre civile semblerait se pointer à l’horizon. Je suis contre une telle menace ou éventualité. Madagascar ne mérite pas cela. Par rapport aux inepties que des leaders de partis déclarent, ici et là, moi je ne m’étais jamais versé dans une politique de caniveau. D’ailleurs, toutes mes déclarations à la presse, effectuées depuis mon exil se sont avérées justes. Que chacun prenne ses responsabilités».
A la question de savoir sa position sur la suite des événements à l’issue de l’atelier national d’Ivato, Ratsiraka a dit : « Je n’ai aucune solution à proposer. Je suis un homme d’honneur ; nous avions tous signé (les quatre chefs de file,ndlr) les accords de Maputo et d’Addis-Abeba. Et pourquoi, Andry Rajoelina, qui a rédigé à l’époque une charte des valeurs, renie-t-il actuellement les textes qu’il a signés? De toute façon, cet atelier n’est qu’une caisse d’enregistrement, car les sujets que les participants ont examinés sont identiques à ceux que M. Rajoelina a déjà avancés il y a trois mois. Rien de nouveau, en somme ».
Comme on le sait, des bruits ont circulé la semaine dernière sur l’état de santé de Ratsiraka. Ceux-ci indiquaient que l’ancien chef d’Etat était malade et qu’ainsi, il ne pourrait pas se rendre à Addis-Abeba. L’amiral a donc décidé de parler à la presse afin, notamment, de couper court à ces rumeurs malveillantes sur son état de santé. Pour lui, cette désinformation est destinée à brouiller les cartes et lui faire porter le chapeau quant à l’annulation de la rencontre des quatre mouvances, prévue hier à Addis-Abeba. « Qu’on arrête de dire que je suis la cause du report de sommet d’Addis-Abeba , s’est insurgé l’ancien chef d’Etat. Je suis en bonne santé ; j’ignore qui a intérêt à propager un tel intox ? Je n’ai jamais été aussi en forme qu’aujourd’hui ».
Quand allez-vous enfin décider de rentrer au pays ? A cette question récurrente posée par La Gazette, Ratsiraka a répondu : « Visiblement, personne ne souhaite mon retour (allusion à Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, selon la note de la rédaction du quotidien). Ma villa d’Ambodiatafana à Toamasina est toujours délabrée, les travaux de réhabilitation promis n’ont pas eu lieu. A Antananarivo, la résidence que l’Etat m’a réservée est en ce moment occupée par une institution gouvernementale. Ma famille et moi sont ainsi privés de logement. Pourtant, en tant qu’ancien président de la République, j’ai droit à une résidence. Je ne vais quand même pas loger à l’hôtel Colbert… »
REUNION DE L’UNION AFRICAINE
Addis-Abeba, c’est fini !
08/03/2010(Mada) «Je voudrais porter à votre connaissance que la réunion n'aura pas lieu aux dates initialement prévues». C’est en ces termes que Ramtane Lamamra, commissaire à la paix et à la sécurité de l'Union africaine, a fait savoir vendredi dans une lettre adressée individuellement aux chefs de file des quatre mouvances politiques, l’annulation de la rencontre censée les réunir à Addis-Abeba du 8 au 10 mars.
Un tel aboutissement était prévisible. L'invitation formulée par Ramtane Lamamra avait en effet spécifié l'annulation de la réunion en cas d'absence de l'un des chefs de file. En fait, le Président Andry Rajoelina a annoncé qu’il ne participera pas à la rencontre. Mais, il a désigné son Premier ministre Camille Vital et son vice-ministre chargé des Affaires étrangères Hippolyte Ramaroson pour le remplacer. Prévus pour partir en fin de la semaine dernière pour la capitale éthiopienne, ces derniers ont dû annuler leur déplacement.
Reste à savoir si Vital et Ramaroson se rendront toujours à Addis-Abeba dans les tous prochains jours afin de remettre aux instances dirigeantes de l’Union africaine les grandes décisions prises par les représentants des forces vives du pays, réunis pendant deux jours au CCI d’Ivato la semaine dernière, dans le cadre d’un atelier national baptisé « Teny ifampierana ».
Les participants à cet atelier ont adopté des résolutions qui sont contenues dans une « convention nationale » en huit points dont voici la teneur :
« Dans l’intérêt supérieur de la Nation, les représentants de toutes les forces vives de la Nation, composées des partis politiques et des entités de la société civile, qui ont participé à l’atelier « Teny ifampierana » les 4 et 5 mars 2010 au CCI Ivato, conviennent de ce qui suit :
Article 1 : du Président de la Haute Autorité de la Transition. M. Andry Nirina Rajoelina est confirmé dans les fonctions de Président de la HAT, chef de l’Etat.
Article 2 : du gouvernement d’union nationale de la transition. Il sera mis en place .Ses membres seront nommés par le Président de la Haute Autorité de la Transition, sur proposition du Premier ministre - chef de gouvernement - M. Albert Camille Vital.
Article 3 : de la conférence nationale. La conférence nationale qui verra la participation de toutes les forces vives de la Nation, déterminera les grandes orientations du projet de Constitution ; de la loi d’amnistie, du code de la communication, de la loi sur les partis politiques, du statut de l’opposition et du statut des anciens chefs d’Etat.
Article 4 : de la gestion consensuelle de la transition.Le principe de la participation à la gestion de la transition de toutes les forces vives de la nation, signataires de la présente convention, est acquis. Ce principe sera concrétisé par l’intégration de leurs représentants au sein des institutions de la transition.
Article 5 : de la CENI et du code électoral. Il sera institué une commission électorale nationale indépendante (CENI) qui organisera des élections justes, crédibles, libres et transparentes, conformément aux principes retenus lors de l’atelier « teny ifampierana ». Les textes relatifs aux élections feront l’objet d’amendements ou de modification, pour être conformes aux principes communément admis sur le plan international en matière d’élections démocratiques, compte tenu des réalités nationales.
Article 6 : de l’assemblée constituante. Il sera procédé à l’élection d’une Assemblée constituante, dont les membres élus au suffrage universel direct auront pour mission d’examiner et d’adopter la constitution de la quatrième République.
Article 7 : du comité de suivi. Il sera institué un Comité de suivi qui veillera au respect de la Présente convention.
Article 8 : de la durée de la Transition. La transition prendra fin au plus tard le 31 décembre 2010.
Commentant cette convention, Les Nouvelles écrit : « Le moins qu’on puisse dire est que cette convention dénommée «convention nationale d’Ivato» a tous les traits de l’accord politique qui a été adopté lors des négociations de Maputo I. A la différence que ce sont les représentants des participants de l’atelier qui y ont souscrit ». Rien d’anormal dans cette simulitude. Selon le Président Andry Rajoelina, la convention nationale sera dorénavant la feuille de route de la transition..
VISITE OFFICIELLE DE SEPP BLATTER
La politique et le football font bon ménage à Madagascar
04/03/2010(Mada) Joseph Sepp Blatter, président de la toute-puissante Fédération internationale du football amateur (FIFA) vient d’effectuer une visite officielle de 48 heures à Madagascar. Cette visite est une véritable aubaine pour les dirigeants du pays. Celle-ci intervient en fait au moment où le gouvernement malgache est toujours isolé diplomatiquement. Et ce, depuis un peu plus d’un an, en raison du changement anticonstitutionnel qui est survenu dans la Grande Ile le 17 mars 2009.
Certes, Sepp Blatter n’est pas à la tête d’un pays. Mais là où il se déplace officiellement, il est reçu comme un véritable chef d’Etat. A Madagascar, tel a évidemment été le cas : tapis rouge à l’aéroport, audience et dîner officiel au Palais présidentiel d’Iavoloha, remise d’une haute distinction honorifique, déplacements en compagnie du Président Andry Rajoelina ou du Premier ministre Camille Vital ainsi que du ministre des Sports Virapin Ramamonjisoa et du Président de la Fédération Malagasy de Football (FMF) Ahmad. La popularité du football sur la planète terre où on recense des millions de pratiquants et des milliards de supporters du ballon rond, y est pour quelque chose.
Hier matin, Sepp Blatter a inauguré le premier Centre technique national (CTN) de football malgache, implanté à Carion (30 km à l'est d'Antananarivo). « C'est une grande journée pour le peuple malgache et pour le football malgache », a-t-il déclaré lors d'une cérémonie en présence du Premier ministre Camille Vital et de plusieurs dignitaires malgaches du régime de transition. « Laissez le football en paix! », a-t-il en outre lancé en référence à la situation de crise qui prévaut dans le pays, mais aussi aux interférences politiques qui, du temps de l’ancien régime de Marc Ravalomanana, avaient failli provoquer la suspension par la FIFA de Madagascar en mars 2008.
Sepp Blatter a en outre rappelé le large rôle que peut jouer le sport roi : « Le football est vecteur d’intégration. Dans ce monde parfois injuste, il est important que nous puissions offrir à la jeunesse des meilleurs outils pour apprendre la discipline, le respect et la solidarité. Le football peut réunir et créer des ponts entre les gens. En cela il tient un rôle socio-culturel fondamental ».
Conscient du niveau du football malgache senior, Joseph Blatter a souhaité que ce centre devienne la pépinière des futurs champions. Une étape qu'il faut passer pour avoir de grands champions. «Il ne faut pas brûler l'étape pour avoir de vrais champions», a asséné Sepp Blatter, avant d'ajouter «Nous avons le projet football pour l'espoir et je le vois d'ici».
D’une capacité de 82 places, le CTN est muni d’un terrain, d’un dortoir, d’un réfectoire, d’une infirmerie, de salles de réunion et de bureaux déjà prêts. Ce centre accueillera les regroupements des différentes équipes nationales de football malgaches ainsi que des stages de formation, puis hébergera un institut fédéral pour les adolescents.
Après la cérémonie officielle d’inauguration, une conférence de presse s’est tenue au cours de laquelle Sepp Blatter a tenu à féliciter Madagascar : « Dans ce pays en plein développement, le travail effectué ici est tout simplement remarquable. Cela dit, la FIFA a initié ce projet dans le cadre de son Programme Goal, mais c’est à vous, Malgaches, de le faire fonctionner ». Il a par ailleurs été annoncé que l’instance internationale de football va élargir cette infrastructure en un centre éducatif, car, selon Sepp Blatter, « le football, c’est aussi l’école de la vie ».Il a en outre exprimé son sentiment «d'être toujours aux côtés de la Fédération malgache du football et s'engage déjà pour le prochain Goal qui concerne la construction d’autres terrains synthétiques».
En fin de journée d’hier, Sepp Blatter s'est rendu en avion privé à Mahajanga (578 km au nord-ouest d'Antananarivo) pour inaugurer un deuxième projet Goal. Il s’agit de la pelouse synthétique et de la nouvelle tribune du stade municipal Rabemananjara. Cette inauguration s’est déroulée en présence du Président Andry Rajoelina et devant quelque 8000 spectateurs venus pour la circonstance. Un carnaval était même organisé dans les rues de cette ville d’un peu moins de 50 000 habitants, deuxième plus grand port de Madagascar.
«Je suis ravi que l’on collabore aussi bien avec la Fédération malgache et je souhaite, évidemment, que nous continuions à aider au développement », a commenté le Président Blatter, dans son discours. « Et je suis également content que le Ministre des Sports s’engage pour l’autonomie du sport ».
A cette occasion, le président de la FMF, Ahmad, a notamment rendu hommage à, Andry Rajoelina, « le premier président qui s'engage pour l'équipe nationale ».
De son côté, Sepp Blatter a promis de revenir dans la Grande Ile. «Je vais revenir à Madagascar, a t-il dit, afin d’apprécier les étapes réalisées, grâce aux nouvelles infrastructures et de soutenir davantage les efforts consentis par l’État et la Fédération malgache de football, en matière de développement du sport en général et du football en particulier». Par ailleurs, il n’a pas manqué de féliciter l’intérêt que porte le Président Andry Rajoelina au football. «Rare sont les chefs d’État qui honorent de leur présence une cérémonie d’inauguration d’une simple pelouse et une petite tribune. C’est un bon créneau pour la promotion du sport».
Mais la palme revient à Virapin Ramamonjisoa, ministre des Sports. L’homme fort de la FIFA a qualifié les textes de loi issus de l’atelier organisé par le ministère des Sports qui régissent désormais le sport à Madagascar, de très intéressant. «Vous avez fait l’histoire grâce à ce décret, dont le contenu fait preuve du respect de l’autorité et l’indépendance du sport. Je n’aurai plus besoin de prêcher partout, dans le monde, de laisser le football tranquille si tous les ministres des Sports sont comme vous», a soutienu Sepp Blatter.
Pour sa part, le Président Rajoelina a réitéré sa ferme volonté de collaborer avec différentes entités pour le développement du football malgache. «Je recommande, a-t-il dit, au ministre chargé des Sports, ainsi qu’à la Fédération malgache de football, de mettre en œuvre le projet de rétribuer les joueurs membres de l’équipe nationale et de faire venir le plus tôt possible un sélectionneur étranger pour préparer à temps les prochaines échéances des Barea». Ne manquant pas de parler politique, le président de la Transition a rappelé que le pouvoir appartient au peuple et c’est à lui seul, à travers des consultations électorales ou à travers une table ronde, de prendre la décision afin d’avoir une décision consensuelle et inclusive.
Lors du passage du patron du football mondial, le président de la FMF, Ahmad, a reconnu que pour le football malgache, «le chemin de la victoire est très loin mais l'horizon est dégagé». C’est ainsi que tous les férus du sport souhaitent que la récente visite de Sepp Blatter donne une nouvelle impulsion au développement du football malgache. Celui-ci en a vraiment besoin. Madagascar est actuellement classé 157e pays sur 203 au classement de la FIFA. Et depuis des mois, l’équipe nationale Barea ainsi que les clubs malgaches enchaînent défaites sur défaites dans les compétitions officielles.
DIPLOMATIE
La « Voix de la France » à Madagascar ne parle pas de choses indifférentes 02/02/2010
(Mada)L’ambassadeur français Jean-Marc Châtaignier s’avère être une personnalité adepte de la communication. En fait, à intervalles plus ou moins réguliers, le représentant de la France dans la Grande Ile accorde à la presse locale des longues interviews concernant Madagascar.
Une telle démarche est intéressante, surtout en cette période de crise politique dans la Grande Ile. Où les propagateurs d’informations déformées ou mensongères de la réalité rivalisent d’efforts avec ceux qui font circuler des informations exactes et sans parti pris. Les propos du diplomate suscitent par ailleurs l’intérêt car, à tort ou à raison, bon nombre d’observateurs estiment que le gouvernement français soutient les tenants du pouvoir actuel à Madagascar. Ces propos sont donc décortiqués et commentés dans différents milieux.
