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SORTIE DE CRISE

Rencontre entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana (photo d’archives)
La réunion prévue en Afrique du Sud n’est pas compromise malgré son report
Par Joël Sylvain Rasamoely | 20/04/2010(Mada) La situation politique qui prévaut à Madagascar ne met pas en péril la tenue de la rencontre qui est prévue dans quelques jours en Afrique du Sud entre le Président Andry Rajoelina et son prédécesseur Marc Ravalomanana, afin de trouver une solution réaliste à la crise malgache. Telle est l’impression qui se dégage après la tentative avortée de coup d’Etat prévu par des militaires et des réservistes dans la nuit du dimanche à lundi. Et ce, malgré le fait que la date de ladite réunion ait, paraît-il, été reportée du 25 au 28 de ce mois.
Il faut dire que les premiers éléments de l’enquête ont établi que l’ancien président Ravalomanana, en exil en Afrique du Sud, pourrait être le commanditaire de ce dernier coup de force. Selon les aveux faits par quelques uns des comploteurs au moment de leur arrestation, en présence des journalistes, l’opération consistait à prendre en assaut, en premier lieu, le Palais de la Primature à Mahazoarivo, puis le Palais présidentiel d’Ambohitsorohitra et, après, celui d’Iavoloha avant que les militaires et les réservistes séditieux ne débarquent à la résidence d’Ambatobe du Président Rajoelina. Ces aveux ont en outre établi que, si le besoin s’avérait incontournable, ordre aurait été déjà donné à ces comploteurs d’assassiner le Président Andry Rajoelina et le Premier ministre Camille Vital.
Dès hier, des voix se sont donc élevées pour que le Président Rajoelina n’aille pas en Afrique du Sud afin d’y rencontrer son prédécesseur. La situation actuelle rappelle étrangement celle de l’année dernière lorsque des voix se sont également élevées pour conseiller au président de la Haute autorité de la transition (HAT) à ne pas engager des discussions à Addis-Abeba avec Ravalomanana, à la suite d’une affaire « fumante et croustillante » dont le camp de ce dernier serait l’auteur. Une situation qu’un éditorialiste rappelle ce matin avec ironie en écrivant : «Avec un air de vierge effarouchée, le hâtif-en-chef annonce son refus d’aller à Addis-Abeba, parce que [selon lui] on ne se met pas à table avec des terroristes. Sapristi, comme si c’était un honneur de se mettre à table avec un putschiste ».
Quoi qu’il en soit, une voix autorisée au Palais d’Etat d’Ambohitsorohitra a confié : «Le président Andry Rajoelina se rendra en Afrique du Sud. Il est déterminé à participer à la réunion afin de chercher une solution à la crise».
Pour sa part, l'ancien président Marc Ravalomanana a démenti dans un communiqué paru hier son implication dans une présumée tentative avortée de coup d'État. «Je reste partisan d'une solution démocratique, a-t-il affirmé. Les rumeurs suggérant le contraire sont totalement fausses et penser le contraire à des fins politiques est potentiellement cynique et déstabilisateur». Notons que lors du meeting des partisans de l’ancien chef d’Etat, hier au Magro de Tanjombato, les différents intervenants ont qualifié le coup d'Etat annoncé par les autorités de cinéma.
Malgré le contexte politique explosif, les camps Rajoelina et Ravalomanana montrent donc leur détermination à aller de l'avant Mais, la réunion prévue se tenir le 25 avril entre eux est ajournée. Selon des sources proches du dossier, la rencontre qui doit se tenir en Afrique du Sud est reportée au 28 avril, même si rien n'est encore officialisé. Il s’agit là d’un second changement de date car, au début, cette dernière devait se tenir le 24 avril. Par ailleurs, un temps annoncé à Johannesburg, le rendez-vous censé rechercher et trouver une issue à la crise politique à Madagascar, pourrait se tenir finalement à Pretoria, sauf changement de dernière minute.
A ce sujet, l’Express de Madagascar de ce jour précise que des confidences expliquent ce report par un problème de logistique. «Il n'a rien à voir avec la série d'arrestations effectuée depuis dimanche», insiste auprès du quotidien une source au courant du dossier. Celle-ci fait allusion au coup de filet contre certains officiers proches de Ravalomanana, dans le cadre de la tentative avortée de coup d'État. Mais, le journal estime que, quelle que soit la raison du report, celui-ci risque de provoquer une pression supplémentaire dans la recherche d'une voie négociée à la crise. L'ajournement n'accorde que 48 heures avant l'expiration du délai fixé par les Forces armées aux dirigeants de la Haute autorité de la transition (HAT) pour présenter une feuille de route claire et vérifiable.
Pour un diplomate en poste à Antananarivo, l’essentiel est que la réunion en Afrique du Sud où se retrouveront les principaux protagonistes de la crise malgache, soit maintenue. Et que, ceux-ci gardent le cap.


