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    L'aveu de corruption de l'ex-président Ravalomanana sème la zizanie au sein de la gendarmerie nationale

    par Joël Sylvain Rasamoely | 10/03/2009

    (Mada) Rebondissement inattendu dans l’affaire du présumé fonds de 500 millions d’ariary qui aurait été versé par l'ancien président Marc Ravalomanana, aux éléments de la gendarmerie nationale, en pleine crise politique en mars 2009. C’est que, le général Viennot Zafera, commandant de la Force d’intervention de la gendarmerie nationale (FIGN), a démissionné de son poste hier matin.

    L’annonce de cette démission a été effectuée par l’intéressé aux éléments placés sous son commandement au cours d’un rassemblement dans la cour de la caserne de Fort-Duchesne. « Je démissionne, a-t-il dit en substance, même si je ne suis pas responsable direct de ce qui se passe ».

    Comme on le sait, des éléments des FIGN réclament la lumière sur cette affaire d’allocation illicite depuis le mois d’avril 2009. Ils réclament en même temps leur part du gâteau. Ces derniers temps, la réclamation de la FIGN s’est faite de plus en plus pressante. Ce qui a entraîné la création d’une commission spéciale dirigée par le BIANCO pour enquêter sur cette affaire.

    Il y a quelques jours, l’ancien président Marc Ravalomanana a lui-même annoncé au cours d’une intervention téléphonique à ses partisans, réunis en meeting au Magro d’Ankorondrano , avoir offert une somme importante aux forces de l’ordre. Pas uniquement aux gendarmes, mais aussi aux policiers et aux militaires. Depuis cette révélation, la caserne de la FIGN à Fort-Duchesne est en ébullition.

    Depuis cette semaine, les éléments de la FIGN exigent la tête du général Bruno Razafindrakoto, commandant de la gendarmerie nationale, qu'ils soupçonnent d'avoir touché l'argent à leur insu. Mais, leur intransigeance se heurte à un refus catégorique de ce dernier.

    Le général Viennot Zafera a évoqué hier une crise qui atteint son paroxysme pour justifier sa démission. «Il n'y a plus de solution à la situation actuelle, a-t-il avancé. C'est pourquoi j'ai décidé de démissionner. Cette décision pourrait être la meilleure pour le pays. J'espère qu'il y aura une suite logique à ma décision». Par son geste, le général Zafera escompte, en fait, une réaction en cascade après son départ volontaire. Ainsi, à part le retrait du général Bruno Razafindrakoto, il estime logique la démission du général Noël Rakotonandrasana et celle du général Claude Ravelomanana, respectivement ministre des Forces armées et secrétaire d'État à la Gendarmerie.

    Dans l'après-midi d’hier, le Premier ministre Camille Vital est entré en scène pour tenter de désamorcer la crise qui couve. Il a réuni au palais de Mahazoarivo une soixantaine de hauts responsables et hauts gradés de la gendarmerie nationale, à l'exception du général Bruno Razafindrakoto, représenté par son premier adjoint, le général Manankay. Des résolutions ont été adoptées à l'issue de la rencontre mais celles-ci ne seront communiquées qu'aujourd'hui, selon la Primature.

    Le Courrier de Madagascar croit savoir que le chef du gouvernement a essayé de remettre de l'ordre dans ce secteur durement secoué par cette affaire de « milliards de Ravalomanana » et qui ternit considérablement l'image des forces armées mais également celle du régime. Il précise en outre que, depuis quelques jours, la Force d'intervention de la gendarmerie nationale de Fort Duchesne est entrée en quasi-mutinerie pour réclamer plus de transparence sur cette affaire. Tout en précisant que le commandant de la FIGN démissionnaire n'a eu de cesse de déclarer qu'il n'a nullement l'objectif de renverser le régime de fait.

    D’après l’Express de Madagascar de ce jour, le général Claude Ravelomanana a claironné à l’issue de la réunion, une «solidarité retrouvée au sein de la Gendarmerie ». Le quotidien rapporte que, selon certaines indiscrétions, les participants à la réunion auraient décidé de maintenir à son poste le commandant de la FIGN. Et le chef du gouvernement aurait garanti la poursuite de l'enquête sur la présumée donation.

    Quid de la position des éléments de la FIGN de Fort-Duchesne ? A en croire le même journal, les éléments de la FIGN ne fléchissent pas, malgré la décision de leur supérieur . «Nous maintenons notre revendication jusqu'à la démission du général Bruno Razafindrakoto», a insisté le colonel Raymond Andrianjafy, chef de service des opérations (OPS). Dans la foulée, le colonel Jaonary soulève la possibilité de mise à l'écart du commandant de la Gendarmerie «car il fait l'objet d'une enquête ».

    Commentant cette affaire, Actumada écrit pour sa part : « Pour ceux qui ont nourri le vœu de voir une mutinerie éclater à la FIGN, ils doivent à nouveau déchanter parce que ceci n’aurait plus lieu suite à cette démission du chef de la fronde, qui d’ailleurs n’a cessé de marteler que le mouvement à la FIGN n’a pas pour objectif de renverser Andry Rajoelina, qu’ils ont eux-mêmes aidé à installer au pouvoir ». Et ce site d’information proche du Président Andry Rajoelina d’ajouter : « Il est fort déplorable que tous ces problèmes au sein de la FIGN ont eu comme source la corruption de l’ancien Président Ravalomanana, dont il a lui-même fait l’aveu, il y a quelques jours déjà. Et c’est bien dommage que des officiers supérieurs se retrouvent à réclamer la couleur de cet argent, au lieu de condamner l’acte en soi-même qui ternit fortement l’image des hommes en treillis. Et n’ont pas pu se rendre compte que tardivement que leurs attitudes ont été à l’origine de cette grave division qui menace actuellement la gendarmerie nationale ».

    Il faut dire que cette affaire dont Marc Ravalomanana est à l’origine, sème la zizanie au sein des forces armées en général et de la gendarmerie nationale en particulier. C’est sans doute l’objectif que celui-ci recherche aujourd’hui après avoir constaté que sa donation n’a pas porté les fruits qu’il escomptait. Quoi qu’il en soit, des voix s’élèvent maintenant pour critiquer les procédés de l’ancien président de la République. Ainsi, l’un des trois généraux à qui Ravalomanana a remis en mars 2009 son pouvoir dans le cadre d’un directoire militaire, en l’occurrence le général Rabarisoa Ranto Anjoanina qui est par ailleurs vice-président du Conseil militaire de la défense nationale (CMDN), a indiqué que la déclaration faite par Marc Ravalomanana au Magro, concernant l'octroi d'argent aux éléments des forces armées malgaches constitue un aveu de corruption. « Cet aveu, précise-t-il, mérite une poursuite pour corruption. Il s'agit d'un aveu de corruption, fait volontairement et en public. S'il y a des personnes à poursuivre judiciairement, c'est lui. En matière de corruption, il y a à la fois des poursuites contre la personne qui a reçu et la personne qui a donné. Marc Ravalomanana affirme solennellement avoir donné. Il est clair maintenant qu'il devrait être poursuivi et passé devant le tribunal pour aveu de corruption".Et d'ajouter:" D'après le manque de précision dans sa déclaration, il semble que tout le monde à reçu des pots de vin, même les simples soldats. De toute façon, lesquelles des personnes de son régime n'ont pas reçu d'argent, soit pour se taire, soit pour lui obéir ? ».

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