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    ACTUMADA

    Niels Marquardt, en véritable opposant

    11/03/2010

    On n’aura de cesse de dénoncer les ingérences de l’ambassadeur des Etats-Unis en poste à Madagascar, et ses comportements haineux vis-à-vis du régime de transition malgache actuel, mais cette fois-ci, la coupe est pleine.

    Non content d’avoir déjà mis à terre les milliers de malgaches victimes de la suspension de l’AGOA, par ses rapports mensongers et trop tendancieux - pour fustiger le régime actuel qu’il hait et dont il ne s’en cache plus d’ailleurs- qui ont servi de bases au Département d’Etat américain pour prendre ses décisions, il n’a apparemment pas voulu faire les choses à moitié aujourd’hui en tenant un véritable langage d’opposant au régime actuel, en descendant littéralement l’atelier national qui s’est tenu à Ivato la semaine dernière. Qu’est ce qui différencie en effet les critiques lancées par les partisans des trois mouvances à celles faites par Niels Marquardt qui affirme sans aucune ambiguïté « qu’il n’y avait pas besoin de tenir cet atelier » ?

    En vertu de quoi peut-il se suppléer aux 912 entités (sociétés politiques et civiles confondues) qui se sont inscrites pour participer à l’atelier pour en juger de l’utilité ou non ? C’est une véritable insulte à ces 912 entités qui comptaient comme membres présents à ce grand rendez-vous d’Ivato plus de 2.000 personnes.

    Et quand il a dit dans un quotidien local aujourd’hui que les accords de Maputo et d’Addis-Abeba sont « consensuels et inclusifs » mais pas la convention nationale signée à Ivato à l’issue du « Teny ifampierana », on ne peut qu’être extrêmement offusqué. Que représentent les 4 mouvances politiques par rapport aux 515 entités (dont 190 partis politiques) ayant voté les résolutions qui ont abouti à la convention nationale pour que cette dernière ne soit pas « consensuelle et inclusive » ?

    Et il ne voulait pas s’arrêter en si bon chemin, en jouant à fond son rôle d’avocat des trois mouvances au lieu d’être un observateur neutre en tant que diplomate étranger, il a carrément prononcé un jugement, « l’atelier d’Ivato se voulait consensuel. Or, force est de constater qu’il a été boudé, pas seulement par les trois mouvances mais aussi par bon nombre de formations politiques et autres entités », mais quelle formation politique et quelles autres entités Monsieur l’Ambassadeur ? Bon sang, mais sur quels critères pouvez-vous avancer que bon nombre de formations politiques et autres entités ont boudé l’atelier ?

    190 partis politiques sur les 210 officiellement répertoriés auprès du Ministère de l’intérieur ont assisté à l’atelier, et cela ne compte pas pour Niels Marquardt ? Ou alors, hors du TIM, de l’UNDD de Zafy (dont on peut légitimement demander qui en sont encore membres mis à part Zafy albert lui-même et Emmanuel Rakotovahiny), du TEZA, et de l’AMF 3FM point de salut pour ce diplomate américain ? C’est scandaleux, ridicule, révoltant et intolérable.

    La mouvance Ratsiraka par exemple ne compte que le seul parti AREMA, qui était bel et bien présent à Ivato. Mais, cela l’Ambassadeur ne le savait pas et ne voulait pas le savoir. Ou alors, peut-il nous dire qui sont ces « bon nombre de formations politiques et d’autres entités » absents à Ivato les 4 et 5 mars derniers ?

    Et pour couronner le tout, Niels Marquardt dit qu’il faut suivre les accords de Maputo parce qu’ils ont été signés, et alors, pourquoi vous n’avez pas forcé l’Union européenne, la Banque Mondiale et le FMI à suivre les accords de financements qu’ils ont signé avec Ravalomanana en décembre 2008 quand ils les ont suspendu?

