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    Le ministre Augustin Andriamananoro, vice-président du parti gouvernemental TGV

    Augustin Andriamananoro : « Le parti d’Andry Rajoelina n’est pas sûr d’avoir la majorité aux élections »

    Par Joël Sylvain Rasamoely | 06/01/2010

    (Mada) Le ministre des Télécommunications Augustin Andriamananoro reconnaît aujourd’hui dans les colonnes de l’Express de Madagascar que le parti gouvernemental TGV n’est pas sûr d’avoir la majorité aux prochaines élections législatives.

    En tant que vice-président du parti du Président Andry Rajoelina, le membre du gouvernement déclare à ce propos : «Nous prenons des risques avec les élections. Rien ne garantit que nous remportions ces scrutins. Ne croyez pas que les trois mouvances ont déclaré forfait d’elles-mêmes. C’est le peuple qui choisit. Ne croyez pas que les gens n’aiment pas l’ancien Président, qu’ils détestent les anciens députés. Ce n’est pas sûr. Tout le monde prend des risques, ne croyez pas que tout est gagné d’avance. Je vous le dis en tant que vice-président national du TGV. Je connais les difficultés auxquelles nous faisons face, compte tenu de la jeunesse de notre parti ».

    Dans ce contexte, Andriamananoro s’étonne que les trois mouvances politiques de l’opposition, dirigées par Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Albert Zafy, laissent entendre qu’elles vont boycotter les législatives du 20 mars prochain. En conséquence, ils ne participeront pas à l’atelier national de préparation des élections de deux jours qui s’ouvre ce matin au centre des conférences internationales d’Ivato.

    A cet atelier national la société civile, les partis politiques et des représentants de la communauté internationale partenaires de Madagascar, sont invités. Mais, selon le ministre, « les principaux concernés seront évidemment les partis politiques, parce que l’atelier consistera à leur faire connaître les règles du jeu électoral et à recueillir leurs propositions. Puisque la loi électorale qui va régir leurs activités sera discutée au cours de cette rencontre, ils doivent être partie prenante ».

    Andriamananoro ne remet pas en cause la légitimité de la réunion d’Ivato que les trois mouvances de l’opposition et une partie de la société civile ont déjà annoncé vouloir boycotter. Ses propos à ce sujet sont ainsi rapportés par l’Express de Madagascar: « Pensez-vous que trois mouvances, donc trois partis politiques, puissent remettre en cause la légitimité d’une réunion à laquelle vont participer au moins les 44 partis politiques des forces du changement ? Nous sommes trop focalisés sur les accords de Maputo, alors que le partage décidé par ces accords est complètement injuste. Pensez-vous que le parti de Zafy représente 25% de la population ? Avec la configuration actuelle, nous rendons le pouvoir au peuple pour revenir à la représentativité qu’il souhaite, pas à ce partage en quatre mouvances, décidé à Maputo, qui est tout à fait injuste et difficile à accepter ».

    Le ministre poursuit : « Les trois mouvances ont tout à fait le droit de ne pas participer à cette réunion, nous ne pouvons leur en tenir rigueur. Mais, nous n’excluons personne, ce sont eux qui s’excluent d’eux-mêmes. Nous les avons invités, mais ils ne veulent pas venir. C’est réellement dommage. On revient aux mêmes pratiques qu’avant. Ce serait pourtant un grand pas vers la démocratie si les anciens députés comprenaient que quand on représente le peuple, on ne descend pas dans la rue, on est acteur du changement ».

    L’entretien accordé par le ministre au journal malgache permet par ailleurs de mieux connaître le choix gouvernemental à propos de l’organisation des prochaines législatives. Ainsi, en croire Andriamananoro, ces élections seront libres et transparentes. C’est que, cette fois, il y aura la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Ainsi, pour ce qui est des opérations électorales proprement dites, pour ne citer que l’acheminement des résultats ou encore la surveillance du scrutin, par exemple, tout cela devrait relever des compétences de la CENI.

    Par ailleurs, le recensement de la population sur la base duquel sera établie la liste électorale, est assuré par les fokontany (communautés de base). A ce sujet, le ministre indique : « Ne croyez pas que, puisque c’est un travail administratif, le gouvernement soit forcément impliqué. Ce sont les chefs de fokontany qui font le travail de base. Or, la plupart de ces derniers sont issus de l’ancien parti au pouvoir ».Et de préciser : « Le gouvernement n’intervient en rien dans l’organisation des élections. Mais, il ne faut pas oublier qu’il y a certaines responsabilités que l’État doit toujours assumer. Ce sont les actes et les travaux purement administratifs. Il y a aussi un rôle de facilitation que doit jouer le gouvernement, en matière de finances et en termes de logistique ».

    Enfin, le ministre Andriamananoro évoque le processus électoral qui sera suivi par le gouvernement. « Après les élections législatives, dit-il, il devrait y avoir une élection présidentielle. Ainsi, les Malgaches auront un président élu lorsque nous célébrerons le cinquantième anniversaire de l’Indépendance. Comme ça, toute la Communauté internationale sera présente à cette cérémonie. Entre les deux élections, il doit encore y avoir un référendum constitutionnel. Idéalement, c’est le peuple qui devrait choisir la Constitution, par voie référendaire. L’Assemblée constituante devrait juste élaborer la Constitution qui sera ensuite soumise au peuple. Il ne faut pas que le Parlement soit à la fois juge et partie. Cela nous économisera surtout une conférence nationale. Je n’ai rien contre la conférence nationale, au contraire. Mais les Parlementaires représentent déjà le peuple et peuvent parler en son nom. C’est beaucoup plus efficace et beaucoup moins onéreux ».

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