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  • SORTIE DE CRISE A MADAGASCAR

    joyandet

    Le secrétaire d’Etat français à la coopération et à la francophonie Alain Joyandet

    La diplomatie française entre en action pour trouver une nouvelle solution consensuelle

    par Joël Sylvain Rasamoely | 01/04/2009

    (Mada) « Comme la communauté internationale, la France reste préoccupée par la crise politique qui sévit à Madagascar et dont les effets économiques et sociaux s'aggravent chaque jour. Après les sanctions adoptées à la mi-mars par l'Union africaine, la France a estimé que les voies du dialogue inter-malgache n'étaient pas épuisées et le déplacement à Madagascar du secrétaire d'Etat à la Coopération, s'inscrit dans ce contexte. La clé d'une sortie de crise consensuelle à Madagascar réside dans l'organisation et la tenue d'élections crédibles dans les meilleurs délais possibles».

    Ces propos ont été tenus mercredi par Bernard Valero, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. Ils résument parfaitement la mission de médiation qu’effectue actuellement le secrétaire d’Etat français à la coopération et à la francophonie Alain Joyandet, accompagné notamment du conseiller du président Nicolas Sarkozy pour l'Afrique, André Parant.

    La France poursuit donc ses efforts dans la recherche de solution à la crise politique malgache, de concert avec l’ensemble de la communauté internationale .Ainsi, les deux émissaires du gouvernement français viennent d’effectuer un séjour-éclair de douze heures à Antananarivo. Dans la capitale malgache, ils se sont entretenus avec deux des quatre chefs de file des principales mouvances politiques qui sont les protagonistes de la crise malgache. Il s’agit, d’une part, du président de la Haute autorité de la transition Andry Rajoelina et, d’autre part, de l'ancien président Albert Zafy. Après avoir rendu visite au premier ministre Camille Vital, ils ont quitté la Grande Ile pour aller à la rencontre des deux autres chefs de file, en l’occurrence, les anciens chefs d’Etat Marc Ravalomanana en Afrique du sud et Didier Ratsiraka en France. Il n’est pas exclu que les émissaires français se rendent en outre à Addis-Abeba (siège de l’Union africaine) voire à Maputo (où se trouve le principal médiateur de l’affaire malgache Joaquim Chissano).

    Un membre influent de l’opposition que nous avons contacté s’est montré favorable à l’initiative française car, selon lui, « le gouvernement français a répondu favorablement à l’appel lancé mardi par l’ancien président malgache Marc Ravalomanana ». Celui-ci a appelé la France à réagir pour l’application des sanctions prises par l’Union africaine (UA) contre la Haute Autorité de Transition (gouvernement de facto malgache). Le 17 mars, l’UA a décidé d’imposer des sanctions au leader malgache Andry Rajoelina et à 108 de ses partisans en étant à l’origine de la crise politique prolongée sur l’île. Quelques jours après la décision de l’UA, la France a affirmé avoir « pris note » de la mise en application des sanctions ciblées, et continuer de « soutenir l’effort de l’UA dans ses actions en matière de médiation africaine ».

    Un observateur averti a par ailleurs estimé que le gouvernement français a été obligé d’agir rapidement, en raison de l’imminence d’une décision qui pourrait être prise par l’Union européenne. C’est que, le co-président de l’Assemblée parlementaire ACP-UE, Louis Michel, a appelé au renforcement des sanctions européennes vis-à-vis de Madagascar, lors de la séance inaugurale de la 19ème session de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE, le 30 mars dernier à Ténériffe (Espagne). A ce propos, Louis Michel a déclaré : « Je voudrais transmettre une des préoccupations de l’Assemblée qui est la situation dramatique de Madagascar. Le Conseil doit renforcer les sanctions européennes à l’encontre de ce pays et les aligner sur celles décidées par l’Union africaine ». Après cette déclaration, il a été décidé que ce point sera à l’ordre du jour du prochain Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne de ce mois d’avril.

    Actuellement, Paris proposerait une solution qui permettrait aux parties malgaches de se mettre d'accord sur un calendrier électoral et les conditions d'organisation des élections. Le plan se baserait toujours sur les accords de Maputo et d’Addis-Abeba mais sans la complexité institutionnelle préconisée par ces derniers. Notons que, dans les capitales mozambicaine et ethiopienne, Rajoelina, Ravalomanana, Ratsiraka et Zafy ont signé l'an dernier un accord de partage du pouvoir, mais il n'a jamais été appliqué en raison de désaccords sur la répartition des principaux postes de responsabilité.

    Aujourd’hui, il s’agit, en fait, de mettre en sourdine le côté « partage du pouvoir » sur lequel les négociations ont buté, et privilégier une organisation commune des élections par les forces politiques. A ce sujet, La Gazette de la Grande Ile s'attend déjà à une entrée de l'opposition, à un échelon ou à un autre, dans les instances qui sont en charge des élections, du ministère de l'Intérieur à la CENI. Par ailleurs, le quotidien écrit : « Si le camp d'Andry Rajoelina accueillera avec beaucoup d'ouverture d'esprit les propositions d'Alain Joyandet, les trois mouvances de l’opposition les prendront avec des pincettes. On connaît les sentiments des uns et des autres à l'endroit de l'ex-puissance colonisatrice ».

    Depuis le début de leur mission, les émissaires français n’ont pas fait la moindre déclaration à la presse. Ce silence peut être considéré comme un signe patent de l’évolution à la fois difficile et sérieuse de la médiation française.

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