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  • SORTIE DE CRISE

    Rajoelina met fin à la médiation internationale et met en place une assemblée constituante

    Par Joël Sylvain Rasamoely | 17/12/2009

    (Mada) Andry Rajoelina a annoncé hier soir, au cours d’une émission spéciale radiotélévisée, l’organisation de l’élection législative le 20 mars prochain afin d’élire les députés qui formeront une assemblée constituante. C‘est que, ceux-ci seront amenés au cours de leur mandat de cinq ans à adopter la Constitution de la quatrième République qui sera auparavant débattue à la conférence nationale. Par ailleurs, le futur premier ministre sera proposé par la majorité qui se dégagera à la future assemblée. « Ainsi, estime l’homme fort du pays, la nomination du chef du gouvernement ne suscitera plus des polémiques ».

    Pour le moment, les ministres actuels restent en place jusqu’aux législatives car « c’est aberrant de changer de gouvernement pour une courte période de trois mois ». Toutefois, pour rassurer l’opinion, le président de la transition a indiqué que le gouvernement s’abstiendra de signer des accords internationaux qui engageront les futurs dirigeants issus du scrutin du 20 mars. Celui-ci se contentera désormais d’expédier les affaires courantes et de s’atteler à l’organisation des prochaines élections.

    Le président de la transition a en outre indiqué que l’organisation de ce premier scrutin reflétera déjà ce qu’il souhaite mettre en place afin d’organiser des élections crédibles à Madagascar. Ainsi, le gouvernement n’organisera pas les prochaines législatives. Cette tâche sera confiée à une commission électorale indépendante. Et le ministère de l’Intérieur jouera uniquement un rôle de facilitateur.

    Pendant la campagne électorale, tous les candidats, quel que soit leur appartenance politique, auront accès à la radio et la télévision nationales où ils auront les mêmes temps d’antenne. En choisissant la voie des urnes, Andry Rajoelina met fin à la médiation internationale A son avis, celle-ci a montré ses limites. « Après huit mois d’intenses négociations, la médiation menée par nos partenaires étrangers que je remercie, se solde par un échec. En tant que premier dirigeant du pays, j’ai donc dû prendre les décisions qui s’imposent ».

    En décidant la tenue d’une élection dans un bref délai, Andry Rajoelina entend convaincre la communauté internationale qu’il a opté pour un retour rapide à l'ordre constitutionnel . Il espère ainsi obtenir le soutien des partenaires traditionnels de la Grande Ile dans sa démarche. « Mais, a-t-il précisé, je ne demande pas à la communauté internationale un soutien financier. La prochaine élection sera entièrement financée par le budget de l’Etat ». Cette démarche s’avère appropriée car une demande éventuelle de crédits auprès des bailleurs de fonds étrangers risque, par les temps qui courent, d’essuyer un refus.

    Par ailleurs, pour certains observateurs, la réunion de haut niveau du Groupe international de contact (GIC) n’est pas annulée, elle est reportée. Ils soulignent que l’Union africaine, qui assurera la présidence de cette réunion sur la crise malgache, a fait savoir dans un communiqué que les délégations des quatre mouvances malgaches et le GIC se retrouveront à la première semaine du mois de janvier 2010. Et de rappeler que la tenue de ce rendez-vous s’inscrit toujours dans le cadre de la mise en application des Accords de Maputo et de l’Acte Additionnel d’Addis-Abeba en vue de la mise en place des institutions de la transition consensuelle et inclusive.

    Reste à savoir, comment agiront-ils les membres des mouvances Ravalomanana, Ratsiraka et Zafy ? Ceux-ci se voient désormais imposer une décision prise unilatéralement par la mouvance Rajoelina alors qu’ils restent attacher à la mise en place d’une transition consensuelle et inclusive. En outre, ils sont maintenant écartés de la direction de la transition.

    A ce sujet, Midi Madagasikara écrit ce matin : « Ces derniers jours, les propos tenus par les partisans d’Andry Rajoelina laissent croire qu’il est désormais hors de question de poursuivre le processus menant vers une transition consensuelle, inclusive et neutre. Autrement dit, Andry Rajoelina retrouve son titre de président de la HAT et les nominations faites lors du Sommet d’Addis-Abeba et de la réunion du 6 octobre sont devenues caduques».

    Dans ce contexte, Andry Rajoelina a tenu une fois encore à rassurer l’opinion en précisant que tous les hommes politiques, qu’ils soient au pays ou en exil à l’extérieur, peuvent se présenter aux élections du 20 mars. « Les formations politiques, a-t-il ajouté, devraient participer aux élections, ainsi c’est le peuple souverain qui décidera de la place qu’elles occuperont sur l’échiquier politique ».

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