Jean-Marc Châtaignier tient parfois des propos différents de ceux des représentants de l’ensemble de la communauté internationale. Ainsi, il a déclaré, avant la réunion des médiateurs étrangers à Addis-Abeba que la France estime qu’on ne peut plus appliquer les accords de Maputo et d’Addis-Abeba pour régler la crise malgache. (Lire à ce propos, notre article dans la rubrique « A la Une » daté du 14 janvier 2010).
Aujourd’hui, Mada invite les internautes à découvrir un long entretien de l’ambassadeur de France à Antananarivo qui est récemment paru dans Madagascar Matin. Le diplomate analyse notamment la situation politique qui prévaut dans la Grande Ile.
Dans sa première question, le quotidien se demande si l’absence de sanction contre Madagascar lors de la réunion du Groupe international de contact (GIC), suivie de celle du Conseil Paix et Sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), est en relation avec le long voyage du Président de la HAT en terre française et avec l’entretien qu’a eu le ministre des Affaires étrangères français avec son homologue congolais. Bref, le confrère avance qu’il y aurait eu un lobbying français pour empêcher Madagascar d’être condamné. Après de tels propos, le diplomate déclare : « Je pense qu’il n’y a aucune relation entre ces déplacements et les réunions du GIC et du CPS. La France est membre du GIC à côté des membres permanents du Conseil de Sécurité, de la SADC, de l’UA, de la COI, de l’OIF. Et la France n’est pas membre du CPS. Bien sûr, nous défendons nos vues mais on ne peut pas suspecter la France de manipuler ou d’instrumentaliser ces organes ». Et d’ajouter à propos de l’ « accusation » lors du 14e sommet de l’UA, du Président de la Commission de l’UA, Jean Ping, d’avoir défendu la position de la France dans la crise malgache : « Je n’ai pas à apporter des jugements sur la position des uns et des autres. Je crois à l’honnêteté des fonctionnaires internationaux. Les discours du Président Ping sont suffisamment clairs. Très honnêtement, je ne crois pas à des manipulations, à des instrumentalisations. Jean Ping représente l’UA. Il est indépendant. Nous sommes totalement indépendants de l’UA. Bien sûr, nous dialoguons. Nous pouvons ne pas être d’accord avec une position qu’elle va prendre. Mais de là à suspecter qu’untel ou untel pays, que la France ou d’autres auraient instrumentalisé ces organisations, je ne crois pas une seule seconde que ce soit crédible. C’est comme le cas où les gens essaient d’opposer la France aux Etats-Unis. Or, je peux vous dire que la France et les Etats-Unis ont la même position sur Madagascar. Nous voulons les uns et les autres le retour à l’ordre constitutionnel pour que les Malgaches puissent se prononcer souverainement sur le régime qu’ils veulent mettre en place. Donc, la position de la communauté internationale est une et indivisible, celle d’appuyer Madagascar dans le rétablissement de l’ordre démocratique».
Parlant de relation franco-malgache lors de la présidence Ravalomanana qui est jugée comme « difficile » par le journal, alors que tel n’est plus le cas actuellement, l’ambassadeur dit : « Ce n’est pas mon rôle de me prononcer sur untel ou untel Président malgache. Nous avons eu une bonne relation avec le Président Ravalomanana. La visite d’Etat du Président Chirac à Madagascar en 2005, est tout à fait exceptionnelle et s’est bien passée. Nous avons des relations normales avec l’Etat malgache. Madagascar est pour nous un pays ami».
La France est jugée comme étant un des pays qui soutiendrait la Transition. Si la date du 17 mars arrive sans que la crise soit résolue, est-ce que la France appliquera des sanctions comme celles déjà annoncées par le CPS ?A cette question de Madagascar Matin, le diplomate répond : « Je ne peux pas raisonner en négatif. Je veux croire qu’il est encore possible d’arriver à un accord entre les acteurs malgaches pour aller dans l’organisation rapide des élections, pour aller vers ce rétablissement de l’ordre démocratique et constitutionnel. Il faut appuyer les uns et les autres pour trouver un accord. Ce qui est important, c’est de ne pas exacerber les tensions. Comme je l’ai déjà dit le 14 juillet, il faut construire la maison commune malgache (« Tranobe ») et il faut faire en sorte que les uns et les autres se mettent d’accord sur une solution ».
Jean-Marc Chataignier aurait accès facile auprès d’Andry Rajoelina. A tel point que d’aucuns ont avancé qu’il aurait été présent lors d’un conseil des ministres. A ce sujet, il précise: « C’est impossible. Mais, je ne peux pas assister à un conseil des ministres malgache. Un ambassadeur défend d’abord les intérêts de son pays. Je ne peux pas faire cela. Il ne faut pas croire ce qu’on chuchote justement. C’est complètement impossible et inimaginable. En tant que représentant d’un Etat souverain, je ne peux pas m’ingérer dans les affaires d’un autre Etat souverain. Faire courir ce genre de bruits n’est pas respectueux ni de Madagascar ni de la France. Et je suis malheureux que ce type de rumeur puisse avoir cours ».
Plus tard au cour de l’entretien, le diplomate lance : « Il ne faut pas faire porter à la France la responsabilité de cette crise. Quand les Malgaches n’arrivent pas à s’entendre entre eux, il a des gens qui disent immédiatement que c’est la faute de la France. Pourtant, le problème est ailleurs. Parfois, on utilise la France comme un exutoire, comme un bouc émissaire. Donc, quand quelque chose ne va pas, c’est la faute à la France. Je ne crois pas ».
A propos des discours de certaines mouvances, très francophobes, très virulents, l’ambassadeur souligne : « Je me sens calme, tranquille. Nous sommes là pour aider Madagascar et que toutes les actions politiques que nous menons c’est de trouver une solution à la crise. Et que j’ai reçu personnellement les membres de toutes les mouvances qui demandent à me voir. Je rencontre tout le monde et aucun ne tient un discours antifrançais et que chacun, au contraire, reconnaît en la France un rôle plutôt positif et constructif et que nous souhaitons apporter notre pierre à la construction de cette paix pour ce pays cher dans le cœur et dans l’âme de la France. Et je suis très content d’entendre dans leur voix un sentiment francophile, que nous sommes prêts à travailler ensemble comme des partenaires adultes ».
Concernant l’évolution de la coopération entre Madagascar et la France, avant et durant la crise, le diplomate indique : « D’abord la France a décidé de maintenir son aide et sa coopération au bénéfice de la population malgache. Ceci étant, nous avons été obligés de faire évoluer notre coopération. Par exemple, nous avons été obligés d’arrêter notre aide budgétaire suite à la découverte des malversations au mois de décembre 2008. Eu égard à l’évolution de la situation, nous axons notre aide directement sur la population, sur l’éducation, sur la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. Sur l’aide alimentaire par exemple, il a été annoncé la contribution de la France de deux millions d’euros à travers les activités de la Croix-Rouge malgache, de la FJKM, du PAM, de l’UNICEF pour qu’ils mettent en place des activités de terrain au bénéfice de la population. Je pense que dans ce contexte de crise, notre aide au développement est plus que jamais orientée en faveur de la population malgache. Je pense qu’il est important qu’on n’abandonne pas dans la crise la population malgache ». Et de préciser : « Notre aide budgétaire s’est arrêtée et le restera tant que les choses ne sont pas clarifiées. On a eu une aide budgétaire de 7 millions d’euros avant la crise et je tiens à faire remarquer que nous avons décidé de maintenir le même niveau d’aides en convertissant notre aide budgétaire en aide sociale au bénéfice de la population par le biais du PAM, aux restos du cœur de la Croix-Rouge Malgache, à la FJKM… ».
Y aurait-il, par hasard, un message politique derrière ce financement à la mission protestante FJKM dont le vice-président est l’ancien président Ravalomanana? « Nous travaillons avec ceux qui travaillent sur le terrain, dit l’ambassadeur, et le travail de terrain de la FJKM est tout à fait valable comme les actions de l’Eglise catholique, par exemple, celles du Père Pedro, que nous finançons aussi. Ce qui compte c’est que l’aide arrive vraiment au niveau de la population. C’est fondamental ».
A propos de la coopération entre Madagascar et la France après la crise, le chef de mission estime : « Je crois que la crise va forcement s’achever. J’espère que je serai encore l’Ambassadeur de la France ici et j’espère qu’on aura encore un dialogue le plus constructif possible. Il y aura toujours quelque chose sur laquelle nous ne serons pas d’accord mais sur laquelle nous pouvons dialoguer parce que nous avons des intérêts communs. Nous avons une population française importante à Madagascar et une population malgache importante également en France. Nous devons travailler ensemble pour les intérêts de ces personnes. Nous sommes des pays voisins, la France étant à La Réunion et à Mayotte. Nous avons les mêmes problèmes comme la piraterie ou la lutte contre les grands trafiquants de drogue. Nous avons tout intérêt que Madagascar puisse devenir un dragon de l’Afrique dans lequel il y aura une croissance économique et beaucoup d’investissements étrangers. Je crois beaucoup au développement de Madagascar ». Et de conclure : « Madagascar doit d’abord avoir des dirigeants élus démocratiquement. Nous sommes prêts à aider Madagascar pour ce développement économique. Mais la priorité est celle qui est définie par le pays. Après la crise, je crois qu’on devrait renforcer notre action de coopération et nous aiderons le pays pour son développement avec la coopération d’autres partenaires comme les Etats-Unis, la Chine… nous serons à vos côtés. Madagascar doit s’ouvrir sur les marchés européens, américains, asiatiques, sud-africains… Nous, la France, nous ne demandons pas que nos investissements à Madagascar soient privilégiés. Nous demandons simplement qu’on applique les mêmes règles à tout le monde. On n’est pas dans une logique exclusive, on est dans un monde où chacun peut investir. S’il y a une croissance économique élevée à Madagascar, tout le monde sera content ».
Lire l’intégralité de l’entretien sous le titre « L’ambassadeur français Jean-Marc Chataignier : « Nous avons tout intérêt que Madagascar puisse devenir un dragon de l’Afrique » sur Revue du Web (rubrique en page d’accueil de Mada).
DIPLOMATIE
Les conditions d’exil de l’ancien président Marc Ravalomanana en Afrique du Sud 01/02/2010
(Mada)Comme on le sait, Marc Ravalomana se trouve en exil volontaire en Afrique du Sud depuis qu’il a quitté le pouvoir il y a près d’un an. Interrogé par l’Express de Madagascar, Duminasi Rasheleng, chargé d’affaires de l’ambassade sud-africaine à Antananarivo, a apporté quelques informations concernant le séjour dans son pays de l’ancien président malgache.
Ainsi, l’on a appris que la présence de celui-ci sur le sol sud-africain n’est pas consécutive à une décision du gouvernement de Pretoria. Elle fait, semble-t-il, suite aux dispositions prévues par un protocole de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). L’Afrique du Sud, en tant que pays membre de cette organisation régionale, se contente tout simplement d’être le pays hôte. Le chargé d’affaires a indiqué que l’ancien chef d’Etat aurait bien pu s’installer dans un autre pays membre de la SADC tels le Lesotho ou le Zimbabwe. Mais, il a estimé que : « Marc Ravalomanana agit comme quelqu’un qui est face à plusieurs boutiques. Il est libre de choisir d’entrer dans l’une des boutiques ».
Si nous avons bien compris les propos du diplomate, au pays de Mandela, Ravalomanana n’est pas considéré comme un exilé politique. « Ravalomanana ne perçoit aucune aide financière du gouvernement sud-africain. Il évolue dans un pays libre qui ne peut rien lui imposer. Il jouit d’une totale liberté dans toutes ses activités. Il est également libre de faire des affaires, comme l’autorise la loi sud-africaine ».
Selon Duminasi Rasheleng, l’Afrique du Sud n’acceptera pas une éventuelle demande d’extradition de Marc Ravalomanana par l’État malgache. « L’extradition se fait dans le cadre d’un accord entre deux pays, a-t-il précisé. Or, faute de reconnaissance internationale pour le gouvernement en place à Antananarivo, il n’y a pas de contact officiel entre Madagascar et l’Afrique du Sud ».
Concernant les sanctions, le chargé d’affaires a estimé que la suspension de la liaison aérienne entre Madagascar et les pays de la SADC et l’envoi d’une expédition militaire de l’organisation régionale dans la Grande Ile ne sont pas à l’ordre du jour .
« Ce ne sont que des rumeurs et des allégations ou des discussions en aparté qui n’ont rien d’officielles, a-t-il dit. A l’issue des réunions du GIC, il y a des communiqués officiels qui stipulent clairement la possibilité de sanction. Restons dans le cadre de ces communiqués qui évoquent des possibilités concrètes ».
Pour le diplomate, la présence de Marc Ravalomanana sur le sol sud-africain n’affecte pas du tout le processus de médiation. « Notre seul objectif consiste à faire revenir la stabilité à Madagascar. Nos actions qui rejoignent celle de l’Union africaine et du Groupe international de contact (GIC) consistent à aider et accompagner le peuple malgache à retrouver cette stabilité » a-t-il souligné.
DECLARATION A LA NATION
Andry Rajoelina va associer toutes les forces vives à la prise de décision concernant l’organisation des élections à venir 26/02/2010
(Mada) Au cours d’une déclaration à la nation qu’il a effectuée cette nuit, le Président Andry Rajoelina persiste et signe : pour sortir Madagascar de la crise, il maintient son idée d’organiser rapidement des élections. Ce qui permettra, en outre, à un retour à l’ordre constitutionnel dans la Grande Ile par la voie des urnes.
Ainsi, l’homme fort de la Transition ne veut toujours pas appliquer les Accords de Maputo des 8 et 9 août 2009 et l’Acte Additionnel d’Addis-Abeba du 6 novembre 2009. L’application de ceux-ci est pourtant exigée.par les médiateurs internationaux, en vue, selon eux, d’aboutir à une véritable sortie de crise, car elle permet notamment de trouver la « consensualité » et « l'inclusivité » autour des quatre mouvances politiques jugées représentatives de la classe politique locale. Ces accords obligent Andry Rajoelina à cohabiter pendant la Transition avec les trois mouvances de l‘opposition, dirigées par les anciens présidents Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Albert Zafy, Et également à placer à des postes de responsabilité un peu plus d’un demi-millier de personnalités, désignées par les protagonistes de la crise malgache, pour une courte période n’excédant plus neuf mois. Une véritable aberration, ne cesse-t-on de gloser dans les salons tananariviens, dans la mesure où les finances de l’Etat sont limitées après plus d’un an de crise politique.