    « Les Malgaches eux-mêmes ont passé plusieurs mois à les concevoir, alors, pourquoi repartir à la case départ ? » dixit le diplomate américain, et il l’a si bien dit, on se demande pourquoi il n’a pas fait autant quand les 3 mouvances ont complètement remis en cause et sont reparties à zéro pour accoucher d’un accord qui n’avait plus rien à voir avec ceux décidés précédemment lors de Maputo III en décembre 2009 ? Mais pire, si la plupart des membres de la communauté internationale ont condamné ces résolutions de Maputo III, Niels Marquardt lui, n’a pas contre rien dit, rien condamné, et a même observé un silence complice… Allez savoir pourquoi…

    Monsieur l’Ambassadeur, là, vous avez franchement dépassé les bornes, que vous détestiez à mort Andry Rajoelina, c’est votre droit le plus absolu, que vous ayez des affinités avec Ravalomanana, là encore c’est votre droit, mais que vous quittez carrément votre habit de diplomate pour vous muer en défenseur des trois mouvances politiques malgaches, là, c’est autre chose ! Alors, démissionnez de votre poste d’Ambassadeur et devenez membre du TIM ou de l’AREMA Ratsirakiste ou encore de l’UNDD, et là au moins, les choses auront le mérite d’être claires.

    Et puis, allez-y avec votre liste de personnalités à sanctionner, on n’en a que faire et franchement, on s’en fout, si c’est pour notre pays, on est prêts à mourir, on n’a pas peur de vos sanctions.

    Mais vous, regardez-vous dans un miroir et interrogez vous, faites votre examen de conscience, êtes-vous encore digne d’être le représentant du peuple américain à Madagascar ? Quel souvenir souhaiteriez-vous laisser aux Malgaches après votre départ ? Nous en avons honte Monsieur, et nous regrettons vivement vos dérives… C’est déplorable !

    EXPRESS DE MADAGASCAR

    Prisonnier itinérant

    11/03/2010

    Quatre soi-disant bandits mis hors d’état de nuire par la police. Il y de quoi rassurer la population qui commence à se demander s’il existe encore un État qui veille sur ses électeurs. Certes, la répression policière ne sera jamais la solution idéale pour sécuriser la ville et le pays, étant donné que quatre bandits abattus équivalent à 40 autres nouveaux-nés condamnés à ce triste sort, sinon au mieux à arpenter les trottoirs de Behoririka. Mais l’État a grand intérêt à montrer son autorité dans un domaine ultra-sensible de la vie. Les efforts des policiers risquent d’être d’autant plus vains qu’ils semblent avoir affaire à un tonneau des Danaïdes.

    Parmi les quatre présumés bandits abattus à Ambohimahitsy, la police a fait remarquer que ce sont des criminels qui purgent de lourdes peines à la prison d’Antanimora ou de Tsiafahy. Ils seraient donc en régime externe mais il paraît qu’ils paient une « pension » au prorata du butin de leur mission.

    Depuis quelque temps, la MOP, comprenez Mission d’œuvre providentielle qui n’a rien à voir avec les arnaques évangéliques de sa(rla)tans, est devenue un filon qui rapporte. Eh oui, comme en diplomatie, les prisonniers itinérants ont vu le jour sans que personne ne soit inquiétée, sauf bien sûr les paisibles gens sans défense.

    Pire, des indiscrétions laissent entendre qu’une autre formule existerait aussi pour les grands condamnés, en l’occurrence la résidence surveillée à domicile. Le malade imaginaire à l’hôpital a fait son temps. Il est évident que le tarif pour cette option équivaut à un séjour dans une prison cinq-étoiles.

    Ce qui après tout n’est pas une mauvaise chose, dans la mesure où l’État reste incapable de trouver une solution pour désengorger les prisons. Il suffit de réorienter la pratique dans le bon sens et au profit de l’administration. En attendant, il ne faut plus s’attendre à de grandes évasions. Les travaux forcés à perpétuité sont commués à des libertés provisoires définitives. Seuls resteront en prison ceux qui ont commis des délits complètement inintéressants, des tueurs divins comme il en existe au Nigéria, les criminels condamnés pour des peccadilles et qui ne répondent pas au casting.

