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  • FACE À LA MENACE DE LA SADC

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    Le Président Robert Mugabe préconise d'intervenir militairement à Madagascar

    Camille Vital : « L’armée malgache est prête à défendre la patrie contre une invasion militaire»

    Par Joël Sylvain Rasamoely | 06/02/2010

    (Mada) A Madagascar, on prend au sérieux la menace d’une intervention militaire. Et ce, depuis que le président zimbabwéen Robert Mugabe a préconisé à ses pairs de la SADC d’intervenir militairement dans la Grande Ile afin d’y rétablir l’ordre constitutionnel. En clair, cela signifie remettre à sa place l’ancien président Marc Ravalomanana.

    Le Premier ministre Camille Vital a effectué dernièrement le tour des camps militaires de la capitale. A cette occasion, il a été accompagné par le général Noël Rakotonandrasana (ministre de la Défense nationale), Organès Rakotomihantarizaka, (ministre de la Sécurité intérieure), le général Claude Ravelomanana (secrétaire d’Etat à la Gendarmerie), le général André Ndriarijaona (chef d’Etat-major général de l’armée malgache) et le général Bruno Razafindrakoto (Commandant de la Gendarmerie).

    Ainsi, le chef du gouvernement s’est notamment rendu au RAS et au Génie militaire d’Ampahibe, puis au R3A de Betongolo, aux casernes de la gendarmerie de Betongolo et de Fort Duchesne, au FIP d’Antanimora, au CAPSAT de Soanierana, et enfin, au RTS de Fiadanana. Une presse (bien ou mal intentionnée ?) a signalé que d'autres camps militaires ont été oubliés. Il s’agit de la BANI et du 1er RFI qui sont installés à Ivato, une agglomération située dans la banlieue de la capitale. d’Antananarivo où se trouvent, par ailleurs, le plus important aéroport international du pays et la principale base aérienne de l’Armée malgache.

    D’aucuns disent que ces visites visent à ce que le déplacement du locataire du Palais de Mahazoarivo à la caserne de Fort Duchesne ne soit pas interprété comme une tentative gouvernementale de régler l’affaire opposant le commandement de la Gendarmerie à des éléments de la FIGN qui s’y trouvent. C’est que, ces derniers ont manifesté leur mauvaise humeur depuis un certain temps. A tort ou à raison, ils estiment que leur chef hiérarchique a reçu de l’ancien président Marc Ravalomanana un important subside. Ils exigent donc à avoir, eux aussi, leur ... part du gâteau. A cette occasion, ils ont lancé un ultimatum afin d’obtenir gain de cause dans leur singulière revendication.

    Il faut dire que la visite du premier ministre à la caserne de Fort Duchesne s’est déroulée 24 heures avant l’expiration de l’ultimatum des éléments de la FIGN. Cette coïncidence a sans doute incité celui-ci à lancer, là où il est passé, un appel aux éléments en uniforme à ne pas être influencés par des politiciens. Il a également mis en garde contre l'indiscipline. «Chaque corps aura dorénavant la responsabilité de corriger l’erreur de ses éléments. Les indisciplinés seront sévèrement sanctionnés», a averti le colonel Camille Vital.

    C’est ainsi que, au Régiment d’appui et de soutien (RAS), le premier ministre a vivement critiqué les éléments de ce camp militaire qui ont fomenté un acte de déstabilisation le 28 décembre 2009. Ces derniers ont publiquement lancé un ultimatum de 48 heures au gouvernement d’Andry Rajoelina pour qu’il reprenne les négociations avec les mouvances politiques de l’opposition et remette sur les rails le processus de sortie de crise signé par les protagonistes de la crise malgache à Maputo et à Addis-Abeba. Au nombre de six, les militaires impliqués dans cette affaire qui avaient à leur tête l’adjudant - chef Daniel Ratsimihafindramanana, ont été arrêtés.

    Face aux diverses tendances politiques qui essayent de diviser l’armée, le premier ministre a tenu à souligner que chaque corps ne devrait pas ouvrir une brèche sur l’unité de l’armée. « À l’école militaire, nous avons été formés à rester en famille. Le moment est venu pour le montrer ».

    Mais, d’après un bon nombre d’observateurs, le chef du gouvernement prend au sérieux la menace d’intervention militaire de la SADC. Ainsi, il a tenu à faire le tour des camps militaires afin de mobiliser les Forces armées. Et en outre, mettre les hommes en uniforme au même diapason.

    Dernièrement, le président zimbabwéen Robert Mugabe a préconisé à ses pairs de la SADC, l’envoi dans la Grande Ile d’une expédition militaire afin d’y rétablir l’ordre constitutionnel. En clair, cela signifie remettre à sa place l’ancien président Marc Ravalomanana. C’est pendant la présidence de ce dernier que Madagascar est devenu membre de l’organisation régionale SADC. Mais, celle-ci a suspendu l’adhésion de la Grande Ile depuis l’arrivée au pouvoir d’Andry Rajoelina.

    Dans les camps visités, le Premier ministre s’est adressé aux militaires malgaches, gradés ou simples soldats, en ces termes : « L’armée malgache est le dernier rempart et sa mission consiste à protéger le pays ainsi que sa population. Elle n’a pas peur d’affronter d’éventuelles attaques venant de l’étranger. Si d’aventure, la SADC envisage une invasion militaire contre la Nation malgache, elle est prête à défendre la patrie. Le terrain nous est favorable. Et nous avons reçu des formations équivalentes à celles acquises par les éléments de la SADC ». Et d’ajouter : « Je ne crois pas que, malgré la divergence d’opinions, une partie des Malgaches iraient basculer vers l’autre camp, pour attaquer leurs concitoyens ».

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