Dans sa déclaration, Rajoelina a indiqué avoir reçu le message de la communauté internationale. Mais, en guise de réponse, il a préféré lancer à ses compatriotes : «Il est temps pour nous, citoyens malgaches, de prendre nos responsabilités. Madagascar appartient aux Malgaches. L’avenir est entre nos mains. Nous devons plus que jamais faire preuve de patriotisme et de fierté nationale. Nous avons déjà tracé notre voie. La seule issue, c’est les élections ! ».
En procédant ainsi, Andry Rajoelina s’expose aux menaces de sanctions que l’Union africaine ne cesse de brandir s’il persiste à organiser d’une manière unilatérale des élections. Mais, le président de la Transition semble avoir trouvé la parade pour contourner cet écueil. C’est que, il entend maintenant associer toutes les forces vives de la nation à la prise de décision concernant l’organisation des élections à venir. Par cette démarche, il espère, par ailleurs, ne plus être taxé d’agir unilatéralement par ses détracteurs.
Ainsi, Andry Rajoelina a invité cette nuit les représentants de toutes les forces vives à participer les 4 et 5 mars prochain à une réunion préparatoire qui servira à « prendre en commun toutes les mesures pouvant contribuer à l’organisation des élections libres, transparentes et justes » et également à « discuter de l’organisation de la Commission électorale nationale indépendante et déterminer la date exacte des élections ». Il a précisé : « Nous n’invitons pas seulement les tenants du pouvoir et les quatre mouvances politiques reconnues internationalement, mais aussi tous les autres partis politiques, quels que soient leur tendance, et l’ensemble de la société civile ».
Lors de sa déclaration à la nation, l’homme fort de Madagascar a par ailleurs fait preuve de sa capacité d’ouverture politique. « En attendant la tenue des élections, a t-il annoncé, je suis disposé à accueillir tous ceux qui sont animés de bonne volonté pour collaborer ensemble au sein des différentes institutions de la transition, comme le gouvernement ». Ce qui suppose un prochain remaniement ministériel.
PROPOS MINISTERIELS
Hyppolite Ramaroson : « Si on sanctionne Andry Rajoelina, Marc Ravalomanana et moi devraient également être sanctionnés »
26/02/2010(Mada) « Je n’accepterais jamais que le Président Andry Rajoelina soit sanctionné pour le pouvoir que je lui ai moi-même transféré, c’est moi qui devrais dans ce cas être sanctionné. Et si on me sanctionnait, que celui qui m’a remis les pleins pouvoirs, à savoir l’ancien président Marc Ravalomanana, devrait l’être en premier. Il est à l’origine de la sortie du pays d’un cadre constitutionnel en ayant mis en place un directoire militaire ». C’est ce qu’a notamment déclaré à la presse, hier, le vice-amiral Hyppolite Rarison Ramaroson, nouveau chef de la diplomatie malgache.
Le vice-premier ministre chargé des Affaires étrangères a ajouté : « Il est temps de considérer qu’il n’y a jamais eu de coup d’Etat le 17 mars 2009 à Madagascar, j’en suis le témoin. Quoi qu’on dise, c’est Ravalomanana lui-même qui a renversé sa propre personne en abandonnant de son plein gré le pouvoir. C’est un auto-putschiste ! ».
A ce propos, le vice-amiral a lancé un appel à l’intention de l’ancien président Ravalomanana. « Vous savez pertinemment, a t-il dit, que ce que vous racontez un peu partout dans le monde n’est pas la vérité, je vous prie donc d’arrêter de mentir. Nous n’avons jamais brandi nos armes contre vous, ni d’ailleurs contre l’ambassadeur des Etats-Unis le 17 mars 2009 à l’Episcopat d’Antanimena. Cessez vos actes de nuisance et de destruction de là où vous êtes».
A l’approche de la date du 17 mars 2010, expiration de l’ultimatum lancé par l’Union africaine pour l’application des accords de Maputo par les tenants actuels du pouvoir dans la Grande Ile, le ministre a parlé de la médiation internationale en ces termes : « Cela fait huit mois que le Groupe International de contact est intervenu sans aucun résultat. En conséquence, je lui demande humblement et officiellement aujourd’hui de revoir sa copie avec nous, les Malgaches, et de ne pas nous imposer sa volonté». Et de poursuivre : « Je suis tout à fait conscient de l’enjeu de la date du 17 mars prochain. Mais, je ne suis pas pour l’application des accords de Maputo. Pour moi, ces accords consacrent la culture de l’impunité, et ce n’est pas ce qu’on m’a inculqué aux écoles supérieures de guerre où j’ai poursuivi mes études, aussi bien en France qu’aux Etats-Unis. Toutes les guerres se terminent autour d’une table, mais, pour le cas présent, ce n’est pas forcément celle pour servir les accords de Maputo. C’est la table pour servir les élections. Seules, les élections pourront faire sortir Madagascar de la crise actuelle. Je demande donc officiellement à nos amis étrangers de nous aider pour l’organisation des élections à venir ».
Parlant des protagonistes de la crise malgache, le vice-amiral Ramaroson a dit : «Je pense que tous les politiciens, qui qu’ils soient, ne devraient pas avoir peur d’affronter le verdict des urnes. Si vraiment ils se disent patriotes, ils devraient même participer à l’organisation des élections ».
SUR LE PLAN JURIDIQUE
Des juristes proches du pouvoir évoquent plusieurs raisons pour ne plus appliquer la Charte de Maputo
24/02/2010(Mada) Avec le concours du Groupe de juristes indépendants qui ont, semble-t-il, choisi de travailler dans l’ombre, Actumada écrit qu’il existe plusieurs raisons pour ne plus appliquer la Charte de Maputo sur le plan purement juridique.
Ainsi, le site d’information, proche du pouvoir, évoque notamment l’article 40 de cette Charte qui prévoit que « pour sa mise en œuvre,…dès sa signature, les organes et institutions prévus par la Charte seront mis en place dans un délai n’excédant pas trente jours » et que « les différentes mouvances politiques signataires de la présente Charte procèdent à la désignation des membres de toutes les institutions et organes prévues dans un délai n’excédant pas 30 jours ».
La Charte a été signée le 9 août 2009, et un mois plus tard, l’article 40 n’a pas encore reçu application, faute de consensus entre les parties concernées. Cette condition de délai, essentielle pour la Communauté internationale, n’ayant pas été respectée, la Charte est devenue caduque, donc dépourvue de toute valeur juridique.
Actumada traite en outre, de la même manière, la ratification et la publication de la Charte ainsi que la nomination et le limogeage du premier ministre de consensus Eugene Mangalaza. Il pense aussi que la Charte de Maputo viole l’ordonnancement juridique interne de l’Etat malgache et que certaines de ses dispositions portent atteinte à sa souveraineté.
;Actumada estime qu’Andry Rajoelia et les militaires qui lui ont remis le pouvoir n’ont pas fomenté un coup d’Etat. « Certes, écrit-il, il y a eu changement de gouvernement non conforme à la Constitution malgache, et c’est Ravalomanana lui-même qui en était l’auteur principal (mise en place d’un directoire militaire prévu nulle part dans la Constitution), mais il n’y a pas eu cet élément « coup d’Etat militaire » dont la réalité est nécessaire pour justifier une condamnation et par la suite, une sanction. (Le vice-amiral Hyppolite Ramaroson, a déjà affirmé très clairement qu’ils ont décidé de remettre les pleins pouvoirs à Andry Rajoelina sans aucune menace ni contrainte pendant leur présence au CAPSAT de Soanierana) ».
Par ailleurs, le site avance que l’Equipe conjointe de Médiation pour Madagascar (ECMM), transformée par la suite en Groupe de contact international ; mandatée par le Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la SADC (juin 2009) n’a pas sa raison d’être et n’aurait jamais dû exister faute de fondement juridique.
Lire la suite sous le titre « Plusieurs raisons pour ne plus appliquer la Charte de Maputo sur le plan juridique » sur Revue du Web (rubrique en page d’accueil de Mada)
DECISION DE L’UNION AFRICAINE
Andry Rajoelina et les membres des institutions de la Transition risquent trois sortes de sanctions 23/02/2010
(Mada) Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS) a adopté le 19 février dernier une décision sur la situation à Madagascar.
Dans cette décision, le CPS indique notamment les sanctions qui seront appliquées aux autorités de fait issues du changement anticonstitutionnel qui ne se conforment pas à la mise en œuvre diligente des Accords de Maputo et de l’Acte additionnel d’Addis-Abeba, à compter du 17 mars 2010.
Ces sanctions sont de trois ordres. Il s’agit de :
- l’interdiction de voyager à l’encontre de tous les membres des institutions mises en place par les autorités de fait issues du changement anticonstitutionnel et tous autres individus , membres de la Mouvance Rajoelina , dont l’action fait obstacle aux efforts de l’Union africaine et de la SADC visant à restaurer l’ordre constitutionnel dans la Grande Ile ;
-le gel des fonds, autres avoirs financiers et ressources économiques de tous les individus et entités concourant d’une manière ou d’une autre, au maintien du statu quo anticonstitutionnel ;
-l’isolement diplomatique des autorités de fait issues du changement anticonstitutionnel, visant à remettre en cause la participation des représentants de ces dernières aux activités d’organisations internationales , non africaines, y compris les Nations unies et l’ensemble de leurs agences et d’autres structures concernées.
Lire la suite sous le titre «Andry Rajoelina et les membres des institutions de la transition risquent trois sortes de sanctions » sur « Revue du web » (rubrique en page d’accueil de Mada).
PUBLICATION
Amnesty International publie un important rapport sur les violations des droits humains à Madagascar
23/02/2010(Mada) « Madagascar : urgent need for justice » (Human rights violations during the political crisis). Tel est le titre du rapport d’Amnesty International sur les violations des droits humains à Madagascar durant la crise politique (décembre 2008 à janvier 2010).
Publié depuis le 4 février, ce rapport de 54 pages, au format PDF, est notamment disponible en ligne sur Mada, dans sa version originale en anglais. La traduction française est annoncée pour début mars 2010.
Consulter ce document sous le titre de «Madagascar : urgent need for justice » sur « Revue du Web » (rubrique en page d’accueil de Mada ).
ECONOMIE
Le textile malgache dans la tourmente après la suppression de l’AGOA 19/02/2010
(Mada) Pour le magazine Jeune Afrique, les difficultés économiques s’accumulent depuis le début de la crise politique à Madagascar. L’exclusion du pays de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) n’arrange rien.
Après cette exclusion, c’est la filière textile qui souffre le plus dans la Grande Ile. En témoignage : les propos alarmants de plusieurs responsables d’industries textiles que l’hebdomadaire panafricain a interrogé. Parmi ceux-ci, Sélim Ismail, président de la plus grande entreprise textile malgache, Cotona, qui produit en moyenne 60 millions de mètres de textile par an et emploie plus de 3 000 personnes.
Pourtant, le ministre du Commerce, Jean-Claude Rakotonirina, se veut rassurant. « L’AGOA ne représente que 32 % des exportations de Madagascar. La plus grosse partie est destinée au marché européen, notamment français [70% des exportations malgaches, NDLR]. Dans l’Union européenne, nous ne payons pas de taxe pour nos produits textiles », indique le ministre. Le gouvernement prévoit ainsi d’accroître ses débouchés vers l’Allemagne, notamment, qui ne reçoit que 0,6 % des exportations malgaches.
Rakotonirina reste indéfectiblement optimiste. « La sortie de Madagascar de l’AGOA n’est pas une catastrophe, assure-t-il. La zone franche n’est qu’un appoint dans l’économie malgache, elle n’est pas essentielle. » Selon lui, si toutes les entreprises du secteur mettaient la clé sous la porte, il n’y aurait «que» 45 000 chômeurs. Mais ce n’est pas l’avis des associations patronales pour qui ce chiffre est dix fois inférieur à la réalité. Les exportations de textile vers les États-Unis représentent tout de même 12% du PIB de la Grande Île.
Lire la suite sous le titre « Le textile malgache dans la tourmente » sur « Revue du Web »(rubrique en page d’accueil de Mada).
DIPLOMATIE
Malgré les vives critiques des eurodéputés, l’Union européenne n’a pas dit son dernier mot sur la situation à Madagascar 17/02/2010
(Mada) L’Union européenne préfère attendre la décision du Groupe international de contact (GIC) qui se réunit demain à Addis-Abeba afin de trouver une ultime issue à la crise malgache, avant de statuer sur le cas de Madagascar à son niveau. Ainsi, la réunion prévue à cet effet la semaine dernière à Bruxelles a été reportée sine die.
Une telle décision est logique. Après la réunion de demain du GIC, la tâche de l’Union européenne sera plus aisée. Il lui suffira alors de s’aligner sur la position de la communauté internationale. Dans ce contexte, la récente résolution du Parlement européen, aussi importante soit-elle, n’aura qu’une influence mineure sur la décision de l’Europe dans ses relations avec Madagascar.
Il faut dire que le Parlement européen a estimé nécessaire de tirer la sonnette d’alarme à propos de la situation à Madagascar. Ainsi, dans le but sans doute d’influencer les décisions des instances dirigeantes de l’Union européenne, il a fustigé la Transition, En fait, le Parlement européen a voté la semaine dernière à Strasbourg une résolution accablant le régime en place à Madagascar. Dans cette résolution, les eurodéputés ont, entre autres, dénoncé les «violations généralisées des droits humains, le harcèlement des parlementaires, des religieux, des membres de la société civile ». Et également, « la répression systématique de l'opposition, les arrestations et les tortures des civils et d'hommes politiques, ainsi que la détention sans inculpation et dans des lieux inconnus de nombreuses personnes ». Ils ont aussi exprimé leur profonde préoccupation suite à «la disparition de plusieurs centaines de personnes dont une centaine d'enfants et d'adolescents » et, enfin, à « la censure des médias, à l'intimidation et l'arrestation systématique de journalistes ».
La résolution a également soulevé « le pillage d'églises » et l’existence « des milices dont les membres devront être désarmés et intégrés dans l’armée».