    Difficile dans ce cas, de trouver de bons arguments pour redorer le blason de la Justice sérieusement rogné lors du Sommet des droits de l’Homme à Genève. Ce n’est pas avec des prisons en plein air que l’on réussira à renverser la vapeur.

    MIDI MADAGASIKARA

    Remaniement en gestation

    11/03/2010

    L’atelier «Teny Ifampiarana» n’a pas seulement confirmé à ses fonctions le Président de la Haute Autorité de la Transition Andry Rajoelina mais aussi le Premier ministre Camille Vital. Les deux hommes forts de l’exécutif de la transition doivent former le nouveau Gouvernement. Le Premier ministre propose, le Président nomme. Les consultations ont commencé mais elles se passent pour le moment dans des conditions plutôt discrètes. Le Premier ministre a depuis longtemps voulu remanier son gouvernement. Il n’a jamais caché son souhait d’être à la tête d’un gouvernement d’ouverture. Mais ses vœux n’ont pas pu se réaliser. La composition du gouvernement est le reflet de la base politique derrière le Président de la HAT. Ce qui explique sa longévité. La démission du Premier ministre Monja Roindefo n’a pas mis fin à ses jours. Camille Vital a hérité du gouvernement non retouché de son prédécesseur. Ce dernier dispose-t-il maintenant d’une plus grande marge de manœuvre ?

    Dans quelles proportions envisage-t-il de modifier le gouvernement ? En vérité, sa marge de manœuvre est limitée. Les ministres actuels ont été choisis par Andry Rajoelina qui les a nommés. Aussi beaucoup d’entre eux seront retenus et ne feront même pas l’objet de discussion selon les observateurs. N’est ce pas le projet de retouche du gouvernement qui a fait foirer l’application des accords de Maputo ? Toujours est-il que le Premier ministre entamerait actuellement des tractations auprès de personnalités au sein des mouvances politiques dans le but de ratisser large et de donner une image irréfutable d’un gouvernement d’ouverture. Or, les voix qui s’élèvent au sein de ces mouvances ne laissent aucun doute sur leur refus de participer à ce gouvernement de Camille Vital. Principes et fidélité obligent, les collaborateurs des chefs de file, Didier Ratsiraka, Zafy Albert et Marc Ravalomanana, ne reconnaissent que l’application des accords de Maputo et d’Addis-Abeba. En d’autres termes, le Premier ministre devra se contenter de la base obtenue lors du «Teny Ifampiarana» pour la recomposition du gouvernement. Toutefois, le prochain gouvernement entamera son mandat avec un sérieux handicap. L’absence de reconnaissance internationale ainsi que les sanctions internationales ciblées prévues d’entrer en vigueur à partir du 17 mars prochain risquent de compromettre ses performances. Bref, Madagascar n’est pas sorti de l’auberge. La crise pourrait s’aggraver davantage dans la mesure où les problèmes s’accumulent alors que les solutions véritablement consensuelles et inclusives tardent à venir. Accoucher d’un gouvernement dans ces conditions n’est guère simple.

    LA GAZETTE DE LA GRANDE ILE

    Les trois mouvances au pied du mur

    11/03/2010

    « Une des trois mouvances a déjà répondu positivement aux consultations pour la formation du nouveau gouvernement, on attend la réaction des deux autres ». Ainsi a déclaré le Premier ministre à la presse, hier à Mahazoarivo. Sans aucune précision. Mais toujours avec l’espoir de constituer un gouvernement d’ouverture, voire d’union nationale, d’ici peu.

