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    MIDI MADAGASIKARA

    De nouveau le trafic

    23/06/2010

    Cette nouvelle affaire de bois de rose qui a commencé à faire couler beaucoup d’encre risque de faire des vagues. Il s’agit de 1 117 rondins placés dans 15 conteneurs faisant au total un poids de 300 tonnes. De source informée, le bateau qui l’a transporté de Mananara jusqu’à Mutsamudu aux Comores est le Soavina III. La cargaison devait être acheminée en Chine après reconditionnement aux Comores. Le propriétaire des «bois de rose» saisis d’un côté, une délégation composée du ministre de l’Environnement et du ministre des Finances et du Budget de l’autre, ont regagné cette ville portuaire comorienne hier pour régler cette affaire dénoncée par les médias de l’Océan Indien comme un trafic scandaleux de bois précieux de Madagascar.

    Bois de rose ? Le mot est lâché. Oublié pendant quelques semaines, voire quelques mois après la fameuse descente des bailleurs de fonds sur le terrain au début du mois de mars et leur déclaration devant l’ampleur du massacre, voilà que le trafic revient à nouveau sur le tapis comme si toutes les interdictions d’exportation de bois précieux n’avaient aucun sens. « Le trafic de bois précieux est affilié à un réseau très étendu, qui inclut certains de nos dirigeants », a confié récemment le nouveau ministre de l’Environnement, le Gal Herilanto Raveloarison. Une investigation devrait commencer, a-t-il affirmé à cette occasion, pour mettre un terme à ce gaspillage illicite et arrêter les responsables. La question qui se pose est de savoir s’il arrivera à faire revenir les bois précieux, qui sont pour le moment aux Comores, à Madagascar. Mais si c’est le cas, est-ce la meilleure solution ? Il faut savoir que, durant toute l’année 2009, des stocks de bois de rose ont été saisis. Certains ont été acheminés à Antananarivo pour être ré-acheminés à nouveau au port de Toamasina après enquête. Mais ces bois de rose stockés un peu partout n’ont-ils pas fini par être exportés par la suite ? Au profit de qui ? Quoi qu’il en soit, la poursuite du trafic risque de dénuder complètement les régions forestières de notre pays. Certains ne s’embarrassent guère des conséquences écologiques et environnementales du déboisement illicite et de l’exportation trop juteuse pour être abandonnés. Des milliards et des milliards de dollars résultent du trafic mais ils n’ont pas servi au développement. Et ça continue ! A tel point que le Chef du gouvernement en personne s’est déplacé aux Comores pour que cette affaire qui suscite la curiosité des autorités comoriennes soit réglée dans les meilleures conditions.

    L’EXPRESS DE MADAGASCAR

    Les poteaux roses

    23/06/2010

    La route digue est devenue une belle avenue où on peut maintenant circuler sans risque de faire des mauvaises rencontres ou de se faire écraser par des chauffards.

    On doit cette sécurisation à la Commune urbaine de Tana qui a investi quelques centaines de millions d'ariary pour que la lumière soit sur cet axe important. Et la Jirama a fait le reste, réalisant un véritable exploit. Il a fallu moins de quinze jours pour planter 60 poteaux sur quelques kilomètres et mettre des projecteurs.

    Quand on sait qu'on n'a pas pu le faire depuis cinquante ans, il faut saluer cette performance. On n'en voudra pas bien sûr à la Jirama dont ne dépend pas l'initiative. Il suffisait d'un PDS «éclairé» et déterminé, des idées et des fonds pour concrétiser ce dont les usagers et les riverains rêvaient. Mais est-ce vraiment ce qu'il faut ou faut-il absolument passer par les « poteaux roses » pour être servi comme certains le laissent croire ?

    Le fait est que la Jirama ne fait pas souvent preuve de cette même promptitude vis-à-vis de ses abonnés. Combien sont-ils à devoir attendre une éternité pour être branchés, faute de poteaux ou pour d'autres raisons ? La Jirama vient de montrer qu'elle a les possibilités et surtout les moyens d'accélérer les procédures. Et comme qui peut le plus doit pouvoir faire le moins, il n'y a aucune raison pour qu'elle ne puisse pas en faire autant avec les particuliers. C'est du moins l'espoir des milliers de demandeurs de branchement. Mais il faut savoir aussi les limites de la capacité des centrales de la Jirama qui ne permettent pas de satisfaire toutes les demandes.