Le Parlement européen a affirmé son opposition à toute organisation électorale unilatérale. Il est allé jusqu’à demander des «sanctions individuelles ciblées» contre les dirigeants du régime de la transition, en cas de non-respect des engagements pris à Maputo et Addis-Abeba pour une période transitoire consensuelle et inclusive dans la Grande Ile.
Commentant ces vives critiques, le quotidien La Vérité a écrit dans ses colonnes : « Cette résolution ne peut que faire hérisser les poils de l’échine des vingt millions de Malgaches et des étrangers qui connaissent parfaitement les réalités dans le pays. Elle recèle des accusations gratuites, mensongères, outrancières et anachroniques. Celles-ci prouvent, par ailleurs, le manque de sérieux de ses concepteurs, à savoir les eurodéputés du groupe ADLE (Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe) ». Et le journal de poursuivre : « Il est maintenant prouvé que les députés européens sont cruellement déphasés par rapport aux réalités vécues sur le terrain à Madagascar. En effet, quand ces députés européens accusent que, dans le pays, il y aurait eu « tortures de civils, pillages d’Eglises, répression systématique d’opposants, censure des médias, arrestation systématique de journalistes, etc. », ceci veut tout simplement dire qu’ils se sont trompés de pays, dans leurs attaques aveugles et aveuglées. Pis, quand ils avancent que, à Madagascar, il y aurait eu « disparition de plusieurs centaines de personnes, dont une centaine d’enfants et d’adolescents », ceci prouve qu’ils ont réellement fait l’amalgame entre la République démocratique du Congo (RDC) et Madagascar. Ni plus ni moins. Quand ces élus européens ont indiqué qu’il y aurait eu des « protestations populaires réprimées dans la violence » à Madagascar, ils ont sciemment ignoré l’odieuse boucherie humaine que Marc Ravalomanana et des membres de sa garde présidentielle ont perpétrée le 7 février 2009. Ignoble « crime contre l’humanité » et infâme « génocide » qui, faut- il le rappeler, ont mis fin à la vie d’une cinquantaine de Malgaches et blessé d’autres centaines. Pire, ces crimes ont soustrait une centaine de corps sans vie à leurs familles, lesquels corps ont été jetés dans des fosses communes par ces éléments de la garde présidentielle de Marc Ravalomanana».
Il faut dire que la résolution des eurodéputés a suscité au sein du microcosme politique de la Grande Ile des polémiques interminables. Voire des interprétations différentes. Selon qu’elles émanent des approbateurs ou des désapprobateurs des faits qui ont été énoncés au Palais de Strasbourg.
Objectivement, il faut reconnaître que les vives critiques du Parlement européen ne sont pas entièrement fondées. Le gouvernement malgache et la Délégation européenne à Antananarivo ont sans doute une part de responsabilité dans cette situation. Pour défaut de lobbying de l’un et pour manque d’information transmise de l’autre.
Quoi qu’il en soit, comme indiqué plus haut, la résolution du Parlement européen ne constitue pas une réponse définitive de l’Union européenne dans ses relations avec Madagascar.
POLITIQUE
Les pro-Rajoelina fustigent Ny Hasina Andriamanjato après sa démission 16/02/2010
(Mada) Ceux qui gravitent autour du Président Andry Rajoelina semblent se réjouir particulièrement du départ de Ny Hasina Andriamanjato de son poste de vice-premier ministre chargé des Affaires étrangères. On ne peut parler autrement quand on sait à quel point Actumada (le site d’information en ligne pro-Rajoelina par excellence) a fustigé celui-ci après sa démission du gouvernement.
En fait, Actumada a écrit la semaine dernière sur la Toile : « Il était grand temps et c'était pas trop tôt. C'est avec un grand ouf de soulagement que l'on vient d'apprendre que le Président de la Haute Autorité de la Transition a accepté la démission de Ny Hasina Andriamanjato du poste de vice-premier ministre chargé des Affaires étrangères (...) En tout cas, depuis le début, bon nombre d'observateurs ont critiqué l'incompétence de ce fils Andriamanjato dans la diplomatie malgache. Et beaucoup lui imputent à raison d'ailleurs les échecs répétés du régime actuel sur le plan international. Au tout début, si les travaux techniques qui devaient permettre le retour des financements ont été faits (le ministre de l'époque Benja Razafimahaleo avait même été salué par le FMI et la Banque mondiale pour sa gestion au ministère des Finances et du Budget), c'était la reconnaissance internationale qui a toujours fait défaut et qui a empêché la reprise des partenariats avec les bailleurs de fonds ».
Le site d’info cite en outre un autre exemple flagrant : l'affaire New York, lors de la 64ème assemblée générale des Nations-Unies, où le Président Andry Rajoelina a été interdit de parole. « Qu'a fait le chef de la diplomatie malgache?, se demande Actumada à ce sujet. L'opinion a même réclamé sa tête après l'affaire du plagiat de discours sur le changement climatique dont on a accusé Andry Rajoelina dans le cadre de cette 64ème session ordinaire de l'ONU ». Et d’ajouter : « Mais pire encore, si jusque là, on n'a pu trouver aucune solution à la crise, on ne peut nullement exempter Ny Hasina Andriamanjato de responsabilité. Le lobbying sur le plan international de la HAT a toujours laissé à désirer, et il était loin de faire le poids face aux vastes offensives de l'ancien Président, qui n'a jamais hésité à recourir aux mensonges et aux pots-de-vin divers ».
Actumada poursuit : « On se souvient des nombreux déplacements de Ny Hasina Andriamanjato à l'étranger, qui n'ont jamais apporté de résultats positifs. Pas plus tard qu'à la fin de l'année, il s'est rendu aux Etats-Unis, par deux fois même, sans qu'il n'ait été capable de faire changer d'avis les autorités américaines déjà mal informées par leur ambassadeur en poste à Madagascar. Et pire, juste après son retour, le communiqué assassin des USA est tombé. Qu'est ce qu'il a bien pu faire au pays de l'oncle Sam alors, pour qu'il n'ait même pas pu arriver à leur expliquer les vraies réalités à Madagascar? Quand on a lu le communiqué en effet, on s'est rendu compte que les Américains étaient loin, très loin de savoir ce qui se passait réellement dans la Grande Ile. et la Vice-Primature chargé des affaires étrangères n'a jamais pu changer, même jusqu'à maintenant cet état de choses ».
Actumada ajoute : « Pareillement pour le cas de l'Union africaine à Addis-Abeba. il s'y est rendu dernièrement, afin de mener des missions de lobbying pour faire fléchir les membres qui menacent de sanctionner la Grande Ile. Mais il est presque rentré bredouille, le communiqué de l'UA dans le cadre de son 14ème sommet a même été très critique contre le régime transitoire. Il est vrai qu'il n'est pas non plus très apprécié par les médiateurs du GIC, à l'instar de Jean Ping qui aurait même fait clairement comprendre qu'il ne souhaitait absolument pas avoir comme interlocuteurs et Ny Hasina Andriamanjato et Norbert Lala Ratsirahonana».
Bref, pour le site, le constat est limpide : «Ny Hasina Andriamanjato a échoué dans sa mission. il n'était pas à la hauteur de l'attente qu'on a placée en lui. Sa décision de démissionner ne pourra qu'être unanimement bien saluée par l'opinion, parce qu'il était évident qu'il était parmi les facteurs de blocage pour le régime Rajoelina. Il est par exemple de ceux, qui parmi l'entourage d’Andry Rajoelina, le poussaient à chaque fois à accepter les accords de Maputo. En dépit de tous les problèmes qui en découlaient. Et même quand Andry Rajoelina a enfin décidé d'aller au plus vite vers les élections, le vice-premier ministre chargé des affaires étrangères lui continuait à brandir à chaque fois les sanctions internationales pour faire plier le Président. Et c'est pour cela que les missions de lobbying qu'il a menées à l'extérieur dernièrement n'ont pas donné grand-chose. Comment pouvait-il d'ailleurs en être autrement quand il n'est même pas convaincu de la cause qu'il devait défendre, c'est à dire vendre l'idée des élections? »
Actumada conclut ses critiques en ces termes : « En tout cas, de l'avis de la majorité de l'opinion, Andry Rajoelina a sagement agi en acceptant sa démission. (...) Cela fait un bon bout de temps que les gens, même ceux de la rue, attendaient que le Président prenne ses dispositions par rapport à certains de ses collaborateurs qui, de l'intérieur, n'ont jamais manqué une occasion pour le poignarder dans le dos. Il est grand temps de faire le ménage, de toutes les façons, ce ne sera pas avec son équipe actuelle, notamment au sein du gouvernement, qu’Andry Rajoelina puisse être sûr d'arriver jusqu'aux élections ».
Jusqu’ici Ny Hasina Andriamanjato n’a pas réagi publiquement à ces attaques. Quant aux proches collaborateurs de l’ancien ministre que nous avons pu joindre, ils n’ont pas également voulu commenter ces « propos revanchards d’une presse particulière ». Ils nous ont, par ailleurs, demandé de nous référer au bilan enregistré par ce dernier à la tête de la diplomatie malgache. Ce bilan a été rendu public lors de la dernière cérémonie de présentation des vœux du ministère des Affaires étrangères, à la fin du mois de janvier dernier.
Dans ce bilan, le secrétaire général de la vice-primature chargé des Affaires étrangères, Solofo Razafitrimo, indique que, dans le domaine de la diplomatie, les relations de Madagascar avec l'extérieur ont été essentiellement marquées par des relations bilatérales à 60%, durant l'année 2009. Ainsi, 87 cas de renouvellement d'accords de siège et 28 nouveaux accords pour les ONG, lesquels accords étant suivis de financement, ont été enregistrés l’année dernière. Il est en outre mentionné que certains pays qui, tout en nous refusant la reconnaissance, sollicitent le soutien de Madagascar pour une candidature au niveau de certaines instances internationales.
Au niveau multilatéral, l'Accord de Partenariat Economique intérimaire a pu être signé en septembre 2009 et les résolutions de suspension prises par certaines instances régionales et internationales ne se sont pas traduites par des sanctions grâce à la diplomatie malgache.
Razafitrimo conclut qu'en toute discrétion, la diplomatie malgache a toujours assumé ses obligations malgré les difficultés inhérentes à la non reconnaissance internationale. Il a fallu opter pour une « diplomatie politique » qui n'est que contextuelle. Mais, il précise que le rôle dévolu au ministère des Affaires étrangères n'est pas de régler les conflits politiques mais plutôt de créer ou de favoriser les conditions les meilleures pour des négociations qui permettront une sortie de crise. Une manière d'éviter de parler d’échec à propos des problèmes survenus à Bruxelles et à New York.
GOUVERNEMENT
Ny Hasina Andriamanjato démissionne de son poste de vice-Premier ministre chargé des Affaires étrangères 12/02/2010
(Mada) Le vice-Premier ministre chargé des Affaires étrangères, Ny Hasina Andriamanjato, a remis sa lettre de démission mercredi denier, au président Andry Rajoelina et au Premier ministre Camille Vital qui l'ont acceptée.
Les raisons de cette démission ? Le numéro trois du gouvernement ne serait pas d’accord avec la conduite actuelle de la Transition. Selon ses proches, Andriamanjato épouse la position de la communauté internationale selon laquelle il n’y aura pas de reconnaissance internationale ni de résolution de la crise sans la mise en place d’un gouvernement d’union avant toute élection. Or, il constate que les signaux ne vont pas dans cette voie.
Hier, le chef de la diplomatie sortant a expliqué lui-même à la presse les raisons qui l’ont poussé à quitter le gouvernement. « J’estime, a-t-il dit, qu’il faut appliquer les accords de Maputo et l'acte additionnel d'Addis-Abeba, mais en changeant les hommes car il est clair que, par exemple, Fetison Rakoto Andrianirina ne peut visiblement pas s'entendre avec Andry Rajoelina. J'ai négocié dans ce sens auprès de la communauté internationale qui était sur le point d'accepter le schéma que j'ai proposé ».
D’après Midi Madagasikara de ce jour, ce schéma consiste notamment en l'application de l'article 4 de la Charte de la Transition aux termes duquel, il revient au Premier ministre de proposer les membres du gouvernement. « Il ne faut pas les lui imposer », souligne Andriamanjato. En concédant toutefois que c'est le président qui nomme les ministres. « Chaque mouvance propose par ministère trois noms sur lesquels, le Premier ministre aura à choisir. Si aucun d'entre eux ne lui convient, la mouvance concernée avance trois autres noms ».
Le quotidien indique par ailleurs que Ny Hasina Andriamanjato a essayé « vainement » de convaincre le locataire d'Ambohitsorohitra. « S'il m'avait écouté depuis le début, la question aurait été réglée dès septembre 2009, confie-t-il, car sa reconnaissance en tant que Président de la Transition à Addis-Abeba constituait un pas important vers la reconnaissance internationale ». L'ex-vice premier ministre avoue même avoir conseillé à l'actuel président de la HAT de ne pas emprunter la voie de l'unilatéralisme, sous peine de courir à sa perte. « Le problème, c'est que personne n'ose lui parler de la sorte », regrette celui qui a été « incompris et isolé » lors du dernier conseil des ministres auquel il a participé.
De son côté, l’Express de Madagascar souligne que depuis quelques mois, des signes sont apparus sur l’existence d’une fissure dans les hautes sphères de l’État. L’ancien vice-Premier ministre chargé des Affaires étrangères a commencé à s’effacer après les premiers jours de négociations lors du Sommet d’Addis-Abeba en novembre 2009, comme s’il avait été écarté. Il était le dernier à sortir de la salle de réunion, quand Andry Rajoelina a claqué la porte.
Depuis, il s’est abstenu de tout commentaire sur les affaires nationales et s’est montré discret. Sa dernière mission à l’étranger a été celle, auprès de l’Union africaine dans la capitale éthiopienne il y a deux semaines. Et c’est Norbert Ratsirahonana, conseiller spécial de Rajoelina, qui a été dépêché à Genève pour défendre la cause de Madagascar lors de l’examen périodique universel auprès du Conseil des droits de l’Homme des Nations-unies.
Quoi qu’il en soit, Ny Hasina Andriamanjato estime qu’il agit dans le bon sens. « Je ne lâche pas pour autant Andry Rajoelina, précise-t-il. Au contraire, je démissionne pour l'aider, pour le faire revenir sur la bonne voie, celle de Maputo et d'Addis-Abeba ».
