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MIDI MADAGASIKARA
Femmes, le combat continue
09/03/201009/03/2010Quelle est la femme préférée des femmes Malgaches? Une dizaine de femmes journalistes se sont prêtées au jeu. Elles ont révélé leur préférée sauf une qui a donné sa langue au chat. Le résultat est surprenant, aucun nom cité n’est revenu deux fois. Est-ce à dire qu’aucune femme Malgache ne fait le consensus ou bien est-ce que toutes les femmes malgaches méritent d’être choisies ? Quoi qu’il en soit, voici les neuf femmes qui remportent la palme dans ce petit sondage maison sans valeur scientifique mais qui n’est pas moins le fruit de la spontanéité à l’occasion de la journée internationale du 8 mars. Lila Andriambalo, Mialy Rajoelina, Cécile Manorohanta, Bodo (artiste), Iary (artiste), Madeleine Ramaholimihaso, Mariette Andrianjaka, Edmondine Ramilijaona Andriantsiva, Lalao Ravalomanana. Avec une centaine de sondées, on aurait certainement eu près d’une centaine de noms. La femme malgache qui rafle tous les suffrages n’existe pas encore.
Sinon, la Journée mondiale de la Femme souffle en 2010 sa centième bougie. L’année est une année-phare pour les droits des femmes et l’égalité des sexes. Au plan mondial, les femmes, en particulier celles des pays en développement, continuent d’être confrontées aux immenses défis posés par la crise financière mondiale, l’insécurité alimentaire généralisée, les catastrophes naturelles et celles engendrées par l’homme ainsi que par les changements climatiques. Relever ces défis exige qu’on leur attribue une plus grande responsabilité à tous les niveaux. Dans notre pays, il faut se rendre à l’évidence, l’égalité des sexes est de moins en moins un concept occidental avec les efforts produits par les diverses organisations et associations pour défendre les droits de la femme. Néanmoins, les différences entre hommes et femmes sont encore très fortes. Au niveau de l’emploi, les femmes gagnent encore moins que les hommes. Au niveau des hauts emplois de l’Etat, la parité est en faveur des hommes bien qu’on se réjouisse que cinq femmes soient membres du gouvernement. Sinon l’immense majorité des femmes malgaches sont encore des femmes au foyer. Mais depuis une dizaine d’années, plusieurs d’entre elles ont envahi le secteur informel et les entreprises franches à des postes peu qualifiés. A cause de l’inéligibilité à l’AGOA conséquence de la crise politique, beaucoup de femmes ont perdu leur emploi et n’ont plus de ressources. Enfin, un autre fléau qui n’a pas disparu, beaucoup de femmes subissent encore de la violence. Elles ne sont pas à l’abri des viols, des agressions et de la brutalité de leurs époux. Le combat des femmes, pour la paix, la sécurité et l’égalité des sexes, n’est pas terminé. Mais il remporte des victoires d’année en année depuis cent ans que l’on célèbre la Journée de la femme.
MIDI MADAGASIKARA
L’espoir dimunie
09/03/2010La réunion d’Addis-Abeba a été annulée. Il a bien été précisé dans l’invitation envoyée aux quatre chefs de file par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine que l’absence de l’un d’eux annulerait ce rendez-vous. Ce fut le cas, le Président de la Haute Autorité de la Transition a décliné l’invitation avec l’intention de se faire représenter par son Premier ministre et Vice- Premier ministre des Affaires Etrangères pour remettre au Groupe international de Contact les résolutions de l’Atelier «Teny Ifampierana» qui fera office de feuille de route de la transition. L’Union africaine a certainement compris que la HAT a tourné le dos définitivement aux propositions des quatre mouvances politiques pour poursuivre sa route unilatéralement. Néanmoins, la date butoir du 16 mars prochain court toujours pour l’application des accords signés à Maputo et à Addis-Abeba, sinon des sanctions internationales seront imposées aux dirigeants de la HAT. Mais apparemment, après l’atelier d’Ivato, cette dernière est déterminée à ne plus revenir sur ses pas.