    Cet optimisme n’est pas béat. Tant il est vrai qu’au sein des trois mouvances, on est de plus en plus partagé sur l’attitude à adopter devant l’évolution de la situation. Au sein du TIM et de l’Arema, on se souvient notamment de l’issue de la crise post-électorale de 2002. Dans le clan Ravalomanana, on se remémore le forcing pour arracher le pouvoir, huit ans plus tôt. Le contexte est totalement différent aujourd’hui, mais le schéma est quasiment le même que celui adopté par Andry Rajoelina avec l’investiture unilatérale à Mahamasina, la décision de la HCC (dont la composition n’a pas changé) en faveur du changement avec des artifices juridiques et en vertu des pouvoirs qui sont conférés à cette institution, le reniement des accords conclus sous l’égide de la communauté internationale, et l’organisation des élections législatives.

    Les résultats de ces dernières qui, comme toute consultation populaire après un changement, ont été raflées par le TIM, avaient conduit l’Union africaine à reconnaître le régime Ravalomanana, en juillet 2003. Soit un an et demi après la première investiture de Marc Ravalomanana. Dans la démarche comme sur le timing, il semble que le pouvoir de Transition fait du « copier coller » pour interpeller, directement ou indirectement, le GIC (groupe de contact international) et la communauté internationale dans son ensemble en quoi la démarche de Andry Rajoelina diffère de celle de Marc Ravalomanana. La situation n’est certes pas la même, cependant les principes en matière de démocratie ont-ils changé ?

    Chez les partisans de Didier Ratsiraka, on n’oublie pas les astuces assassines que le TIM a manigancées à l’endroit de l’amiral en 2002. Marc Ravalomanana a réussi à convaincre une certaine Méline Rasoanirina et Constant Horace pour habiliter l’image d’un gouvernement d’union nationale prévu dans les accords de Dakar. Notoire militante de l’Arema et élue député dans la région d’Ambatondrazaka où l’Arema avait une bonne assise grâce à Moïse Rakotosihanaka (directeur de protocole et homme de confiance de l’amiral Ratsiraka, et originaire de l’Alaotra), Méline Rasoanirina que l’on croyait fidèle, avait accepté un poste ministériel (celui de la Population) dans le gouvernement Ravalomanana. Pareillement, Constant Horace, qui est issu d’une grande famille dont les membres ont été nommés par le régime Ratsiraka à de hautes fonctions, a retourné sa veste en participant aux côtés de l’autre militante Arema au gouvernement d’union nationale de Marc Ravalomanana. Ce choix sera récompensé par un poste d’ambassadeur au Canada que Constant Horace continue d’occuper tandis que sa collègue Arema du gouvernement d’union nationale de Ravalomanana ne sera plus élue député.

    Tous ces faits amènent aujourd’hui les autres mouvances à réfléchir. C’est le cas notamment des seconds couteaux qui pensent qu’il vaut mieux répondre à l’invitation de Camille Vital pour discuter de la constitution d’un gouvernement d’union nationale.

    Concrètement, les trois mouvances sont, en effet, au pied du mur. Refuser l’appel pour des consultations pour la constitution d’un gouvernement d’union nationale n’exclut, en effet, la participation, à titre individuel certes, d’un ou des militants des mouvances. Pour la population comme pour la communauté internationale, des figures des trois mouvances suffisent. Comme en 2002.

    Qui plus est, au sein de ces mouvances, des cadres estiment que compte tenu de la persistance du régime de Transition à tenir des élections, il vaut mieux participer au gouvernement d’ouverture. Ce serait d’abord une occasion de contrôler l’action gouvernementale. Ce serait aussi une opportunité formidable d’user également des prérogatives de la puissance publique si l’autre camp d’en face le fait.

    Participer à ce régime équivaudrait pourtant à une reconnaissance de fait da la HAT de Andry Rajoelina. Albert Zafy et Didier Ratsiraka qui ont été sollicités comme médiateurs avant de devenir parties prenantes de la crise (dixit Rolland Ratsiraka sur TV Plus), ne seraient pas un véritable problème. Les cadres auront à convaincre Marc Racvalomanana.