DEVELOPPEMENT
La Banque mondiale se penche sur le déclin économique de Madagascar 11/02/2010
(Mada) La Banque mondiale publie dans son site un dossier sur la situation économique de Madagascar. Ce dossier vise à identifier les causes derrière le déclin économique de la Grande Ile, en cherchant à comprendre pourquoi les gouvernements qui se sont succédés au pouvoir n'ont pas réussi à adopter les politiques économiques requises à la consolidation des ressources humaines et de l'infrastructure du pays et à l'augmentation de sa capacité à adopter et adapter les connaissances technologiques. Après avoir passé en revue plusieurs explications, l'accent est mis sur la qualité insuffisante des institutions et le manque de bonne gouvernance.
L’auteur du dossier, Jacques Morisset, commence son article par l’introduction ci-après:
Le déclin économique à Madagascar s’inscrit dans la durée. Depuis 1980, il n’y a que sept pays en développement qui ont reporté une croissance de leur revenu par habitant moindre que Madagascar. Cette performance traduit des insuffisances criantes en matière de développement humain et en infrastructure ainsi que des retards technologiques, qui sont les moteurs de la croissance. Ces signes, bien connus, sont visibles à travers l'insuffisance et la détérioration des routes, le nombre d’enfants dans les rues et de jeunes à la recherche d’un emploi décent et par l’état des machines ou matériel, à commencer par les voitures (le seul pays au monde où les 2CV constituent la majorité de la flotte automobile). Pourtant, ils sont les conséquences et pas les causes de l’échec économique à Madagascar.
Lire la suite sous le titre « Pour que la terre tourne….aussi à Madagascar : vers un agenda de relance économique » sur « Revue du web » (rubrique en page d’accueil de Mada). .
LUTTE ANTI-CORRUPTION
Les hauts responsables de la Transition ne sont pas enthousiastes à déclarer leurs patrimoines 10/02/2010
(Mada) Le Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO) a récemment publié le bilan de ses activités durant l’année 2009. C’est ainsi que l’on a appris qu’il a reçu l’année dernière 1 116 doléances de corruption ayant nécessité des investigations, dont 37 concernant les marchés publics. Il a également procédé à l’arrestation de 182 personnes.
Par ailleurs, le BIANCO reçoit, selon les textes en vigueur, les déclarations de patrimoine des personnalités assujetties à ladite déclaration. Il s’agit entre autres des dirigeants (premier ministre, membres du gouvernement, chefs de Région...), des élus (parlementaires, maires,...), des magistrats (membres de la Haute Cour constitutionnelle, juges), des hauts fonctionnaires ayant des postes de responsabilité (à l’instar des inspecteurs des domaines, du trésor, des douanes, des impôts et des finances), etc.
Mais, selon le BIANCO, les personnes assujetties aux déclarations de patrimoine sont insensibles à cet acte permettant de combattre la corruption, notamment dans le milieu des hautes personnalités politiques et des hauts fonctionnaires. Ainsi, aucun des quatre chefs du gouvernement qui se sont succédé l’année dernière n’a déposé une déclaration de patrimoine. Qu’il soit nommé durant l’ancien régime de Marc Ravalomanana ( le général Charles Rabemananjara) ou pendant la Transition actuelle (Monja Roindefo, Eugène Regis Mangalaza et le Colonel Camille Albert Vital).
Par ailleurs, aucun membre de la Haute Cour constitutionnelle ne s’est manifesté pour déclarer son patrimoine, contre 13 en 2008 et un seulement en 2006. Quelque 5 ministres seulement sur les 31, ont effectué leurs déclarations de patrimoine pendant l’année 2009, contre 10 en 2008, et 17 en 2007. Au niveau des parlementaires, ils ne sont que 10 à avoir déclaré leurs patrimoines. Sur les 22 Chefs de Région, 3 seulement ont eu le courage de déclarer leurs biens, contre 225 maires. Pour les magistrats, bien qu’ils soient généralement pris pour cible, ils sont 260 à avoir respecté le texte en vigueur, mais d’autres l’ignorent complètement. Chose curieuse, 273 personnes non - assujetties ont effectué leurs déclarations de patrimoine.
Au total, 1507 personnes ont fait des déclarations de patrimoine auprès du BIANCO durant l’année 2009, contre 3 272 en 2008 et 3 680 en 2007. A titre de comparaison, tout au début, c'est – à - dire en 2005, 21 membres du gouvernement, 155 parlementaires, 623 maires, 510 magistrats de l’ordre judiciaire, 508 douaniers et inspecteurs des domaines en ont effectué.
MANIFESTATIONS D'OPPOSANTS
Amnesty International demande une enquête sur les exactions commises par les forces de sécurité 10/02/2010
(Mada) Dans un rapport rendu public , Amnesty international vient de demander au gouvernement malgache d'enquêter « d'urgence » et de « façon impartiale » sur une dizaine d'homicides perpétrés à Madagascar l'an dernier par les forces de sécurité au cours de manifestations de l'pposition.
L'organisation internationale cite en particulier l’épisode le plus meurtrier qui a eu lieu le 7 février 2009 lorsque la garde du président Marc Ravalomanana a tiré à balles réelles sur des manifestants non armés de l'opposition qui se dirigeaient vers le Palais présidentiel d’Ambohitsorohitra, faisant 31 morts et plusieurs dizaines de blessés.
Amnesty International note en outre que les violations n'ont pas diminué lorsque la Haute Autorité de la Transition (HAT), dirigée par Andry Nirina Rajoelina, a pris le pouvoir le 17 mars 2009. Depuis lors, les forces de sécurité de la HAT sont fréquemment intervenues pour disperser des manifestations de l'opposition, et il y a eu des morts et des blessés.
Existant depuis 1961, Amnesty International est une organisation internationale à caractère non gouvernemental qui a obtenu le Prix Nobel de la paix en 1977. Elle se voit reconnaître le caractère d'organisme à voix consultative auprès de l'ONU — auprès, notamment, de son Conseil économique et social —, de l'UNESCO, du Conseil de l'Europe et de l'Organisation des États Américains. Elle jouit également d'un statut d'observateur auprès de l'Union africaine. Amnesty International tire la presque totalité des fonds dont elle dispose des collectes réalisées par ses membres. Elle regroupe plus de 2,2 millions d'adhérents et de donateurs dans plus de 150 pays et régions.
Amnesty International défend les droits de l'Homme, sous l'appellation de droits humains, et le respect de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Cette organisation milite notamment pour la libération des prisonniers d'opinion, l'abolition de la peine de mort et de la torture et l'arrêt des crimes politiques.
Afin de s'assurer de l'exacte observation des règles de droit international par les tribunaux qui ont à juger d'affaires politiques, afin d'enquêter sur les conditions d'internement et les allégations de torture, Amnesty International entreprend chaque année de nombreuses missions : ses envoyés sont présents comme observateurs lors de procès dont l'issue est présumée critique. Ils établissent des rapports sur ces procès et recueillent sur place des informations concernant les personnes emprisonnées pour leurs opinions. De telles missions sont habituellement composées de juristes faisant figure d'experts distingués, de diplomates ayant quitté leurs fonctions ou de spécialistes reconnus.
Lire cette information sous le titre de « Madagascar : il faut mener des enquêtes sur les homicides et déférer à la justice les personnes soupçonnées d'en être les auteurs » sur « Revue du Web » (rubriqe en page d'accueil de Mada).
SPORT REGIONAL
L’avenir de l'Union des Fédérations de Football de l'Océan Indien est-il menacé ? 10/02/2010
(Mada) L’avenir de l'Union des Fédérations de Football de l'Océan Indien (UFFOI) est-il menacé ? La question se pose car la mise en place de celle-ci connaît bien des péripéties.
En fait, le match amical de football entre les Barea de Madagascar et le Club M de Maurice, prévu le 21 février prochain, dans le cadre de la signature de la création de l'UFFOI a été unilatéralement annulé par les responsables mauriciens. Prévue se tenir à Antananarivo au mois de décembre dernier, la rencontre a été reportée pour ce mois de février, et pour la troisième fois aux calendes grecques.
Les footballeurs mauriciens ne pourront pas venir à Madagascar en raison d’un manque de financement. C’est que le gouvernement de Port-Louis a refusé de prendre en charge leurs frais de déplacement Politisant sa démarche, celui-ci aurait ordonné à la fédération mauricienne de ne pas effectuer ce déplacement en raison de la « non reconnaissance par les instances internationales du gouvernement malgache en place ». Pour la même raison, le ministre de la Jeunesse et des Sports de l'île Maurice a également annulé son prochain déplacement à Antananarivo. Il avait eu l'intention de se rendre dans la capitale malgache, à la tête de la délégation des footballeurs mauriciens, pour y apposer sa signature sur le document de naissance de l'UFFOI.
Répondant aux questions du Courrier de Madagascar, Ahmad, le président de la Fédération malgache du football déclare : «Il y a une semaine, les Mauriciens ont confirmé leur venue, c'est pour cela qu'on a pris soin d'envoyer la convocation aux joueurs. (...) Si c'est le ministre mauricien des Sports qui ne vient pas, c'est un peu compréhensible. Il en est de même si ce dernier refuse de financer le déplacement de son équipe nationale et laisse la fédération mauricienne en trouver. Mais quand c'est la sélection nationale et la fédération qui entrent également dans la danse macabre de la politique, c'est inadmissible !» .
Sur la question de l'UFFOI, Ahmad préfère attendre l'avis des autres associations à savoir celles de l'île de la Réunion, Mayotte, Comores et Seychelles, avant d'en parler. A ce sujet, il souligne : « L'idée d'un projet mort né ne m'effleure même pas. L’UFFOI est un bon projet à mettre sur pied, c'est dommage que la politique s'en mêle ».
GREVE DES MEDECINS FONCTIONNAIRES
La riposte des malades traités dans les hôpitaux s’organise 09/02/2010
(Mada) La grève des médecins fonctionnaires et des paramédicaux, en service dans les hôpitaux d’Antananarivo, qui s’étend à d’autres localités et perdure, devient de plus en plus impopulaire.
A ce sujet nous publions volontiers les déclarations d’un malade d’un hôpital tananarivien car elles résument le ras-le-bol général. «C’est scandaleux, nous a dit ce malade. Les médecins fonctionnaires se plaignent de leur sort et demandent une augmentation immédiate de leur salaire. Alors que la situation économique et financière du pays ne permet pas une telle augmentation. Par ailleurs, les médecins fonctionnaires ne sont pas à plaindre. Ils ont un niveau de vie supérieur à la moyenne. Ils arrondissent leur fin du mois en recevant les malades en consultation à leur domicile. Enfin, certains d’entre eux font payer leur prestation aux malades qu’ils suivent dans les hôpitaux publics. Ces établissements sont pourtant sensés fournir des prestations gratuites aux patients».
Actuellement, on note un début de protestation des malades pénalisés dans les hôpitaux de la capitale. Ainsi, hier matin, vers 9h 30, heure prévue pour le début du sit-in des médecins et des paramédicaux dans la cour de l’Hôpital Joseph Ravohangy Andrianavalona (HJRA) à Ampefiloha, un groupe de personnes les attendait déjà devant le bâtiment principal.
« Brandissant des banderoles, ces personnes sont venues pour manifester leur frustration voire leur mécontentement quant aux effets néfastes de cette grève », a souligné Rémi Rasolonjatovo, vice-président de l’association des droits humains « Sakaizan’ny lalàna sy ny fahafahana », traduit globalement par « Amie de la loi et de la liberté ».
Aux reporters de l’Express de Madagascar, venus sur les lieux, celui-ci a indiqué qu’il s’est vu obliger d’intervenir au HJRA après avoir été informé d’actes de violence commis contre des malades et leurs familles. Ces derniers ont tenté de manifester leur mécontentement contre « cette grève quasi perpétuelle des personnels médical et paramédical ».
D’après lui, des familles des patients en sont arrivées à cette action après avoir subi toutes sortes d’injustice. « Une mère de famille n’a pas hésité à brandir une banderole pour dénoncer la mort de son enfant la semaine dernière, parce qu’il a été refoulé par son médecin traitant pour cause de grève », déplore Rémi Rasolonjatovo.
Toujours selon lui, ces manifestations de revendication des médecins et des paramédicaux des hôpitaux sont mal placées dans la situation actuelle.
Devant la tournure que commencent à prendre les événements, les grévistes du HJRA ont commencé à infléchir leur position. Ainsi, ils se sont mis d’accord hier qu’en attendant la concrétisation des promesses du gouvernement, seule une suspension de travail les mardis et vendredis sera maintenue.
En fait, les meneurs de grève tiennent à informer le public que les autorités ont accepté de faire quelques concessions sur certains points de leurs revendications. « La rencontre entre le Premier ministre Camille Vital et le vice-Premier ministre chargé de la Santé Alain Tehindrazanarivelo a débouché sur la possibilité d’étudier la révision de notre grille indiciaire », a indiqué hier à la presse l’un des meneurs de la grève. En ce qui concerne les diverses indemnités réclamées, Marcellin, président du syndicat des paramédicaux, a jouté : «Le ministre Tehindrazanarivelo a reconnu leur légitimité. Il affirme qu’il a déjà soutenu un texte sur le sujet auprès des autorités compétentes ».
CARNAGE DU 7 FEVRIER 2009
Monja Roindefo : « J’ai été le seul à avoir accepté le danger » 08/02/2010
(Mada) A l’occasion de la commémoration du 7 février, Monja Roindefo, ancien premier ministre de la Transition, revient ce matin dans les colonnes de l’Express de Madagascar sur les événements survenus il y a un an à Antananarivo. Et aussi sur les circonstances qui l’ont amené à devenir le premier chef du gouvernement d’Andry Rajoelina, en plein mouvement insurrrectionnel.
A propos de sa nomination, Monja Roindefo déclare notamment à notre confrère : « Le vendredi 6 février 2009, à 17 heures, je suis intervenu sur les ondes de la radio Viva pour galvaniser les gens, pour les appeler à venir nombreux sur la Place du Treize Mai. À ce moment, il n’y avait encore aucun deal sur un quelconque engagement de ma part … La décision de me désigner Premier ministre n’a été prise qu’après. C’est seulement après mon intervention sur Viva que j’ai été consulté. J’ai confirmé ma disponibilité le samedi matin. Beaucoup d’autres personnes avaient été pressenties pour être Premier ministre, j’ai été le seul à être prêt à faire face au danger : je savais qu’au mieux, ce serait la prison, au pire la mort. Renverser une dictature n’est pas tâche facile ».