En revanche, le meeting du Magro a drainé du monde au début du week-end. Comme à son habitude depuis quelques jours, Marc Ravalomanana est entré en direct d’Afrique du sud par téléphone, pour transmettre son message à ses partisans. Il est clair que pour lui, c’est l’absence du président de la HAT qui a conduit à l’annulation de cette importante réunion qui devait se tenir dans la capitale éthiopienne. Il fut, en effet, le premier à annoncer sa disponibilité. Zafy Albert fut le second. Quant au troisième chef de file, Didier Ratsiraka, il a fait savoir de Paris hier, par son frère, qu’il est en bonne santé, autrement dit, prêt pour le déplacement en terre africaine. L’importance de cette rencontre entre les chefs de file ne fait aucun doute pour la communauté internationale. Elle aurait permis de débloquer définitivement la situation et de résoudre, pour ainsi dire, la crise politique à travers les accords de Maputo. Or, maintenant que la HAT a choisi d’écarter du partage du pouvoir les trois mouvances, avec l’intention d’opérer une large ouverture vers toutes les forces politiques et sociétés civiles venues participer à l’atelier Teny Ifampierana, l’espoir de terminer la crise diminue. La représentativité et le consensus obtenus à cet atelier ne font pas l’unanimité et sont mis en doute. Mais plus grave, le pouvoir de transition n’est reconnu par aucun pays au monde. Les conditions actuelles ne permettent pas aux bailleurs de fonds internationaux de revenir. La communauté internationale est sur le point d’appliquer les sanctions. L’Union africaine se réunit le 10 de ce mois sur le cas de Madagascar. Au total, les difficultés risquent d’annihiler les efforts consentis pour résoudre la crise.
EXPRESS DE MADAGASCAR
Le gendarme de Saint-Trompez
09/03/2010Dans une gendarmerie, quand un gendarme rit, tous les gendarmes rient. Sauf bien sûr le génial ou plutôt le général Louis de Funeste. «Les bidasses en folie » peut bien être tourné à Fort-Duchesne à défaut de Saint-Tropez. L'un n'a rien à envier à l'autre. Le scénario non plus.
Les histoires de gros sous sont devenues monnaie courante depuis la deuxième République au sein des Forces armées. Elles sont plus que jamais vivaces aujourd'hui. Le comble c'est qu'on n'hésite plus à l'étaler au grand public. Bien évidemment cela fait scandale moins par le montant de la somme réclamée que par l'immoralité et le mercantilisme, aussi bien de celui qui l'aurait reçue que de ceux qui demandent à en voir la couleur.
On a toujours cru que les gendarmes étaient au dessus de tout soupçon. Ils ont toujours bénéficié, en tout cas, d'une meilleure considération que les policiers quand bien même ils ne sont guère exempts de tout reproche sur les routes nationales.
On a toujours appris que la peur des gendarmes était la première sagesse. Ce n'est donc pas avec 2,5 milliards d'anciens francs qu'on puisse a priori les corrompre.
Car même si cette somme existait vraiment, comme le soutient mordicus celui qui l'aurait donné, elle ne vaudrait pas grand-chose si on la divise aux milliers de bidasses que compte la gendarmerie. Les recettes quotidiennes des contraventions « informelles » prises sur les taxis-brousse sont bien plus intéressantes.
Il est bien évident en revanche, que cela fait un joli pactole si celui qui l'aurait reçu l'avait viré sur son compte personnel. Mais si tel était le cas, pourquoi le cacher? Le fait que les autorités n'osent pas crever l'abcès, laissant pourrir la situation, cherchant un sauf-conduit, laisse supposer que l'ancien président aurait dit vrai. Négocier c'est déjà plaider coupable.
Un communiqué officiel du Bianco relatant les résultats de l'enquête aurait suffi pour faire taire toutes les accusations, pour juguler toutes les supputations. Et si les assertions des « mutins » de Fort-Duchesne n'étaient pas fondées, pourquoi les laisser continuer. Il y a longtemps qu'ils auraient dû être arrêtés et traduits devant une cour martial. Du moins en théorie. Dans la pratique, ce n'est plus le cas depuis le 17 mars 2009.
Après tout, si on veut vraiment régler cette « affaire » à l'amiable, sans qu'elle fasse davantage de dégâts, on peut bien le faire à la Sirama. La somme a ici la valeur d'un epsilon comparée à celle qui avait été réquisitionnée pour régulariser des années de salaires des employés de la Sirama à Brickaville et à Nosy-Be.
Attendra-t-on le moment où le cynisme viendra à Ravalomanana de redonner le même montant aux frustrés de Fort-Duchesne ?
