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UN AN APRES

Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina
La démission de Marc Ravalomanana et l’accession au pouvoir d’Andry Rajoelina suscitent toujours des controverses
par Joël Sylvain Rasamoely | 17/03/2009(Mada) (Mada) Il y a un an aujourd’hui, Marc Ravalomanana a remis officiellement sa démission du poste de Président de la République et a transféré les pleins pouvoirs à un directoire militaire composé des plus hauts gradés des forces armées malgaches.
Il y a également un an aujourd’hui, le directoire militaire ainsi constitué a remis à son tour les pleins pouvoirs au meneur du mouvement de contestation du régime alors en place, en l’occurrence Andry Rajoelina.
Un an après le déroulement des faits, ce double anniversaire suscite toujours des controverses voire des polémiques.
C’est que, lors de ces passations successives, l’ancien chef de l’Etat a officiellement violé la Constitution de la troisième République. Selon les dispositions constitutionnelles, Ravalomanana aurait dû donner le pouvoir au président du Sénat, Yvan Randriasandratriniony. D’autant plus que la formation d’un directoire militaire n’est prévue par aucun texte légal. Il s’agit donc bel et bien d’un changement de pouvoir anticonstitutionnel.
Par ailleurs, le transfert du pouvoir à Andry Rajoelina s’est également passé dans le flou constitutionnel. D’aucuns ont indiqué que le directoire militaire n'avait pas qualité pour transférer les pleins pouvoirs à Andry Rajoelina qui n'avait pas non plus qualité pour les recevoir, dans la mesure où la Haute autorité de la Transition (HAT) dont il a mis en place pour gouverner le pays, n'était pas une institution légale, encore moins prévue par la Constitution. Il s’agit donc également d’un autre changement de pouvoir anticonstitutionnel.
C’est dire que les deux passations auraient dû être frappées de nullité. Mais, la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) en a décidé autrement. Celle-ci les a entérinées.
Quoi qu’il en soit, la communauté internationale a estimé que le Président Andry Rajoelina a fomenté un coup d’Etat pour accéder au pouvoir. De ce fait, elle n’a pas reconnu depuis un an son régime. L’intéressé a toujours nié cette accusation. En mettant en exergue le fait qu’il a reçu le pouvoir sans l’avoir obtenu par la force.
C’est le comportement le 17 mars 2009 des militaires du camp CAPSAT de Soanierana qui soutenaient les milliers des contestataires du régime de Ravalomanana, qui a surtout incité la communauté internationale à maintenir son accusation vis à vis d’Andry Rajoelina. En fait, dans l'après-midi de cette journée du 17 mars, lorsque quelques membres du corps diplomatique, allaient constater et prendre acte de la démission de Ravalomanana à l'Episcopat d’Antanimena, les forces armées du CAPSAT, menées par le commandant Charles Andrianasoavina, ont vivement contesté le transfert du pouvoir à un directoire militaire. Ces dernières ont brandi leurs armes pour montrer leur mécontentement. Elles ont par la suite emmené à leur camp les trois membres du directoire militaire présents, en l’occurrence le vice-amiral Hyppolite Ramaroson, le général de division Lanto Rabarisoa et le général de division Rivo Razafindralambo. Dans la soirée, ces derniers ont affirmé publiquement que les plus hauts gradés de l'armée ne voulaient pas garder le pouvoir et confiaient celui-ci à Andry Rajoelina. « Nous le donnons de plein gré sans contrainte aucune » avaient-ils dit.
Mais, pour les partisans de Marc Ravalomanana et les membres du corps diplomatique, les hauts gradés de l'armée ont été conduits de force depuis l'Episcopat d’Antanimena jusqu'au camp CAPSAT, pour transférer le pouvoir à Andry Rajoelina.
Depuis, Marc Ravalomanana orchestre de l’étranger une campagne de dénigrement de son successeur , au niveau international. Ainsi, Ravalomanana est allé jusqu’à contester son acte de transfert du plein pouvoir au directoire militaire et affirme n'avoir jamais démissionné. Depuis son exil en terre sud-africaine, il indique avoir été contraint par les armes, sans avoir précisé de quelles armes et par qui. Soulignons que cette thèse a été réfutée dans la presse par un témoin oculaire, en l’occurrence l’ambassadeur américain Niels Marquartd. De plus, l’ancien chef d’Etat s'est enfui bien avant que l'armée ne vienne prendre le palais d'Etat d'Iavoloha. Avant son départ, Marc Ravalomanana a été protégé par un bouclier humain au palais présidentiel. Ce qui y empêchait toute intrusion de ses opposants, civils ou militaires.
Il faut dire que, depuis un an, le Président Rajoelina n’a pas réussi à contrecarrer la campagne de dénigrement menée par son prédécesseur. Il n’a pas pu, non plus, rallier la communauté internationale à son point de vue. Cette situation le pousse aujourd’hui à opter pour l’organisation rapide d’élections générales. A son avis, ce scrutin permettrait une sortie de crise par la voie des urnes. En agissant ainsi, il n'applique pas une autre solution de sortie de crise, imposée par les médiateurs étrangers, qui consiste à faire cohabiter avant tout Andry Rajoelina avec ses opposants pendant une période transitoire limitée.
A défaut de cohabitation, le président de la HAT sera sanctionné à partir d’aujourd’hui par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, en même temps que les autres dignitaires de la Transition. C’est que, aujourd’hui à 15 heures à Addis-Abeba, le CPS se réunira, comme il a été prévu. N’ayant pas réussi à convaincre les dirigeants malgaches de faire machine arrière et d’accepter de partager les pouvoirs avec les trois autres mouvances de l’opposition dans la gestion de la transition, .il divulguera la liste des personnalités malgaches touchées par les sanctions. Sauf coup de théâtre ! Selon un journal local, des sources proches de la HAT ont encore fait état hier de discussions au sein de l'organisation panafricaine sur l'opportunité de l'application des sanctions. L'indiscrétion, précise ce confrère, vient après la bombe suivie de cascades de démentis, lâchée lundi concernant une présumée prolongation d'un mois de la période de sursis accordée au gouvernement de fait.