Concernant les événements d’Ambohitsorohitra, Monja Roindefo raconte : « Quand j’ai été désigné Premier ministre, le palais d’Ambohitsorohitra a été offert le samedi 7 février pour abriter mes bureaux, et le peuple voulait qu’on le prenne tout de suite. Sur la place du Treize Mai, nous avons d’abord demandé aux manifestants s’il fallait y aller ou pas. C’était le peuple qui voulait y aller. Je me rappelle encore la détermination des gens à accompagner le Premier ministre à ses bureaux ».
Notre confrère souligne que les gens cherchent toujours de l’action, mais l’expérience du 10 août 1991 nous a montré que prendre un palais présidentiel finirait dans un bain de sang. Il demande alors à Monja Roindefo si, dans ces conditions, la prise du palais ne relève-t-elle pas de la responsabilité des dirigeants des manifestations ? A cette question, celui-ci répond : « Après 1991, nous avons connu des périodes où la prise des bâtiments publics s’est faite dans le calme, après des négociations avec les forces de l’ordre. À Ambohitsorohitra, il n’y avait aucune sommation. Les émissaires que j’ai envoyés discuter n’étaient même pas encore revenus que les tirs à balles réelles avaient commencé ».
PRESSE
Reporters sans frontières honore la mémoire d’un journaliste malgache, un an après sa mort 08/02/2010
(Mada) « Date désormais douloureuse dans la mémoire collective malgache, le 7 février l’est également pour la presse de ce pays, injustement frappée par la perte de l’un des siens. Nous adressons nos pensées les plus chaleureuses à la famille d’Ando Ratovonirina ainsi qu’à ses collègues. Un an après ce drame et alors que Madagascar est encore instable politiquement, les autorités doivent tout faire que les journalistes qui s’efforcent d’informer leurs concitoyens de façon indépendante puissent le faire à l’abri des violences, pressions et menaces ».
C’est ainsi que Reporters sans frontières (RSF) a rendu hommage hier au journaliste malgache Ando Ratovonirina. Celui-ci a été tué d’une balle par la garde présidentielle de l’ancien président Marc Ravalomanana le 7 février 2009, alors qu’il couvrait pour la Radio et télévision Analamanga (RTA) la tentative d’occupation du palais d’Etat d’Ambohitsorihitra par des milliers et des milliers de manifestants se réclamant d’Andry Rajoelina.
Lire cette information sur « Revue du Web » (rubrique en page d’accueil de Mada).
FACE À LA MENACE DE LA SADC
Camille Vital : « L’armée malgache est prête à défendre la patrie contre une invasion militaire» 06/02/2010
(Mada) Le Premier ministre Camille Vital a effectué dernièrement le tour des camps militaires de la capitale. A cette occasion, il a été accompagné par le général Noël Rakotonandrasana (ministre de la Défense nationale), Organès Rakotomihantarizaka, (ministre de la Sécurité intérieure), le général Claude Ravelomanana (secrétaire d’Etat à la Gendarmerie), le général André Ndriarijaona (chef d’Etat-major général de l’armée malgache) et le général Bruno Razafindrakoto (Commandant de la Gendarmerie).
Ainsi, le chef du gouvernement s’est notamment rendu au RAS et au Génie militaire d’Ampahibe, puis au R3A de Betongolo, aux casernes de la gendarmerie de Betongolo et de Fort Duchesne, au FIP d’Antanimora, au CAPSAT de Soanierana, et enfin, au RTS de Fiadanana. Une presse (bien ou mal intentionnée ?) a signalé que d'autres camps militaires ont été oubliés. Il s’agit de la BANI et du 1er RFI qui sont installés à Ivato, une agglomération située dans la banlieue de la capitale. d’Antananarivo où se trouvent, par ailleurs, le plus important aéroport international du pays et la principale base aérienne de l’Armée malgache.
D’aucuns disent que ces visites visent à ce que le déplacement du locataire du Palais de Mahazoarivo à la caserne de Fort Duchesne ne soit pas interprété comme une tentative gouvernementale de régler l’affaire opposant le commandement de la Gendarmerie à des éléments de la FIGN qui s’y trouvent. C’est que, ces derniers ont manifesté leur mauvaise humeur depuis un certain temps. A tort ou à raison, ils estiment que leur chef hiérarchique a reçu de l’ancien président Marc Ravalomanana un important subside. Ils exigent donc à avoir, eux aussi, leur ... part du gâteau. A cette occasion, ils ont lancé un ultimatum afin d’obtenir gain de cause dans leur singulière revendication.
Il faut dire que la visite du premier ministre à la caserne de Fort Duchesne s’est déroulée 24 heures avant l’expiration de l’ultimatum des éléments de la FIGN. Cette coïncidence a sans doute incité celui-ci à lancer, là où il est passé, un appel aux éléments en uniforme à ne pas être influencés par des politiciens. Il a également mis en garde contre l'indiscipline. «Chaque corps aura dorénavant la responsabilité de corriger l’erreur d e ses éléments. Les indisciplinés seront sévèrement sanctionnés», a averti le colonel Camille Vital.
C’est ainsi que, au Régiment d’appui et de soutien (RAS), le premier ministre a vivement critiqué les éléments de ce camp militaire qui ont fomenté un acte de déstabilisation le 28 décembre 2009. Ces derniers ont publiquement lancé un ultimatum de 48 heures au gouvernement d’Andry Rajoelina pour qu’il reprenne les négociations avec les mouvances politiques de l’opposition et remette sur les rails le processus de sortie de crise signé par les protagonistes de la crise malgache à Maputo et à Addis-Abeba. Au nombre de six, les militaires impliqués dans cette affaire qui avaient à leur tête l’adjudant - chef Daniel Ratsimihafindramanana, ont été arrêtés.
Face aux diverses tendances politiques qui essayent de diviser l’armée, le premier ministre a tenu à souligner que chaque corps ne devrait pas ouvrir une brèche sur l’unité de l’armée. « À l’école militaire, nous avons été formés à rester en famille. Le moment est venu pour le montrer ».
Mais, d’après un bon nombre d’observateurs, le chef du gouvernement prend au sérieux la menace d’intervention militaire de la SADC. Ainsi, il a tenu à faire le tour des camps militaires afin de mobiliser les Forces armées. Et en outre, mettre les hommes en uniforme au même diapason.
Dernièrement, le président zimbabwéen Robert Mugabe a préconisé à ses pairs de la SADC, l’envoi dans la Grande Ile d’une expédition militaire afin d’y rétablir l’ordre constitutionnel. En clair, cela signifie remettre à sa place l’ancien président Marc Ravalomanana. C’est pendant la présidence de ce dernier que Madagascar est devenu membre de l’organisation régionale SADC. Mais, celle-ci a suspendu l’adhésion de la Grande Ile depuis l’arrivée au pouvoir d’Andry Rajoelina.
Dans les camps visités, le Premier ministre s’est adressé aux militaires malgaches, gradés ou simples soldats, en ces termes : « L’armée malgache est le dernier rempart et sa mission consiste à protéger le pays ainsi que sa population. Elle n’a pas peur d’affronter d’éventuelles attaques venant de l’étranger. Si d’aventure, la SADC envisage une invasion militaire contre la Nation malgache, elle est prête à défendre la patrie. Le terrain nous est favorable. Et nous avons reçu des formations équivalentes à celles acquises par les éléments de la SADC ». Et d’ajouter : « Je ne crois pas que, malgré la divergence d’opinions, une partie des Malgaches iraient basculer vers l’autre camp pour attaquer leurs concitoyens ».
RENTREE JUDICIAIRE
Le discours inaugural souligne que la justice et la politique ne font pas bon ménage 05/02/2010
(Mada) « Justice et politique ». Tel était le thème du discours solennel qui a été prononcé à la cérémonie de la rentrée judiciaire qui s’est déroulée hier au Palais de justice d’Anosy, en présence du Premier ministre Camille Vital et la ministre de la Justice, garde des Sceaux Christine Razanamasoa.
Le magistrat qui a eu l’honneur de prononcer ce discours solennel était Bakolalao Ramanandraibe, présidente de Chambre à la Cour suprême. Il y a encore un an, celle-ci était ministre de la Justice du régime Ravalomanana. Auparavant, elle était directrice de l’École nationale de la magistrature et des greffes.
Les propos de Bakolalao Ramanandraibe étaient très attendus. D’autant que l’oratrice compte à son actif vingt ans d’expérience au poste de juge à la Cour d’appel et quelques années qu’elle a passées de l’autre côté du prétoire en tant que ministre de la Justice.
Ramanandraibe a lancé un appel à l’endroit des magistrats pour le respect de l’éthique. «Ce que l’on demande au juge est trop difficile, parfois surhumain, a- t-elle dit. Mais entrer dans la magistrature est pour nous tous un choix qu’il nous faut dès lors assumer ». Dans un système où l’autorité judiciaire est étroitement liée au politique, elle a affirmé que celle-ci peut difficilement s’exercer en toute indépendance, Dans ce contexte, Ramanandraibe qui est également présidente du Comité de sauvegarde de l’intégrité, a rappelé que « l’éthique personnelle est fondamentale » car, pour elle, « l’indépendance est une question d’éthique ».
Dans son intervention, la magistrate a dressé un tableau plutôt sombre du degré d’autonomie du champ judiciaire par rapport au politique. À l’entendre, le système malgache est tel qu’il est difficile pour les juges de se mettre à l’abri des pressions, menaces ou sollicitations qui pourraient altérer leur impartialité. Elle a ainsi mis en évidence non seulement la subordination hiérarchique du Parquet au pouvoir exécutif, mais aussi la qualité de fonctionnaires, donc d’agents de l’État, des juges.
Devant cette situation, Ramanandraibe compte sur « l’héroïsme individuel » de ses collègues. Mais, elle a surtout mis l’accent sur la nécessité de « trouver un statut de la magistrature qui soit le plus producteur d’indépendance »..A ce sujet, L’Express de Madagascar de ce matin souligne qu’il s’agit là d’un « énième rappel des éternelles revendications des magistrats, avec la seule différence que c’est une ancienne ministre qui le soulève ».
Par ailleurs, l’oratrice a indiqué que les pressions politiques ne sont pourtant pas les seules auxquelles les magistrats doivent se défaire. « Il faut aussi que les magistrats soient indépendants vis-à-vis du pouvoir économique. Et que les juges résistent à la pression du public et se mettent au-dessus de l’opinion publique pour éviter de tomber dans le populisme », a-t-elle insisté . Et de rappeler : «Un juge corrompu ne peut pas être indépendant ».
OPPOSITION
Qu’est-ce qui fait courir Fetison Rakoto Andrianirina ? 04/02/2010
(Mada) «Loabary an-dasy». Telle est l’appellation de la réunion ouverte à toutes les forces vives du pays que Fetison Rakoto Andrianirina, entend organiser aujourd’hui et demain au Carlton d’Antananarivo. Comme on le sait, ce dernier a été désigné à l’issue des accords consensuels de Maputo et d’Addis-Abeba conclus entre les protagonistes de la crise malgache, comme co-président du conseil de la transition, une institution qui n’existe plus aujourd’hui car elle a été annulée de facto par l’ordonnance prise par le président Andry Rajoelina lorsque celui-ci a décidé de ne plus reconnaître lesdits accords. Il est par ailleurs chef de délégation de la mouvance politique dirigée par l’ancien président Marc Ravalomanana.
Mais, Rakoto Andrianirina organise sa réunion à forte connotation politique à titre personnel, sans l’aval de ... sa mouvance politique. Sa démarche, qui est somme toute singulière, étonne également les observateurs. C’est que, recherché par les forces de l’ordre à la suite d’un mandat d’arrêt lancé à son endroit, Rakoto Andrianirina n’assistera sans doute pas à la réunion qu’il organise. Même s’il clame le contraire. A ce propos, Midi Madagasikara écrit ce matin dans ses colonnes que « ce n'est qu'une promesse, car le moment ne serait pas opportun pour ce chef de délégation de la mouvance Ravalomanana qui conduira d'ici peu sa délégation aux prochaines rencontres avec le GIC, de s'exposer aux risques d'arrestation ». Et le journal de rappeler que jeudi dernier, Rakoto Andrianirina, qui a convoqué une conférence de presse au Carlton, n'a pas pu respecter in extremis son rendez-vous avec les journalistes pour des raisons de sécurité. Des éléments chargés de l'arrêter rôdaient aux alentours du Carlton, ce jeudi à partir de 16h, alors que la conférence de presse a été prévue à 16h30.
Par ailleurs, la réunion du Carlton est boycottée par certains parlementaires pro-Ravalomanana. Ces derniers préfèrent suivre les conseils de leur leader. Comme l’un des dirigeants de l’opposition Mamy Rakotoarivelo l’a rapporté, hier, Marc Ravalomanana estime, pour le moment, inopportune toute manifestation à l’instar du débat «inclusif», au Carlton, les 4 et 5 février, à l’initiative de Rakoto Andrianirina Pour l’ancien chef d’Etat, la résolution de la conférence de l’Union africaine à Addis-Abeba, mardi, constitue une nouvelle donne dans le processus de résolution de la crise à Madagascar. Considérée comme une pression des chefs d’État et de gouvernement africains sur la Haute autorité de la transition (HAT), afin qu’elle donne place à l’application des accords de Maputo et d’Addis-Abeba, cette résolution fait l’affaire des opposants au régime actuel.
Cet état de chose est en outre à l’origine du revirement de la position de Tiako i Madagasikara (TIM), parti de Marc Ravalomanana, vis à vis de la réunion du Carlton. Invité au « loabary an-dasy », Raharinaivo Andrianatoandro, porte-parole de l’ancien parti gouvernemental, avait dans un premier temps manifesté son désir de participer à la réunion. Mais, il a rectifié par la suite sa position. Selon lui, l’ancien président Marc Ravalomanana, considère que le rendez-vous au Carlton risque d’entraver le déroulement de l’action diplomatique qu’il mène auprès d’autres chefs d’État et des médiateurs étrangers. «La lutte se déplace surtout sur le plan diplomatique. Il faut donc se plier devant l’instruction du chef au nom de la discipline de parti », a-t-il soutenu, hier soir. C’est ainsi que, le parti TIM ne sera pas représenté ce jour au Carlton.
Selon l’Express de Madagascar d’aujourd’hui, Raharinaivo Andrianatoandro n’a pas exclu une éventuelle sanction contre Fetison Rakoto Andrianirina, s’il insiste sur le maintien de cette rencontre.