LA VERITE
Echanges de bons procédés
Lors de l’éclatement de toutes les crises dans le pays, le mot « otage » est souvent utilisé, surtout lorsque des activités s’arrêtent ou sont suspendues. La crise politique actuelle n’a pas échappé à la règle. Surtout, parce qu’elle a duré plus que de raison.
Il fut un temps où, justement dans nos colonnes, nous en avons parlé, car, à certains moments, il en a été fait un usage abusif. En fait, jusqu’à ce jour, il s’avère impossible de déterminer - avec exactitude - qui est l’otage de qui ? Tout dépend du côté où l’on se trouve. Mais, généralement, l’otage est celui qui souffre le plus d’une situation tendue. Ainsi, la population en est un. Néanmoins, d’autres entités et d’autres catégories de la population peuvent aussi l’être. Les élèves et les étudiants, et les opérateurs économiques par exemple. Mais les politiciens, ainsi que les dirigeants, peuvent être les otages de quelque chose ou de quelqu’un. Dans tous les cas, on parle d’otage lorsque la marge de manœuvre des victimes de chantage – qui est le pendant de l’état d’otage - est réduite ou bien inexistante.
Les opérateurs du milieu des affaires ont tendance à se poser en victimes principales en ce sens que – et c’est parfaitement vérifié - ils garantissent, dans une large mesure, la marche de l’économie et d’eux dépendent les travailleurs et leurs familles. Ils sont toujours les premiers à interpeller les protagonistes des crises en dressant un tableau sombre, avec renfort de chiffres et de statistiques, des retombées et des conséquences négatives de ces situations de crise. Et ils n’ont pas tort. En effet, la moindre grève, au sein de certaines structures, les force à mettre entre parenthèses leurs activités. Même si ladite grève ne rassemble que quelques centaines de milliers de personnes, voire moins. L’on parle de blocage de la machine administrative qui sonne l’arrêt de toutes les activités.
En même temps que les opérateurs interpellent les politiciens, ils ne manquent pas de saisir l’occasion de, pour ainsi dire, se plaindre des dysfonctionnements de l’environnement dans lequel ils viennent d’évoluer. Une attitude somme toute normale, puisque l’ambiance est aux revendications. Ainsi, l’opinion apprend que la situation pré - crise n’était pas aussi reluisante que cela. Qui plus est, des problèmes semblent n’avoir jamais été solutionnés. Ces opérateurs attendent donc des futurs dirigeants, comme les manifestants, à ce que leur cas fasse aussi l’objet d’attentions, lesquelles ont été, semble – t - il, absentes. En réalité, et à y regarder de près, pour ce qui concerne le cas de notre pays, les reproches et les réclamations des opérateurs économiques demeurent invariablement les mêmes. En fait, l’évolution de ce milieu épouse parfaitement la politique. Autrement dit, ce sont les hommes qui changent, car les pratiques restent les mêmes. Ainsi, ceux qui ont été malmenés auparavant se retrouvent en position de force et dans les petits souliers des nouveaux dirigeants. Ceux qui étaient dans l’ombre se retrouvent sous les feux de la lumière. Parce qu’ils se trouvent, à l’occasion des crises, de nouveaux « protecteurs ». Les échanges de bons procédés demeurent. Les derniers scandales et les affaires sulfureuses de ces derniers temps n’en sont que les illustrations parfaites d’un mécanisme de relations basées non seulement sur des passe-droits, mais comportent également des pratiques avérées de corruption, d’abus et de trafics d’influence.
Il arrive pourtant que les renvois d’ascenseurs ne soient pas à la hauteur des attentes. Le même cycle se répète à l’infini et il ne changera pas de sitôt. Quelle que ce soit la qualité des nouveaux dirigeants et, plus précisément, de celle qui est devenu l’homme fort du pays, il en sera toujours ainsi. Parler d’otage frappe les esprits. Il ne s’agirait que d’une forte interdépendance dont les pressions, directes ou indirectes, ne sont pas exclues. Un éventuel assainissement est voué à l’échec.
MADAGASCAR MATIN
Ces femmes violentées
09/03/2010Elles sont cinq, dix, vingt à avoir péri suite à des sévices psychologiques ou corporels, elles sont encore plus nombreuses à avoir survécu mais en gardant des traumatismes dans la tête comme dans leur chair. Et ça continue, chaque jour une réchappée de l’enfer du Liban avoue le chemin de croix qu’a été son parcours. Ces jeunes femmes ont peur et ont honte ; et il leur faut plusieurs jours voire des semaines de réflexions pour oser franchir le pas de ce qu’elles pensent des «aveux».