    COURRIER DE MADAGASCAR

    Cacophonie !

    11/03/2010

    Au moment où le secteur tourisme commence à souffler grâce à quelques bouffées d'oxygène - tourisme du 3ème âge en escales dans le nord ouest et dans le sud est, salon ITB Berlin…) ; au moment où les groupes d'opérateurs réfléchissent et n'ont plus d'autres préoccupations que la relance économique et que les ménages se débattent dans l'insécurité totale, les forces de l'ordre sont encore pris dans l'engrenage ou la tourmente de Marc Ravalomanana. Elles sont en train de se régler les comptes entre elles et d'aplanir les différends dans un grand cocktail pour noyer cet argent de Ravalomanana dans le semblant ou la subite cohésion retrouvée, suite à la « réconciliation » prônée par le Premier ministre qui se serait comporté en « olo be ». Une grande réunion au fort Duchesne a clos l'affaire après avoir appris les conclusions de cette « réconciliation », dans … l'alcool.

    La Grande muette est en train de bégayer pour ne pas dire ânonner pour montrer une face ou une image de cohésion. Très secouée par les événements depuis l'année dernière, elle a du mal à garder le silence et sa lucidité.

    En dépit des consignes répétés par la hiérarchie, des officiers, des sous-officiers, des officiers supérieurs et des officiers généraux font parler d'eux et interviennent dans les médias. Il ne manquait plus que cette affaire de gros sous de Ravalomanana pour alimenter et aiguiser les critiques contre les forces de l'ordre.

    Mais mal lui a pris au Premier ministre de détourner l'attention sur les journalistes dans l'exercice de leur métier. Il les accuse d'attiser les différends et la cacophonie. En tout cas, les propos du colonel Premier ministre du gouvernement de la Haute autorité de transition (HAT) à l'endroit des journalistes, rappellent ceux de l'ancien Premier ministre du dernier gouvernement de Marc Ravalomanana ; à l'époque, le général Charles Rabemananjara, chef du gouvernement, accusait les journalistes de terrorisme.

    Que les éléments armés rentrent dans leur caserne et se défendent de s'immiscer dans la politique ! Chacun son métier et les vaches seront bien gardées car le pays se meurt.

    LA VERITE

    Le fin mot de l’histoire

    11/03/2010

    Depuis l’avènement du régime de Transition, il ne s’est pas passé une semaine sans que le trafic de bois de rose ne fasse l’objet d’articles et de reportages dans la presse nationale. Cette affaire est une de celles qui font régulièrement la Une des journaux, sans doute parce qu’elle ne cesse de connaître de rebondissements.

    Lesquels vont de la saisie de ce bois précieux, en cours d’embarquement, à l’arrestation de quelques présumés coupables, en passant par les décisions et déclarations officielles visant à stopper le trafic. Entre ces trois éléments figurent aussi les sonnettes d’alarme tirées par les protecteurs de l’environnement ainsi que par les autorités, les mouvements de colères des petits travailleurs, chargés de la coupe, qui se retrouveraient sans ressources par manque de travail et les interpellations de certains politiques. Il apparaît donc que cette affaire concerne un grand nombre de catégories de personnes.

    Une « Task force » a été mise en place pour lutter contre le fléau qui en entraîne, au moins, deux autres : à savoir, la dégradation de l’environnement par le biais de coupes sauvages et non - autorisées, d’une part, et un manque à gagner considérable pour l’Etat, de l’autre. Cette entité, au début de ses actions, a brillé par la découverte de bois de rose enfouis dans le sable ou sous terre. S’ensuivirent quelques mois de silence mis à profit pour poursuivre les enquêtes. Des enquêtes qui ont certes abouti mais qui sont loin d’être achevées, pour des observateurs suivant de près l’affaire. En effet, elles font état de l’arrestation et de l’audition de quelques opérateurs. Mais cette affaire semble avoir des ramifications tentaculaires qui impliqueraient de très hauts responsables du régime actuel. Ainsi, lorsque d’aucuns avancent que les pratiques répréhensibles du précédent régime sont actuellement reprises de plus belle, on a du mal à l’infirmer.