    En outre, il est difficile de gérer une agglomération comme Tana où l'anarchie complique tout. On se demande à ce propos s'il faut donner un branchement aux constructions illicites au détriment des abonnés « normaux ». Comme la CUA et la Jirama se trouvent aujourd'hui sur la même fréquence, la seconde peut justement appuyer le premier dans sa lutte contre les constructions non autorisées qui pullulent dans la ville au mépris de toute norme urbaine. Cela simplifiera un tant soit peu la tâche de la CUA dans ses efforts colossaux d'assainissement.

    Il faut dire que cette urbanisation sauvage n'offre aucune perspective de développement à la ville. Elle bloque et rend difficile la gestion de l'hygiène dans la capitale où toutes les infrastructures, dont le réseau électrique, sont conçues pour une population dont le nombre date de l'Indépendance. Cinquante ans après la population s'est multipliée par dix alors que les infrastructures sont restées les mêmes, voire se sont détériorées ou ont carrément disparu.

    Il convient ainsi de limiter les dégâts à travers une bonne intelligence. Cela ne coûte pas un sou vaillant pour l'une et l'autre partie étant donné qu'il y a autant sinon plus d'abonnés réguliers que de clients pirates. Et c'est un service à rendre aux bons citoyens, une espèce en voie de disparition qu'il faut de temps en temps mettre en lumière.

    L’EXPRESS DE MADAGASCAR

    Vive les fêtes

    23/06/2010

    Faut-il absolument attendre les fêtes pour se refaire une toilette ? C'est, hélas, la réalité dans la vie de tous les jours que dans la vie de la Nation. Il est logique qu'on veuille donner un éclat resplendissant au cinquantième anniversaire de l'Indépendance, mais il serait mieux d'ériger en règle de conduite le respect de la propreté et des biens publics. C'est le moment où jamais de prouver qu'on peut faire mieux que les colonisateurs qui obligeaient la population à ravaler les murs, à nettoyer les cours pendant les fêtes. Un rituel immuable au point que la population avait oublié de s'occuper de son hygiène pendant les jours ordinaires. Le pli est tel que les jours de fête sont même devenus les plus sales à Tana avec les animations foraines qui envahissent Analakely et qui n'ont rien à voir avec le « Podium » des années 60 et la kermesse du PSD à Antanimbarinandriana.

    Il a fallu que la commune urbaine de Tana clôture les jardins à Mahamasina et Analakely pour empêcher à la fois la tenue de tourniquet et bonneteau sur l'avenue de l'Indépendance et permettre la remise en état de ces endroits de repos devenus le palace des indigents qui y sèchent leur linge, à la veille de l'inauguration de l'Hôtel de ville qui renaît de ses cendres.

    La Fête nationale constitue un bon prétexte pour remettre la ville en état et dégager ces détritus qui la polluent sans commettre un crime contre l'humanité. Il suffit d'un manque de rigueur, d'un laisser-aller pour que la mauvaise habitude s'installe, pour que certains prennent l'avenue de l'Indépendance comme leur lopin pour divers besoins.

    On espère que les gargotes de fortune, les manèges d'un autre temps, les kartings d'une autre époque, les différents jeux interdits, les débits d'alcool informels feront désormais partie des souvenirs d'une transition mise à profit par les hors-la-loi de tout acabit.

    Il faut certainement exiger des installations qui respectent les normes sécuritaires pour éviter l'hécatombe un jour concernant les manèges et autres attractions qui sont souvent faits de bric et de broc. Cela constituera déjà un tri pour limiter les dégâts. Il ne faut pas laisser les gens n'en faire qu'à leur tête sous prétexte que les fêtes sont une occasion pour les pauvres de mettre du beurre dans leurs épinards ou dans un objectif électoraliste.

    La CUA est en train de faire de gros efforts pour retaper la ville de part en part. Il semble que c'est une initiative durable et non pas prise à l'occasion des fêtes.

    Ces travaux seront tout à fait vains si la population ne sent même pas leur utilité comme c'est souvent le cas. S'il faut ainsi que tous les jours soient un jour de fête pour garder la ville propre et coquette, la 4ème République pourrait être celle des jours fériés. On trouvera bien un prétexte à chaque jour pour décréter une fête. Le 17 mars, le 13 mai, l'anniversaire du Président, du Premier ministre, des ministres et des membres de la HAT...