Elles ont été souillées dans leur dignité humaine, elles se culpabilisent d’un état de saleté pour avoir été salies.
Journée de la Femme, naturellement ces victimes, mortes dans l’exercice de leur emploi, violentées dans leur dignité de femme, et celles qui résistent en des lieux d’horreur faute de pouvoir faire autrement interpellent.
On est un peu sidéré d’apprendre le Liban théâtre de ces traitements inhumains simplement. A l’évidence, à partir de ces cas on ne peut conclure à une généralité, mais les cas se répètent avec des variantes plus atroces les unes que les autres. L’image d’un Liban d’une culture élevée pleine de raffinement s’estompe. Il se déroule dans les foyers des comportements esclavagistes sauvages où l’on traite le personnel domestique comme des bêtes, corvéable à merci, jusqu’à le soumettre sexuellement au maître. Une culture primitive, en somme.
Les ONG et autres associations droitdelhommistes dénoncent l’absence de mesures officielles pour stopper l’hémorragie. Elles ont sans doute raison de vouloir secouer les pouvoirs publics ; mais dans leurs ramifications qui couvrent la planète, elles possèdent sûrement des antennes au Liban. Il n’y a pas offense à interpeler les pouvoirs publics sur l’inefficacité des actions qu’ils ont entreprises à Beyrouth tant par le consul que par les missions que l’on y a dépêchées.
Les cérémonies pour célébrer la Journée internationale de la femme trouvent ici leurs limites, les pouvoirs qui se succèdent montent en spectacle leur émotion soit pour rapatrier les victimes soit en accourant aux chevets des malades rapatriées ; et ce, en ameutant les médias. La « traite » d’esclaves se poursuit pourtant sans que les gouvernants ne pensent exiger de ceux qui tirent profit de cette filière, des engagements garantissant les jeunes filles contre toutes formes d’abus.…
COURRIER DE MADAGASCAR
« Ultimatum ite »...chronique ?
09/03/2010« Ultimatum ite », voilà un néologisme qui ne manquera pas de choquer ou de révolter les puristes. Pourtant, force est de trouver un mot pour illustrer ce que tous les Malgaches, du citoyen lambda au président de la Haute Autorité de la Transition, ont vécu, depuis cette crise qui perdure depuis un an.
Déjà en décembre 2008, le président déchu, Marc Ravalomanana avait vécu l'ultimatum lancé par le maire de Tana, Andry Rajoelina et propriétaire de la chaîne audiovisuelle Viva et l'on vit actuellement la suite (…)
L'année 2009, la HAT, le pouvoir de fait, n'a eu de cesse à jouer les pompiers pour éteindre les avertissements, les mises en garde et autres ultimatums de la part des contestataires tant nationaux que de la communauté internationale qui n'a pas hésité de brandir l'épée de Damoclès des sanctions (…) Toutefois, cahin-caha, le pouvoir a su trouver des solutions souvent ponctuelles aux diverses revendications, soit par la force, soit par usure ou par des pseudo-concessions, pour ne citer que les accords de Maputo et Addis-Abeba.
Quoiqu'il en soit, dès le début de cette année 2010, le terme « ultimatum » semble sur toutes les lèvres de ceux qui exigent quelque chose du pouvoir HAT. A preuve, et la liste n'est point exhaustive, tous ces ultimatums lancés par les médecins et paramédicaux ; ceux des gendarmes de la Force d'intervention du Fort Duchesne, des enseignants chercheurs du SECES ; sans oublier les universitaires qui réclament une hausse de leur bourse d'études ou encore ceux de l'ENS… Même la Commune urbaine de Tana et les marchands se sont lancés des « ultimatums ».
Force est aussi de constater que jusqu'à maintenant, heureusement, ces ultimatums sont « très élastiques », et qu'il suffit d'un simulacre de volonté de dialoguer pour qu'ils se prolongent ou expirent d'eux-mêmes !
« Ultimatum ite », avons-nous dit ? Oui car c'est devenu une obsession, presque une maladie, de mettre en demeure, d'exiger impérativement - (selon le Robert) - ; sans espoir d'obtenir ce que l'on demande dans le temps imparti. Alors qu'il suffit d'un « petit dialogue face-à-face » et à cœur ouvert pour tout résoudre dans le plus bref délai !
Toutefois, une autre question se pose : « Qui fera le premier pas » ?
