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FESTIVAL

Désiré Razafindrazaka, président du comité d’organisation de Madajazzcar
Désiré Razafindrazaka : un Mr. Madajazzcar jamais à court de partitions...
par Thompson Andriamanoro | 22/10/2009(Mada) Comme à l’accoutumée, le Madajazzcar qui vient de s’achever, a remporté un grand succès. Principal artisan de cette réussite : le mélomane Désiré Razafindrazaka, président du comité d’organisation de ce festival international qui est à sa vingtième édition.
A mesure qu’approche octobre, un frémissement se fait de plus en plus sentir dans les milieux musicaux de la capitale. C’est le traditionnel mois de ce qui était Jazz à Tana en 1989, Jazz à Mada en 1990, avant de trouver l’appellation fétiche de Madajazzcar qui lui va si bien en 1992, et qui ne l’a plus quittée.
Une musique venue d’ailleurs, le jazz ? Pas tout à fait, puisqu’il peut sans hérésie se prévaloir d’au moins quelques radicelles malgaches en la personne d’Andy Razaf, de son vrai nom Andriamanantena Razafinkarefo, fils d’un noble de la cour de Ranavalona III, né aux Etats-Unis et auteur de standards immortels comme In the Mood ou Ain’t Misbehavin’...
Ce festival devenu une véritable institution, Désiré Razafindrazaka s’en occupe depuis 2001en tant que président du comité d’organisation. Un fantastique travail d’équipe et un réseau de bonnes volontés qui s’étend jusqu’aux ambassades étrangères et centres culturels, et permet depuis vingt éditions de déplacer des montagnes... de problèmes. Comme il le dit si justement, « à Madagascar si on se laisse impressionner dès le début par les obstacles financiers, on n’arrive à rien ! ». En fait, Désiré Razafindrazaka continue sur ce qu’il a capitalisé durant ses années passées à Nancy quand, parallèlement à ses activités professionnelles, il représentait le magazine Jazz Hot pour l’Est de la France et les pays limitrophes. Des relations ont alors été tissées avec de nombreux musiciens internationaux et décideurs, dont le bénéfice va aujourd’hui tout naturellement à Madajazzcar. Ce qui manque au Festival ? Une jonction plus marquée avec le tourisme peut-être, pour que l’évènement s’intègre d’une manière plus effective et personnalisante à l’image de la principale ville qui l’héberge. C’est le passage, à la fois obligé et bénéfique pour tous, qu’ont emprunté des aînés comme Marciac, Saint-Louis du Sénégal, ou justement Nancy.
Cette Lorraine au crépuscule de la sidérurgie est une page indélébile dans le parcours de ce diplômé en psychologie, également ancien de l’IAE-Nancy et de l’Inalco-langues O’ – Paris qui y débute sa carrière au contact d’une France assez différente de l’idée que l’on s’en fait à 10 000 km. Directeur de la Mission locale pour l’Emploi de Longwy, il émigre ensuite en région parisienne pour devenir coordonnateur Emploi-Formation auprès de la Préfecture de l’Essonne, puis chargé de mission du Fonds Local Emploi Solidarité. Un travail qui le passionne, et une vie bien gagnée. Seulement, à force de s’occuper de gens à problèmes (jeunes sans qualification, handicapés, chômeurs longue durée, RMIistes...), la question fatidique aux allures de cas de conscience finit par se poser : n’y a-t-il pas à faire dans son propre pays ?
Et c’est le grand retour avec pour principe adopté celui de mettre ses acquis au moule des réalités malgaches et non le contraire. Un premier contrat avec l’UNICEF lui permet de sillonner le pays de part en part, et de faire des découvertes souvent insoupçonnées des citadins. En 2000, il crée son propre cabinet COEF Ressources pour répondre à une forte demande en matière d’évaluation de projets, d’appui organisationnel, de développement de stratégies, ou de problématiques liées à la gestion des ressources humaines. Parallèlement, il enseigne le management à l’Université d’Antananarivo.
Parlera-t-on d’atavisme ? Toujours est-il que Désiré Razafindrazaka est le petit-fils du premier maire malgache de la capitale et grande figure du nationalisme, Stanislas Rakotonirina. Certains y trouveront l’explication d’une autre passion qui l’a confirmé à la présidence des Amis du patrimoine de Madagascar (APM). Le but de cette association n’est pas de se substituer aux pouvoirs publics mais plutôt d’insuffler une dynamique, d’interpeller, de trouver des partenariats. Parmi les réalisations figurent la réhabilitation de la Tranovola de Vohipeno et celle de l’ancien tribunal royal d’Ambatondrafandrana. Pour Désiré Razafindrazaka « en tant que malgache, il est à tout à fait naturel de s’intéresser à la richesse du patrimoine de notre pays, et de surcroît quand on a vécu longtemps à l’étranger ». Un langage qui est certainement aussi celui des promoteurs de cette motivation montante qu’est le tourisme culturel.


