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FORCES ARMEES

Le colonel de gendarmerie Raymond Andrianjafy (photo La Vérité)
Force d’intervention de la Gendarmerie nationale : une nouvelle escalade dans la désobéissance
Par Joël Sylvain Rasamoely | 20/05/2010(Mada) Faisant fi de l’obligation d’autorisation de la part de la hiérarchie pour s’adresser au public, le colonel de gendarmerie Raymond Andrianjafy, ancien chef de service des opérations de la Force d’intervention de la Gendarmerie nationale (FIGN) du Fort Duchesne, a publié hier un communiqué de presse. Il est également apparu sur les écrans de télévision dans la soirée.
Parlant au nom des éléments de la FIGN, le colonel Andrianjafy a indiqué hier que sa déclaration fait toujours suite à l’affaire de la somme de 2,5 milliards de francs malgaches que l’ancien Président Ravalomanana aurait donnée au commandant actuel de la gendarmerie afin de soudoyer des dirigeants de ce corps militaire chargé de maintenir la sûreté publique. Il a en outre déploré que les enquêtes menées jusqu’ici à ce sujet n’aient pas abouti. « Malgré les résultats des enquêtes administratives, a-t-il dit, notre exigence d'éclaircissement n'aurait été suivie ni d'enquête judiciaire ni de sanctions ». Et que, aujourd’hui, les éléments de la FIGN sont menacés d’arrestation, en raison de leur « forte tête ». C’est que, d’après le colonel Andrianjafy, les éléments de la FIGN sont actuellement « les seuls à encore oser dire la vérité ».
Le colonel Andrianjafy ne s’est pas contenté d’expliquer et de s’expliquer. Il a lancé dans son intervention télévisée un appel à tous ceux qui sont dans le désespoir par rapport aux comportements des dirigeants de venir ce matin aux alentours du camp de la FIGN à Fort Duchesne. Il leur a assuré protection contre toute velléité de répression.
Commentant cet appel, Madagascar Tribune écrit aujourd’hui: « Si ce n’est pas un appel au soulèvement populaire, Dieu que ça lui ressemble ».
A ce propos, un observateur averti nous a déclaré : « De deux choses l’une : ou bien, les éléments de la FIGN veulent s’entourer des civils qui leur serviront alors de bouclier humain en cas d’attaque de leur camp de la part des forces de l’ordre « loyalistes » ; ou bien, ils veulent lancer un mouvement de contestation populaire ».
L’affaire est prise au sérieux en haut lieu. D’autant plus que, le mouvement des ecclésiastiques (proche de l’opposition) appelle également à une grande manifestation à Antananarivo aujourd’hui. Aussi, L’Express de Madagascar écrit-il dans ses colonnes ce matin: « La journée de ce jeudi 20 mai promet des échauffourées sinon des étincelles ». Le quotidien rapporte, par ailleurs, que « cette nuit, en sortant d'une réunion d'urgence vers 22 heures, le général Zafera a indiqué que le commandement de la gendarmerie fera une déclaration ce jour. La teneur du communiqué se résume à un appel d'apaisement adressé à la population tananarivienne, notamment face aux nouvelles menaces de troubles. Une déclaration de première importance car hier le colonel Raymond Andrianjafy a invité toutes les entités sans distinction, qu'elles soient civiles, confessionnelles ou autres, à une rencontre afin de prendre une décision «collégiale», selon ses termes, pour la défense de la vérité et des actions à tenir. Aujourd'hui le Mouvement ecclésiastique fera aussi de son côté une «action d'envergure». Beaucoup d'actions en perspective ! ».