LES NOUVELLES
Quelle suite
09/03/2010Quelle suite le conseil de paix et de sécurité accordera-t-il aux événements après l’annulation de la rencontre des quatre chefs de file prévue ce jour dans la capitale éthiopienne et avant le délai fixé par le Groupe international de contact pour le 16 mars ? La question mérite d’être posée en ce sens que les parties réunies lors des différentes négociations à Maputo et à Addis-Abeba ont déjà leurs positions respectives.
En effet, on peut bien croire que cette rencontre qui devait être tenue à partir de ce jour constituait une dernière chance pour les mouvances de trouver un terrain d’entente pour éviter d’une part un Maputo III bis à Addis-Abeba et d’autre part pour exprimer, peut être, la position de l’Union africaine, représentant régional de la communauté internationale en Afrique qui risque d’infliger à Madagascar des sanctions. Mais en vain, les mouvances persistent à maintenir leurs positions.
Il faut néanmoins reconnaître qu’il y a toujours des non-dits au cours de ces différentes négociations pour que les médiateurs sachent le fond du problème. Seules les parties « en conflit » savent pertinemment les bases de la discorde et les solutions à appliquer et les médiateurs ne font que les aider dans ce sens. Et cela pour dire que, peut-être, en organisant un atelier national, le régime actuel cherchait à trouver un terrain d’entente avec les trois mouvances.
Mais les trois mouvances sont claires dans leur position. L’application stricto sensu des accords de Maputo et de l’acte additionnel d’Addis-Abeba. Il n’y aura pas pour elles un éventuel plan B à prévoir au cas où ces engagements ne sont pas tenus par l’une des parties signataires. A moins que les sanctions ne constituent le second choix. Mais, les différentes déclarations émises sur la place de la Légalité ne semblent pas confirmer leur existence en ce sens que les orateurs projettent d’organiser une grande manifestation d’ici quelques jours pour mettre en œuvre ces conventions.
D’autre part, l’atelier national « Teny Ifampierana » a été organisé en présence de quelques centaines d’entités représentant des secteurs diversifiés pour avancer des résolutions. Assemblée constituante en charge de l’adoption de la nouvelle constitution, conférence nationale comme la majorité l’a sollicitée, volonté de mettre en place la commission électorale nationale indépendante, gouvernement d’union nationale pour terminer par des élections crédibles. En gros, c’est ce qu’exigent les clauses de Maputo et d’Addis-Abeba, en plus des questions d’amnistie. Il suffit donc pour les mouvances de fournir un gros effort pour organiser ensemble une conférence nationale pour trouver un consensus sur le plan national. Il serait plus facile pour la communauté internationale de prendre sa décision finale qui, sûrement, passera outre les sanctions.
MADAGASCAR TRIBUNE
La montagne a accouché d’une souris
09/03/2010(...) L’atelier Teny Ifampierana organisé par la Haute autorité de transition (HAT) a donc refermé ses portes à Ivato à la fin de la semaine dernière. Comme toutes les montagnes créées à la HAT pour légitimer le déroulement de tapis rouge devant ses dirigeants, elle a accouché d’une souris. Et de par l’expérience des assises nationales unilatérales organisées par le Professeur Blanche Richard (mars 2009), de la Convention de Panorama II (août 2009) par le Médiateur de la République Monique Andréas, et du pseudo-gouvernement d’union nationale mais en fait unilatérale mis en place par Monja Roindefo (septembre 2009), il n’y a a priori aucune raison pour que cet énième atelier unilatéral à la gloire de Andry Rajoelina apporte une solution à la crise, tant nationalement qu’internationalement. Au risque de radoter, rappelons cette citation de d’Albert Einstein : « La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent ». On peut accuser Einstein de tout, sauf d’être bête ou de ne pas avoir fait d’études supérieures. Tout le monde ne peut pas en dire autant.
Et quand je vois que les deux premières décisions prises par cet atelier d’Ivato étaient de valider la présence d’Andry Rajoelina à la tête de la transition, et celle de Camille Vital à la Primature, je me demande vraiment à quoi servaient tout ce folklore et ces dépenses, pour se retrouver finalement au même point de départ. Le pseudo-débat suivi de vote entre une Assemblée constituante et un Référendum n’est que l’arbre qui cache la forêt. L’unilatéralisme ne réside pas dans l’absence ou la présence de débats, puisqu’apparemment il y en a eu à Ivato, mais dans le fait que le cadre du débat est déjà dès le départ tellement orienté, qu’il a empêché de parler sérieusement des choses essentielles, et de réunir les personnes qui comptent vraiment dans la résolution de crise. Même des membres du fan-club de la HAT se sont offusqués dans la presse de la tournure pré-formatée et dirigiste des évènements à Ivato. Il faut quand même que des gens soient inconscients de la faible qualité de leurs fréquentations pour s’offusquer de ce qui était pourtant prévisible.