Dans ce contexte, l’on se demande pourquoi Rakoto Andrianirina, lâché par ses pairs, persiste-t-il toujours à organiser sa « loabary an-dasy »? Celui-ci en donne une explication en déclarant à la presse : « La convocation de ce « loabary an-dasy» relève de mon initiative personnelle. Puisqu'il s'agit de mon initiative personnelle, je ne peux pas engager la responsabilité de la mouvance Ravalomanana. Comme je ne peux pas contraindre qui que ce soit à répondre à mon invitation. La mouvance Ravalomanana sera parmi les invités durant la rencontre. Quant à ces parlementaires, leur boycott n'engage qu'eux. Comme les autres invités, ils peuvent venir ou ne pas venir au Carlton». Dans la foulée, Rakoto Andrianirina ne considère pas comme remis en cause son titre de chef de délégation de la mouvance Ravalomanana. « Si en convoquant ce « loabary an-dasy », je me suis prononcé au nom de la mouvance Ravalomanana, alors que les autres ne m'ont pas suivi, là, il y a revers. », explique-t-il. Avant de conclure: « la mouvance Ravalomanana n'est pas divisée. Il n'y a pas de conflit entre les parlementaires pro-Ravalomanana et moi Fetison ».
Parlant de son défi de consulter malgré tout les forces vives de la Nation pour trouver la consensualité et l'inclusivité autour des quatre mouvances politiques qui sont les protagonistes de la crise malgache, Rakoto Andrianirina déclare : « Les quatre mouvances restent le cadre de recherche des solutions consensuelles, mais n'empêche que j’ invite les autres entités des forces vives non incluses dans ces mouvances à donner leurs propositions »
Rakoto Andrianirina a indiqué hier que près de 500 personnes sur 650 invitées ont déjà répondu par l’affirmative à son invitation.
ENTRETIEN
Andry Rajoelina: "Les Malgaches veulent des élections libres" 03/02/2010
(Mada) L’Express a obtenu une grande interview exclusive d’Andry Rajoelina, au cours de son actuel passage à Paris. Le magazine hebdomadaire français publie cet entretien dès hier dans son site web. Il y introduit l’interview par les propos ci-après :
"Président de la Haute autorité de la transition (HAT), Andry Rajoelina, 35 ans, reçoit dans la suite d'un palace parisien. Un peu moins d'un an après le coup de force qui l'a porté au pouvoir aux dépens de Marc Ravalomanana, celui que l'on surnomme « TGV » fait halte sur les bords de Seine. Notamment pour plaider en faveur d'un compromis censé, à l'en croire, sortir la Grande Ile de l'ornière.
"Fruit de l'accord conclu à Maputo (Mozambique) en août 2009 par les quatre mouvances malgaches -celles de Rajoelina et des ex-présidents Ratsiraka, Zafy et Ravalomanana-, le « gouvernement d'union nationale » n'aura jamais été qu'une fiction. D'autant qu'en décembre dernier, Andry-TGV a dénoncé la charte négociée sous l'égide de l'ex-chef d'Etat mozambicain Joaquin Chissano.
"Ses amis soutiennent que l'ancien disc-jockey aux allures de gendre idéal a changé, mûri, pris de l'assurance. Est-ce si sûr? Quand une question le désarçonne, il se plonge dans un argumentaire dactylographié, quitte à en livrer un passage tel quel. Entretien exclusif avec un trentenaire en quarantaine.
Lire l’intégralité de l’interview d'Andry Rajoelina dans L’Express sur « Revue du Web » (rubrique en page d’accueil de Mada).
ENTRETIEN
Raharinaivo Andrianantoandro : « La présidence de l’Union africaine n’a pas d’incidence sur la crise 03/02/2010
(Mada) En tant que porte-parole du parti Tiako i Madagasikara de l’ancien Président Marc Ravalomanana, Raharinaivo Andrianantoandro a accordé un entretien à l’Express de Madagascar. Dans les colonnes d’aujourd’hui de notre confrère celui-ci insiste sur l’importance de sortir le pays de la crise et annonce son soutien à toutes initiatives qu’il estime sincères et visant à faire revenir Madagascar à l’ordre constitutionnel.
Le TIM est-il satisfait de l’élection du président du Malawi à la tête de l’Union africaine ? A cette question, Raharinaivo Andrianatoandro répond : « Ce ne sont que des fantasmes. La présidence de l’Union africaine n’a aucune incidence sur la situation à Madagascar. Dire que Kadhafi avait un penchant pour Andry Rajoelina est faux. Le président libyen voulait rester président de l’Union africaine et pour y arriver, il n’a pas hésité à se rapprocher de tous ceux qui étaient susceptibles de le soutenir. C’est pourquoi il a approché Dadis Camara et Andry Rajoelina. Croire qu’avec le président du Malawi à sa tête, l’Union africaine serait plus du côté de notre mouvance relève aussi du fantasme. Toute la Communauté internationale, de la SADC à l’Union européenne, en passant par les États-Unis, la France, l’Union africaine, l’OIF, est tout simplement contre l’alternance non-démocratique au pouvoir».
Lire l’intégralité de l’interview de Raharinaivo Andrianantoandro dans l’Express de Madagascar sur «Revue du Web » (rubrique en page d’accueil de Mada).
DIPLOMATIE
Des hauts responsables africains commentent la crise malgache 02/02/2010
(Mada) Au cours d’un entretien avec l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique, Jean Ping a considéré Madagascar parmi les pays qui l’inquiètent le plus en matière de droits de l’homme et de démocratie car l’ordre constitutionnel y a été modifié. Le président de la Commission de l’Union africaine a en outre estimé que le cas malgache est très particulier car il y a eu un soulèvement d’une partie de la population. Ensuite, une grande partie de l’armée a sympathisé avec ceux qui se sont soulevés et ont pris le pouvoir.
Jean Ping a par ailleurs reconnu que c’est évident qu’il y a trop de médiateurs dans l’affaire malgache. « C’est même un des problèmes majeurs » a-t-il précisé.
Comment sortir de la crise malgache ? «Aujourd’hui, a déclaré le responsable africain, la seule manière de s’en sortir est de redonner aux Malgaches la possibilité de choisir leurs dirigeants à travers une élection transparente. Le premier accord, signé à Maputo sous l’égide du président Chissano, était très compliqué à mettre en œuvre. À Addis-Abeba, les protagonistes malgaches ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur la composition d’un gouvernement, à seulement trois ou quatre postes près… Enfin, lors de la troisième rencontre, à Maputo, Andry Rajoelina a décidé de ne plus participer au processus. Il est donc revenu sur ses engagements. Il faut remettre tout le monde sur les rails pour aboutir à une seule chose : redonner la parole au peuple malgache ».
Pour sa part, Alexis Thambwe Mwamba, ministre des Affaires étrangères de la République du Congo qui assure actuellement la présidence de l’organisation régionale SADC, a déclaré lors d’une interview accordée à RFI : «La meilleure formule, c’est que les quatre mouvances politiques malgaches se mettent d’accord pour la mise en place des institutions pour une Transition très courte et qu’ils aillent aux élections. Ce que nous souhaitons nous, à la SADC, c’est qu’il y ait un accord. Et que certains pays et certains groupes d’intérêt comprennent qu’il ne faut pas faciliter, à Madagascar, une formule unilatérale».
Par ailleurs, Alexis Thambwe Mwamba a souligné qu’il a discuté longuement avec Jean Ping sur la question de Madagascar. «Les assurances qu’il m’avait données démontraient clairement qu’il n’était pas en-dehors du schéma qui était le nôtre», a-t-il indiqué.
C’est dire que les responsables de l’Union africaine et de la SADC roulent pour l’organisation rapide d’élections à Madagascar. A l’instar du Président Andry Rajoelina. A ce sujet, celui-ci a réitéré au cours d’un entretien accordé à la chaîne de télévision française LCI que les élections constituent la meilleure sortie de crise. Quand auront-elles lieu ? « La date sera fixée à l'atelier national qui se tiendra cette semaine »a-t-il rétorqué. Une allusion à la réunion convoquée par la Médiature de la République qui aura lieu ce jour, au Centre de Conférences International d'Ivato.
Mais, Alexis Thambwe Mwamba a précisé : « Aucun pays de la SADC ne reconnaîtra des élections organisées de manière unilatérale. Si c’est le cas, nous allons passer à ce moment-là à une deuxième phase qui est celle de voir un certain nombre de sanctions à appliquer à Madagascar».
Il faut dire que Binga Wa Mutharika, Président du Malawi, pays membre de la SADC, a accédé dimanche à la tête de l’Union africaine lors de son 14e Sommet à Addis-Abeba. Cette situation aura- t - elle des impacts sur la position de l’Union africaine concernant la résolution de la crise malgache ? Comme on le sait, la SADC est favorable au retour de l’ancien Président Marc Ravalomanana au pouvoir. Déjà, le ministre des Affaires étrangères de l’Afrique du Sud et non moins membre influent de la SADC, a vivement critiqué l’Union africaine ce week-end. En clair, le patron de la diplomatie du pays d’exil de l’ancien locataire d’Iavoloha, a accusé l’organisation continentale d’être complaisante vis -à - vis de la Grande île, tout en fustigeant également la France. A rappeler en outre qu’au cours du dernier sommet régional de la SADC, l’un de ses membres, en la personne du Président zimbabwéen, Robert Mugabe, a proposé l’intervention militaire à Madagascar pour en finir avec la crise. Mais sa proposition n’a pas été adoptée.
Avec cette désignation du chef d’Etat malawite à la place du Colonel Kadhafi, s’acheminera- t - on alors vers un durcissement de la position de l’Union africaine à l’encontre de Madagascar? Certains observateurs le croient. Ils estiment qu’Andry Rajoelina devrait s’attendre à des sanctions en cas de tergiversation car, en cas de prise de pouvoir par la force, les règles au niveau de l’Union africaine sont claires et s’appliquent automatiquement. Précisons que des mesures contre le changement anticonstitutionnel existent effectivement au niveau de l’Union africaine. A ce propos Jean Ping a déclaré lors de son dernier passage à Antananarivo : « Il est clair que ceux qui seraient tentés de prendre le pouvoir par des moyens illégaux réfléchiraient deux fois avant d’agir si elles savaient que l’Union africaine devrait réagir fermement contre tout changement anticonstitutionnel ».
Avec le départ de Kadhafi de la présidence de l’Union africaine, Andry Rajoelina a perdu un allié de poids au sein de cette organisation panafricaine. Lors de son entretien à LCI, le président de la HAT a avoué que, au cours de son déplacement actuel à l’étranger, il ne s'est pas finalement rendu à Tripoli car « le Guide est très occupé ». N’empêche qu’il reste attentif aux conseils prodigués par le leader libyen. C’est que, celui-ci ... guide également son jeune cadet malgache. Ce dernier avoue du reste recevoir des conseils de Kadhafi. « Il m'a conseillé de ne pas cohabiter avec les présidents déchus », a-t-il notamment rapporté.
C’est sans doute la raison pour laquelle Andry Rajoelina a tenu à donner des précisions sur la Charte de la Transition. En effet, « l'homme fort de Madagascar » comme le qualifie LCI a déclaré contre toute attente qu' « on ne rejette pas totalement les accords de Maputo ». Il a également indiqué que « nous ne refusons pas de mettre en place un gouvernement d’union nationale, mais ce sera à l'issue des élections ». Et de réitérer que le Premier ministre issu de la majorité formera le gouvernement d'union nationale en fonction du nombre de sièges obtenus par les partis ou les groupements de partis. Une manière de dire et il l'a dit que « pour le moment, il est impossible de mettre en place un gouvernement d'union nationale ».
SORTIE DE CRISE
Entre la création d’un Haut conseil de la transition et la mise en place de la coprésidence ainsi que d’un gouvernement d’union nationale, le cœur d’Andry Rajoelina balance 01/02/2010
(Mada) Le Président Andry Rajoelina était la semaine dernière à Paris pour une « visite privée » au cours de laquelle il « a eu des interlocuteurs », a indiqué vendredi le ministère français des Affaires étrangères, sans démentir qu'il y avait rencontré un ministre et le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant. Ce déplacement s’apparente à une « visite de travail » mais il ne peut évidemment être ainsi qualifié car le régime malgache actuel, issu d’un coup de force, n’est pas encore reconnu par la communauté internationale dont la France fait évidemment partie. D’ où cette précision du porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero, au cours d'un point de presse : « Pour nous, c'est une visite privée pendant laquelle il a rencontré certains interlocuteurs ». Il lui était demandé de confirmer que le responsable malgache avait rencontré mercredi le secrétaire d'Etat français à la Coopération, Alain Joyandet, ainsi que Claude Guéant, bras droit du président français Nicolas Sarkozy.
« La France est membre du Groupe international de contact (GIC) sur Madagascar et à ce titre elle s'est attachée depuis le début de la crise malgache à dialoguer avec toutes les parties malgaches afin d'aider à promouvoir l'émergence d'une sortie de crise consensuelle », a ajouté le porte-parole. Ce voyage est intervenu alors qu'une initiative d’Andry Rajoelina, fin décembre, de sortir du cadre consensuel des accords de Maputo pour organiser unilatéralement des élections législatives, est critiquée par une grande partie de la communauté internationale. Mardi, en confirmant son initiative avant son départ pour Paris, Andry Rajoelina a précisé que le scrutin prévu le 20 mars est reporté sine die.
Selon la Lettre de l’Océan Indien (LOI) du 30 janvier , « les deux dirigeants français ont invité l’homme fort de la HAT à relancer le processus de concertation avec les autres composantes malgaches et à éviter de s’enfermer dans un processus de fuite en avant ponctué de décisions unilatérales car ils estiment que les dernières propositions des médiateurs marquent un infléchissement en sa faveur, mais qu’il ne doit pas trop tirer sur la corde. Paris a donc suggéré à Rajoelina deux décisions : qu’il accepte l’installation de deux co-présidents chargés de le conseiller et qu’il mette sur pied un gouvernement d’union nationale. C’est le prix à payer s’il veut éviter que la communauté internationale, y compris la France, ne lance une procédure de sanctions à l’égard de Madagascar».
Mais, le président de la HAT n’avait pas fait ce déplacement sans avoir prévu une proposition à la sortie de crise à Madagascar. A ce propos, la LOI rapporte que, selon ses proches, Andry Rajoelina aurait proposé de mettre en place un Haut conseil de la transition. Une institution constituée par des politiciens issus des différentes entités politiques à Madagascar. Après son passage en France et également en Libye alors que Mamoumar Kadhafi était encore président de l’Union africaine pour quelques heures, Andry Rajoelina est attendu ce jour à Antananarivo, sauf changement de dernière heure. On en saura donc un peu plus aujourd’hui sur le séjour à l’étranger du président de la Haute autorité de la transition (HAT). Ainsi que sur les intentions de celui-ci après ses contacts à Paris et à Tripoli.