    Faut - il rappeler que l’exploitation des bois précieux a fait l’objet de décision interdisant notamment leur exportation. Par contre, on se souvient que le Président démissionnaire ne s’est pas privé d’en amasser, à tel point que, dans un de ses gestes de largesses magnanimes, il a enjoint certains de ses collaborateurs de ravitailler en bois précieux certains utilisateurs. Car une partie de ce bois - on ignore dans quelles proportions exactement, mais il ne s’agissait pas de quelques stères - a été découverte stockée dans les Palais présidentiels. Ce n’est pas le seul secteur d’activités très lucratif dans lequel l’ex - Président de la République s’est lancé, dans son amalgame préjudiciable de ses affaires privées et celles de l’Etat. Les pierres précieuses ont, elles aussi, connu un sort similaire d’interdiction d’exportation, tout comme le riz de luxe.

    L’impression qui prévaut actuellement, en ce qui concerne le bois de rose, est que les fameux hauts responsables de l’Etat, impliqués dans le trafic actuel, sont bel et bien connus. La question est de savoir pourquoi on ne procède ni à leur audition ni à leur arrestation, puisqu’il est possible de leur attribuer au moins deux chefs d’inculpation, comme le détournement de deniers publics et l’usage de faux dans les dossiers d’exportation ? Plusieurs réponses sont possibles : soit ce sont des personnages intouchables, bénéficiant d’impunité, soit leur interpellation peut être assimilée à l’ouverture d’une boîte de Pandore qui risque d’éclabousser d’autres hautes personnalités. Il apparaît qu’il existe certaines tentatives d’étouffer les affaires - qui se doivent d’être mises au pluriel et non plus au singulier -, ce qui explique que l’on cesse de parler de scandale en perspective. Lequel scandale a très peu de chances d’éclater au grand jour. On ne saura donc probablement jamais le fin mot de l’histoire. A moins que certains grands pays, à travers leur presse, s’en mêlent pour lui donner une connotation politique dans un contexte délétère. Personne n’a encore oublié l’affaire de la vente de plus d’un million d’hectares de terres ni de ses conséquences.

    LES NOUVELLES

    Dites-nous combien ?

    11/03/2010

    «Combien de morts vous faut-il encore, 400, 4000, 40.000, pour que vous acceptiez enfin qu’il s’agit d’une épidémie provoquée par un nouveau virus ?». C’est à peu près en ces termes que des chercheurs, quelque 40 ans plus tôt, avaient alerté le pouvoir public sur ce qui allait être appelé plus tard Syndrome de déficit immunitaire acquis ou Sida. Actuellement, bien que des efforts aient été déployés, les victimes de la pandémie se comptent par millions dans le monde et les pays pauvres en sont les plus touchés.

    La situation des employées malgaches au Liban n’est peut-être pas comparable à celle du Sida mais elle n’en est pas moins dramatique. En l’espace de quelques mois, l’El Dorado libanais a viré au pire des cauchemars pour les jeunes femmes malgaches embauchées dans des familles libanaises indélicates. Les témoignages des «plus chanceuses» font état de torture, de viol et d’esclavage qu’elles ont subis, les moins chanceuses (une quinzaine) ont tout perdu, même la raison, au point de se faire interner à l’hôpital psychiatrique d’Anjanamasina pour quelques-unes. Et quand la maltraitance est à son paroxysme, c’est dans une bière que les victimes (8 selon les dernières statistiques) regagnent le tarmac d’Ivato.