D’ailleurs, comment penser que des choses aussi importantes puissent être préparées et organisées en deux semaines (la Conférence a été annoncée le 25 février 2010), et surtout se dérouler en deux jours. Certes, quand on baigne dans une logique hâtive, on ne connait pas le dicton qui dit qu’il faut prendre le temps pour bien faire les choses. Le style naturel est donc le kitoatoa, le maikamaika, le trandra-metaka et le ala-safay, car dans ce genre de choses, l’essentiel pour l’organisateur est de pouvoir pérorer sur le fait que la réunion ait eu lieu, et non sur les résultats. La Convention d’Ivato n’est qu’une stratégie pour tenter d’amadouer le GIC avant l’échéance fatidique du 17 mars. Faut-il alors s’étonner qu’à la vitesse TGV, une délégation se soit rendue à la HAT (bis, je sais…) à Addis-Abeba avec le texte voté à Ivato ? Question : en foi de quoi la HAT espère-t-elle que cette Convention d’Ivato aura plus d’efficacité que la Convention de Panorama II bricolée comme poudre aux yeux juste avant Maputo ?
Il y a deux arguments forts sur lesquels la HAT tente de fonder la légitimité des résolutions de ce texte d’Ivato. Primo, le fait qu’il y ait eu 912 entités participantes. La HAT tente donc d’impressionner les psychologies fragiles avec ce chiffre, qui est en fait plus ridicule qu’autre chose. À part quelques dizaines d’entités de la classe politique ou de la société civile ayant effectivement une réelle envergure, la grande majorité de ce chiffre tient plus du groupuscule que d’organisations ayant une réelle crédibilité. Et ce ramassis de griots n’a pas plus de légitimité à parler au nom du peuple malgache, qu’un ramassis de braillards sur une place publique, même s’ils sont habillés en orange. Secundo, le fait qu’il y a eu un vote. Je ne pense pas que le véritable point de blocage soit le choix entre référendum constitutionnel ou assemblée nationale, pas plus que la couleur de mes chaussettes. Ce qui importe actuellement est de savoir comment l’inclusivité et le consensus seront traduits en actes à partir des Accords de Maputo signés par quatre personnes adultes, mais dont certains sont versatiles.
Au même titre que toute la rédaction, je suis de ceux qui appellent depuis un an au dialogue. Rappelons encore une fois les paroles de Napoléon : « en guerre comme en amour, pour en finir il faut se voir de près ». Et tant que le dialogue de sourds entre les autistes persistera, les dirigeants de la HAT continueront dans leur manie du plaisir solitaire, jusqu’à s’en fouler le poignet. Le Président de la HAT doit donc puiser au fond de lui-même pour avoir la sagesse de se libérer de l’influence des faucons de sa basse-cour, mais l’opposition doit aussi quitter sa posture de fermeture systématique de la porte au dialogue, car comme dit Robert Sabatier, « s’opposer n’est autre que proposer. Une opposition sans proposition n’est que mouvement d’humeur ».(...)
LA GAZETTE DE LA GRANDE ILE
Comment croire en Marc Ravalomanana ?
09/03/2010Marc Ravalomanana et les deux autres mouvances contre Andry Rajoelina ont été pris de court. Ils ne s'attendaient pas du tout que le GIC déciderait d'annuler la réunion d'Addis-Abeba, prévue ce jour, à la suite du refus du président de la HAT d'y participer. La semaine dernière, à l'annonce de cette nouvelle rencontre entre les 4 mouvances dans la capitale éthiopienne que le camp d'en face a toujours refusé, M. Ravalomanana avait pourtant indiqué chez un de nos confrères que les résolutions finales, seraient prises le 10 mars, mercredi prochain.
Les prévisions et les effets d'annonce sont tombés à l'eau. Cela n'empêche pour autant pas le cabinet de relations publiques britannique, Pelham Bell Pottinger (www.pelhambellpottinger.co.uk), qui est devenu le conseiller en communication de Marc Ravalomanana d'agir.