POLITIQUE
Naissance du MDM de Pierrot Rajaonarivelo 30/01/2010
(Mada) Pierrot Rajaonarivelo, ancien vice-président du gouvernement de Didier Ratsiraka et ex-responsable du parti AREMA fondé par l’ancien chef d’Etat, possède maintenant une plateforme politique. Il s’agit du Mouvement pour la Démocratie à Madagascar (MDM). Celui-ci vient d’être mis en place à l’issue d’une convention nationale qui a été organisée à Antananarivo les 28 et 29 janvier.
Le MDM réunit quelque 104 partis et associations. Entre autres, le RAM de José Vianey, le Mavana de Louisette Raharimalala, le PRM de Roger Ralison, le DHD de Harinaivo Rasamoelina, le Fanasin'ny Madagasikara.
A l’issue des deux jours de réunion, les membres du bureau national du MDM ont été nommés. Ainsi, Pierrot Rajaonarivelo a été élu président national et Rolland Razafindramanitra, coordonnateur national. Par ailleurs, la structure de la plateforme prévoit six vice-présidents issus des six ex-provinces. Il s’agit de Martial Rakotomalala pour Antananarivo, Chrysante Bemilamina pour Antsiranana, Guillaume Gema pour Fianarantsoa, Landry Mickaël Ramarojohn pour Mahajanga, Jean Rémi Randriamanjaka pour Toamasina et Pauléon Razafimahatratra pour Toliara.
Comme son nom l'indique, le MDM prône le « respect de l'Etat de droit et des normes de la démocratie, véritable reflet d'un Etat de droit ». Dans cet ordre d'idée, cette plateforme entend participer à toutes les élections qui restent et demeurent, à son avis, comme la meilleure expression de la démocratie.
Dans ses résolutions, le MDM déclare : «Nous soutenons et nous prendrons part à toutes les élections organisées dans un délai fiable sans précipitation aucune pour que l'organisation y afférente soit hors de toute contestation. Une organisation sous la responsabilité pleine et entière d'une Commission Nationale Electorale Indépendante, sans influence de quelque manière que ce soit de l'administration et des partis politiques. Et sous le contrôle direct et effectif des observateurs nationaux et internationaux ».
Le MDM préconise que la Transition ne devrait plus excéder les six prochains mois. Il estime que durant la période transitoire, « la mise en place d'un gouvernement d'union nationale s'avère d'une impérieuse nécessité ». Il précise par ailleurs qu’on devrait d’abord s’atteler à l'organisation d'une conférence nationale à laquelle prendraient part tous les représentants de la vie sociétale à Madagascar pour débattre et proposer la Constitution de la IVème République; le nouveau code électoral garantissant la probité, la transparence et la crédibilité totale des élections. Afin d'asseoir les fondements de cette nouvelle République, le MDM suggère un calendrier électoral donnant la priorité à un référendum d'adoption de la nouvelle Constitution; puis aux élections présidentielles Il appartiendra ensuite au premier gouvernement de la IVème République de fixer les autres échéances électorales qui toutefois, ne doivent pas aller au-delà de cette année 2010.
SORTIE DE CRISE :
Menacé d’arrestation, l’opposant Fetison Rakoto Andrianirina propose une rencontre immédiate des forces vives 29/01/2010
(Mada) Suivant l’acte additionnel d’Addis-Abeba, Fetison Rakoto Andrianirina se considère toujours comme le co-président du Conseil présidentiel, une institution qui a cependant été supprimée par le président de la HAT à la suite de l’échec de la cohabitation des protagonistes de la crise malgache pour diriger Madagascar pendant la période transitoire actuelle. A ce titre, il a annoncé hier au cours d’une conférence de presse, l’organisation les 4 et 5 février au Carlton d’Antananarivo d’une rencontre de toutes les forces vives de la nation en vue de soutenir la solution de sortie de crise prévue par les accords de Maputo.
Il s’agit, semble-t-il, d’une initiative personnelle de Rakoto Andrianirina qui est par ailleurs le chef de la délégation de la mouvance de l’ancien président Marc Ravalomanana . A ce sujet, celui-ci a dit « Je n'ai consulté personne avant d'annoncer la tenue de cette réunion. C'est mon initiative personnelle. J'ai pris mes responsabilités en tant que co-président de la transition et simple citoyen rassembleur, et après avoir constaté que l'impasse est totale et que les négociations sont bloquées ».
La réunion s’intitulera « Loa-bary an-dasy tsy manavaka ». Rakoto Andrianirina a recours « aux forces armés, aux fonctionnaires, aux opérateurs économiques, aux simples citoyens» pour leur intervention au débat. « Les participants, a-t-il déclaré, vont se concerter pour trouver des moyens contraignant les quatre mouvances politiques dirigées par Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka, Abert Zafy et Andry Rajoelina à s'entendre sur des accords consensuels avant le 7 février. Les participants à cette concertation seront sollicités à faire des propositions dans ce sens. Nous devons trouver ce consensus avant le 7 février, date limite fixée par la communauté internationale ».
Sur le plan organisationnel, Rakoto Andrianirina envisage de confier la présidence de la rencontre du Carlton à un comité ad hoc dont les membres seront désignés parmi les participants, le 4 février matin.
En prenant l’initiative de convier les forces vives de la nation à un débat, Rakoto Andrianirina devance la Haute autorité de la transition (HAT) qui, par le biais de son président Andry Rajoelina, a annoncé mardi dernier la tenue d’une sorte de forum national. Ce dernier sera prochainement organisé par la Médiature de la République et la société civile, afin de discuter notamment du calendrier des prochaines élections.
Selon l’Express de Madagascar d’aujourd’hui, le geste de Fetison Rakoto Andrianirina peut s’analyser comme une dernière tentative de rapprochement, pour éviter de probables sanctions contre le pays.
Bon nombre d’observateurs se demandent si le gouvernement Andry Rajoelina permettra la tenue de cette réunion du début février. Ils se demandent également si Rakoto Andrianirina aura le temps de s’occuper de son projet. Faisant l’objet d’un mandat d’arrêt à la suite de l’affaire des bombes artisanales qui a défrayé la chronique il y a quelques mois, il a failli être arrêté hier. C’est la raison pour laquelle, il a tenu sa conférence de presse d’hier au Carlton... par téléphone.
En fait, les forces de l’ordre étaient venues pour appréhender Rakoto Andianirina au cours de sa conférence de presse. A ce propos Midi Madgasikara de ce jour raconte : « La conférence de presse de Fetison Rakoto Andrianirina a été prévue hier à 16h30 au Carlton. Les membres du service de la Communication du co-président ont avisé par SMS les journalistes vers 15h30. A 16h, des militaires en tenue civile étaient présents au Carlton, comme ils ont eux aussi reçu le SMS. Ils étaient six. Arrivés sur les lieux, ces militaires armés de pistolets automatiques (P.A) ont demandé un entretien avec le directeur de la Sécurité de l'hôtel, mais, finalement, ils n'ont eu que le chef de sécurité. Quelques minutes après, une voiture Pick Up double cabine blanche, à bord de laquelle se trouvaient d'autres éléments en tenue civile prêts à intervenir rodait aux alentours du Carlton. A 16h30, heure prévue pour le début de la conférence de presse, un camion bourré d’éléments de la Gendarmerie, a pris place à quelques mètres de l'hôtel. Après 17h, Fetison Rakoto Andrianirina a pu s'adresser directement par téléphone aux journalistes présents. Expliquant son absence, il déplore la présence massive des éléments des forces de l'ordre aux alentours de l'hôtel Carlton « alors que je bénéficie, a-t-il dit, d'une immunité en tant que co-président de la transition ». Et le journal de noter que la chasse à Fetison Rakoto Andrianirina a repris après le départ de Jean Ping. Samedi dernier, dix éléments des forces de l'ordre étaient déjà venus à son domicile pour l'arrêter.
OFFENSIVE DIPLOMATIQUE
Déplacement impromptu du Président Rajoelina à l’étranger 28/01/2010
(Mada) Juste après sa dernière conférence de presse, le président Andry Rajoelina est parti à l'étranger dans la soirée de mardi sans crier gare. Un départ impromptu dont même le Premier ministre Camille Albert Vital n’a été au courant que quelques heures avant.
Selon le cabinet présidentiel, il s’agit d’une visite privée. Mais, d’après les observateurs, ce déplacement a un caractère politique évident.
Le président de la HAT effectuera pendant un peu moins d’une semaine un périple euro-africain. En fait, le nombre de pays inscrits dans son agenda laisse entendre que Rajoelina va passer par la France, incontournable, et la Suisse, mais il compte aussi faire un crochet par l’Afrique du nord, en particulier la Libye pour rencontrer le Guide Mouammar Kadhafi.
Pour ce déplacement, Andry Rajoelina est accompagné par des membres de son cabinet entre autres, Norbert Ratsirahonana et Sylvain Rabetsaroana, tous les deux membres de l’AVI. Selon des indiscrétions, ces derniers pourraient être rejoints par un conseiller dont l’identité n’a pas été révélée. Mais, selon l’Express de Madagascar de ce matin, il pourrait fort bien s’agir de Mamy Andriamasomanana, directeur de cabinet de la commune de Torcy Marne La Vallée, qui a été chuchoté Premier ministre en lieu et place de Monja Roindefo. Se trouvant à Antananarivo, depuis quelques jours, cet ancien allié de Marc Ravalomanana, proche de quelques ministres, pourrait même être à l’origine de ce déplacement du président de la HAT. Quand on sait qu’il avait beaucoup œuvré sur le plan international en faveur de Ravalomanana en 2002, on sait pourquoi Rajoelina voudrait recourir à ses services.
Pour le journal, tout semble ainsi en cohérence pour réagir par rapport aux propositions retenues à la réunion du Carlton. « Il est clair que Rajoelina va plaider sa cause à l’extérieur après avoir fait une nouvelle concession ».
Pour sa part, Midi Madagasikara de ce jour ne manque pas de rappeler que Paris et Tripoli ont déjà exprimé, bien qu’indirectement, leur soutien à la Haute Autorité de la Transition, notamment pour l’organisation des élections. Cette visite constituerait donc une occasion pour le président de la HAT, pour convaincre la communauté internationale sur le processus de sortie de crise engagé actuellement par sa mouvance.
En tout cas, les choses semblent s’accélérer depuis la dernière réunion du Groupe international de contact (GIC) à Antananarivo.
Actuellement, les autorités de la Transition effectuent une véritable offensive diplomatique. En effet, afin de faire face à l’ultimatum lancé de toutes parts contre l’« unilatéralisme » de la Haute Autorité de la Transition, des dirigeants malgaches effectuent en ce moment des déplacements aux quatre coins du monde, à l’exemple du président Rajoelina. En fait, d’autres délégations de la HAT ont quitté le pays hier soir. La première, composée notamment du ministre de la Décentralisation, Hajo Andrianainarivelo et du vice-premier ministre chargé de la Santé, Alain Teandrazanarivelo, est partie pour rejoindre Genève. Et une deuxième délégation, composée du ministre des Affaires Etrangères, Ny Hasina Andriamanjato et de la Secrétaire particulière d’Andry Rajoelina, Annick Rajaona, s’est envolée à destination d’Addis-Abeba.
Pour les journaux malgaches, la transition semble avoir pris une nouvelle tournure avec ces déplacements à l’étranger. « Le voyage surprise de Rajoelina, écrit l’un d’entre eux, devrait être d’une importance capitale car on ne quitte pas le pays dans une situation cafouilleuse sauf raison d’État ».
OPPOSITION
Essoufflement des manifestations de la Mouvance Madagasikara
28/01/2010(Mada) La reprise du mouvement de revendication en faveur de l’application des accords de Maputo et d’Addis-Abeba, dans la capitale, n’a pas eu lieu. Au grand dam de son organisateur, en l’occurrence la Mouvance Madagasikara qui regroupe les partis politiques de l’opposition dirigés par les anciens présidents Ravalomanana, Ratsiraka et Zafy.
C’est que, hier, le nombre des manifestants était infime près du lac Anosy où la manifestation était prévue. A cause de leur petit nombre, à Anosy près de l’arrêt des bus et à Mahamasina du côté du jardin, les partisans des trois mouvances n’ont rien pu faire face aux forces de l’ordre qui occupaient déjà les lieux. D’ailleurs, ces dernières n’ont pas eu à intervenir.
Sur la côte Ouest, l’on a également noté un meeting avorté de l’opposition dans la ville de Mahajanga, le week-end dernier. En fait, la Mouvance Madagasikara a voulu tenir une réunion près des locaux de la SIRAMA samedi dernier mais elle a préféré l’annuler afin d’éviter, semble-t-il, de faire face à des risques d’affrontement. Des membres du Tanora Club Rassemblement (TCR), anciennement appelé Tanora Contre Ravalomanana, ainsi que ceux de l’Association TGV avaient devancés sur le site les partisans de l’opposition. De ce fait, la Mouvance Madagasikara n’a pas pu se réunir.
A l’avenir, les opposants organiseront-ils, à nouveau, leur meeting dans l’enceinte du Magro à Ankorondrano ? Dans cet endroit qui est un lieu privé, les manifestations qui s’y tenaient n’ont jamais été interdites par les autorités. Mais, selon différentes sources, l’opposition est désormais privée de son lieu de rassemblement habituel. C’est que, la Chambre de Commerce et de l'Industrie d'Antananarivo (CCIA) a saisi le terrain où est implantée la centrale de distribution Magro (Malagasy Grossiste) et l'auditorium appartenant à l'ancien Président de la République, Marc Ravalomanana.
Propriétaire du terrain, la CCIA a conclu un contrat de bail de 40 ans avec ce dernier lorsqu'il était encore maire de la ville d'Antananarivo. Comme prévu, le paiement du loyer devait se faire à chaque début d'année. Mais depuis 2008, le groupe Tiko a manqué à cet engagement. Le loyer de 2008 a été payé tardivement, si celui de 2009 n'a pas du tout été effectué. La saisie a donc été faite dans un cadre légal. «Nous devons suivre de pied ferme les engagements effectués sur les patrimoines de l'hôtel consulaire » avance dans l’Express de Madagascar Jean Martin Rakotozafy, président fraîchement élu de la CCIA.