    Les dommages collatéraux ou psychologiques des familles privées de toute communication avec leurs parentes, ne sont pas non plus des moindres. Le dernier cas remonte à avant-hier, une mère de famille qui a succombé à un infarctus après qu’elle ait pris connaissance d’un nouveau cas de décès, une jeune femme originaire du Sud-Est. Et cela sans qu’elle sache s’il s’agissait de sa propre fille ou d’une autre. Histoire de dire à quel point la psychose est mortelle.

    Devant l’ampleur des dégâts qu’endure la main d’œuvre expatriée au Liban, beaucoup se demandent, pourquoi cette inertie des organismes et autres associations de défense des droits de l’homme ? L’opinion, en l’occurrence les familles des victimes, attend aussi des autorités malgaches qu'elles réagissent vigoureusement contre ce traitement plus qu’inhumain que subissent les citoyens malgaches à l’étranger.

    Qui ne se souvient pas du cas Nancy Coutu, cette volontaire du Corps de la paix violée et assassinée dans le Sud ? Le gouvernement américain a pris très au sérieux l’enquête sur cette affaire, allant jusqu’à la mise à prix de la tête de l’auteur de cet odieux crime. Sombila, le coupable, a beau se terrer mais il a fini par payer. Le viol, rien que le viol, est lourdement sanctionné aux States.

    Madagascar n’est certes pas les Etats-Unis mais le régime de la Transition va-t-il laisser les autres abuser de ses concitoyennes impunément ? Pour parodier les chercheurs du Sida, «Combien de victimes vous faut-il, 10, 100 ou 1 000, pour que des mesures draconiennes soient enfin prises pour mettre un terme à ce fléau social?»

    MADAGASCAR MATIN

    Divorce entre la mentalité et la sagesse

    11/03/2010

    Marrant avant ou à la fin toute rencontre dont l’enjeu comprend une émulation ; on ne rate pas de rappeler la sentence dont on ne remonte plus les origines, « on n’acclame pas à l’excès les vainqueurs et on ne hue pas les vaincus ». Il en va cependant tout autrement dans la vie de tous les jours, même chez ces gens qui donnent des leçons. Le pays souffre affreusement de cette propension à user de la rhétorique comme si cela suffisait à dispenser d’agir en conformité aux principes que l’on a rappelés.

    Cela ne s’applique pas évidemment à la politique dans la période actuelle où les acteurs se positionnent dans un état d’esprit d’une situation de guerre. Ce n’est pas mieux évidemment, les uns et les autres ne loupent pas la moindre des occasions où ils s’imaginent avoir remporté une bataille pour tirer sur les brancardiers.

    Ca n’amuse plus personne, les gens ne cherchent plus à compter les points, le combat ne les intéresse pas. Et pourtant, sortir de la crise les préoccupe au plus haut point et en raison des difficultés que la crise génère et d’un point de vue psychologique.

    Ne voit-on pas poindre des règlements de comptes du côté de ceux qui entourent de près et soutiennent avec efficacité le pouvoir ? Chez les gendarmes, le vase déborde, un chef en arrive à démissionner de son poste de haute responsabilité ; il ne voudrait pas aller jusqu’à en venir aux armes et verser le sang entre frères d’armes. Le différend est en passe de trouver une solution, non sans l’intervention au plus haut niveau. Le public, à qui des ordres de black-out avaient comme dessein de tout cacher pour laver le linge sale en famille, écarquille les yeux et saisit en partie toutes les turpitudes autour des évènements. Mais il ne pourra jamais en imaginer l’ampleur, la réalité en ce domaine dépasse la fiction. Les officiers ayant aussi tenu un rôle de première importance dans les périodes charnières sont fatigués de jouer les seconds rôles par la suite. Leur déception étouffe tant le jugement que parfois leur parole dépasse leur pensée et leur engagement. A suivre à la lettre les propos d’un officier supérieur ayant pris une part active au basculement de pouvoir, on serait tenté de s’interroger sur la véracité de la thèse adverse concernant une prise de pouvoir par la force. Silence, on retourne…

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