Le lendemain de la déclaration d'Andry Rajoelina à Ivato où ce dernier a déclaré orbi et urbi qu'il ne participerait pas au sommet d'Addis-Abeba, le cabinet envoie un mail contenant une lettre ouverte au président de la Transition.
Cette missive souligne que « la réunion du Groupe de contact international, à Addis-Abeba la semaine prochaine, est une occasion cruciale pour tous ceux qui se soucient de l'avenir de Madagascar de se réunir et parvenir à un accord sur la façon de rétablir le processus démocratique. Votre annonce de refuser de participer à cette réunion est une abrogation de vos responsabilités et une gifle au visage de tous ceux qui croient en la démocratie. Je vous le demande encore aujourd'hui à reconsidérer votre position dans l'intérêt du peuple malgache. Le moment est venu de mettre les intérêts de notre pays en premier. L'Union africaine a menacé de sanctions si vous ne souscrivez pas au processus démocratique d'ici le premier anniversaire de votre coup d'Etat le 17 mars ».
La lettre adressée à Andry Rajoelina souffle le chaud et le froid. L'ancien président Ravalomanana appelle à la fois son jeune tombeur à s'asseoir sur la même table tout en l'accusant de tous les maux, de la suspension de l'éligibilité de Madagascar à l'AGOA avec ses conséquences sur l'industrie textile à l'éventuelle suspension de l'aide de l'Union européenne qui se chiffre à 820 millions de dollars pour la période 2008-2013.
On ne sait cependant si la lettre en question a été effectivement adressée à M. Rajoelina. A priori, la réponse est non. Tout n'est apparemment qu'une affaire de manipulation qui fait partie intégrante de la communication.
Si Marc Ravalomanana était vraiment de bonne foi en interpellant Andry Rajoelina, il aurait dû rendre publique cette lettre le vendredi même, sitôt son envoi à Ambohitsorohitra. En s'adressant aux militants du Magro où il a l'habitude d'intervenir directement par l'intermédiaire du téléphone portable, il ignore superbement le protocole pour critiquer son tombeur de DJ. Dans cette lettre dite adressée à son jeune adversaire, le cabinet britannique de communication du laitier impose cependant un embargo sur la publication de la correspondance jusqu'au 8 mars à 00h01 GMT.
On rappelle que cette lettre ouverte a été diffusée vendredi, le lendemain du refus de M. Rajoelina, et reçue dans notre boîte de réception le même jour à 20h32 (heures malgaches). Le décalage entre l'émission de la lettre et surtout l'embargo est, en tout cas, difficile à expliquer. Sinon que c'est une nouvelle manipulation, considérant au passage les Malgaches et les médias comme des canards sauvages. Car si lettre, il y a eu effectivement, n'importe quel étudiant en communication aurait convaincu l'ancien président de la rendre publique pour servir de moyen de pression, et améliorer l'image d'un ancien chef de l'Etat mal conseillé et mal entouré.
Pour la première fois, par exemple, il accorde une interview exclusive à un journal, l'Express de Madagascar, à qui il fait apparemment confiance. Mais à part sa nouvelle tentative de repentance, qu'est-ce qu'on lit dans cette interview ? Il réitère qu'il y a coup d'Etat à Madagascar tout en soulignant qu'il a donné le pouvoir au plus haut gradé de l'Armée. Qui est le plus haut gardé de l'armée sinon ce dernier?
Après que notre confrère Midi Madagasikara ait annoncé, dans une des précédentes éditions dans le cadre de la sombreuse affaire de 2,5 milliards à la Gendarmerie, que Marc Ravalomanana a reconnu avoir débloqué des fonds à ce sujet, voilà qu'il se rétracte en déclaration que des allocations aux forces de sécurité en 2008 et non en 2009.
Les journalistes sont certes des citoyens à part entière. Et parfois, ils sont emportés par leur propre conviction ou soumis sous la pression de leur patron engagé politiquement. Il n'empêche qu'avec tout ce qu'on a vécu avec les réquisitions, les flagrants délits de mensonges sur l'achat de vaches laitières et le projet terrain de Daewoo, les scandales sur les avions présidentiels, et tant d'autres, comment peut-on encore croire à Marc Ravalomanana, celui qui curieusement, conclut ainsi sa lettre ouverte : « que le peuple malgache décide. Son avenir en dépend » ?