    COURRIER DE MADAGASCAR

    Jouir…et se faire dépouiller

    23/06/2010

    Au moment où une partie de la population citadine entame sa thérapie festive pour se laisser bercer par les spectacles divers que les gouvernants lui proposent, les trafiquants de bois de rose poursuivent leurs besognes. Des conteneurs de ce bois précieux sont arrivés aux Comores. Et ce, après que l'on clame du côté des autorités que toutes coupes, transports et exportations de bois précieux sont interdits. Task force, forces mixtes de l'ordre, nouveau ministre, ateliers et descentes sur sites, rien n'y fit. Les médecins après la mort accourent. La dilapidation de nos richesses faunistiques, floristiques et forestières continue de plus belle.

    Pendant ce temps, les forces de l'ordre préviennent et avertissent de sévir énergiquement contre les trouble- fête, contre les empêcheurs de tourner en rond dans la capitale. Aucune tolérance à l'égard de quiconque qui porte la main sur des éléments des forces de l'ordre. Aucun répit et sans quartier contre ceux qui menacent l'ordre festif du Cinquantenaire de l'Indépendance. On sait à qui ces avertissements et menaces s'adressent. Gare à ceux qui tenteraient des attroupements ou des marches… sans avoir été autorisés. Fussent-ils religieux ! Il faut laisser le Malgache, le citoyen de Madagascar, jouir et entrer dans l'extase des manifestations et spectacles cadeaux du pouvoir à l'occasion de ce Cinquantenaire.

    L'éclairage public de la route digue, projet de Marc Ravalomanana lui aussi, est concrétisé par le PDS Edgard Razafindravah. Eclairage à double foyer qui bénéficiera aussi bien aux véhicules qu'aux piétons.

    Espérons que les fils électriques qui sont aériens ne soient pas la cible des voleurs comme ce fut le cas des kilomètres de fil électrique jusqu'ici dans les quartiers et qui sont partis dans les poches des trafiquants. Les techniques de mise sous terre des fils électriques ne nous conviennent-elles pas ? Au moins pour rendre difficiles les vols !

    MADAGASCAR MATIN

    Quelle politique de développement?

    23/06/2010

    Les théories économiques naissent, se développent avant de s’estomper au profit d’une autre jugée plus efficace et plus efficiente. Et le cours de la vie humaine, du moins dans sa période dite moderne, s’est déroulée ainsi… jusqu’à ce millénaire dans lequel se débattent les presque 6 milliards de Terriens.

    Avec 20 millions d’âmes, la Grande Ile n’est qu’une simple goutte d’eau vis-à-vis d’autres nations à la démographie super-galopante. Cela ne signifie pour autant pas que la civilisation de ce côté sud-ouest de l’Océan Indien ne compte que pour des nèfles. Tout au contraire, le sort de ce peuple jadis vivant heureux dans son insularité, n’a cessé de préoccuper les puissances exogènes. La parenthèse de la colonisation exclue, des courants civilisateurs ont toujours soufflé sur l’île-continent. Une contrée jadis également réputée pour sa richesse extraordinaire aujourd’hui dilapidée pour des raisons tout aussi diversifiées qu’éloignées les unes des autres. D’une part, c’est la poussée anthropique naturelle via la pratique agricole ancestrale. En effet, pour nourrir une population de plus en plus nombreuse, acheter quelques animaux et s’approprier l’espace, les pratiques ancestrales d’exploitation de la forêt sont mises en œuvre. A la hache et au feu, la forêt est abattue, brûlée et le maïs, par exemple, semé. Les récoltes sont abondantes les premières années. Mais très vite, le sol s’épuise. Les rendements baissent. Le champ est abandonné. On s’installe ailleurs.

    Actuellement, le système de culture à coût écologique encore plus énorme n’est point reproductible. Il est donc temps que les politiques et les techniciens offrent aux populations rurales les moyens et les techniques leur permettant d’assurer la pérennité de leur exploitation et sauvegarder ainsi de larges surfaces forestières. L’enjeu écologique et économique est trop important pour le sous-estimer. La disparition de nombreuses étendues forestières plaident en faveur d’une politique prenant en compte ces différents critères, au risque de disparaître économiquement. Un autre préjudice, qui ne vaut pas la peine qu’on l’évoque au vu et au su de tous les autres sous lesquels s’est pliée cette nation bénie des dieux, au milieu des richesses qu’elle n’a pas su exploiter à son bénéfice.

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