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A 100 Km DE LA CAPITALE
La ruée vers l’or à Mangatany
| 06/07/2010(MADA.pro) Un reportage de presse raconte la fièvre de l’or qui s’est emparée d’un bled de Bongolava. Celui-ci a vu le nombre de ses habitants augmenter à vue d’œil. D'aucuns avancent le chiffre de 40 000 âmes
Dans un coin perdu de Bongolava, à une centaine de kilomètres d’Antananarivo. le village de Mangatany Fenoarivobe, fait l'objet d'une ruée depuis quelques semaines. Un gisement d'or draine les habitants des communes environnantes. D'autres viennent même de très loin. En quelques temps, le village s'est transformé..
La folie de l'or est irrésistible, indique L’Express de Madagascar dans un reportage qu’il vient de publier sur ce nouvel Eldorado. Selon cette publication, ils sont des dizaines de milliers à envahir le flanc de la colline d’Ankaraoka, dans le fokontany de Mangatany, 12 000 pour les uns, 40 000 pour les autres. Ces chiffres restent encore difficiles à vérifier vu l’absence de recensement fiable. Jusqu’ici, les autorités locales restent incapables d’établir une statistique exacte des migrants, et encore moins d'effectuer un contrôle strict pour plusieurs raisons. Ce qui est sûr c'est qu'aucun exploitant ne dispose d'une autorisation en bonne et due forme. Aucun ne parle de délimitation officielle des périmètres.
Les membres de cette «communauté» très cosmopolite ont une chose en commun et qu’ils partagent tous les jours: la même souffrance. Ils dorment tous dans des huttes faites de chaumes que le moindre vent peut emporter ou, à la rigueur, des cases faites en rabane. Les seuls abris qui méritent cette appellation sont des toiles de tente appartenant à des «patrons». Et tout le monde se plaint aussi du problème d’accès à l’eau potable, et d’autres services de base ainsi que du grand froid.
Le journal relate les conditions de vie à la carrière de Mangatany qui nécessite une immense capacité d'adaptation, en ces termes: « Après une journée de labeur, celui qui veut se reposer ne peut en aucun cas espérer le minimum de confort. Il doit se coucher à même le sol avec comme équipements: une natte, une couverture et pas plus. Pour ce qui est de la préparation des repas, celui qui a vu la couleur rougeâtre de l'eau de rivière à multiples fonctions où l'on puise le liquide précieux, aura du mal à avaler un grain de riz en dépit des paroles rassurantes des cuisiniers. Enfin, outre la température que redoutent les plus frisquets, utiliser l'eau de la rivière pour satisfaire ses petits besoins n'est pas chose facile. C'est se livrer à un bain de boue ».
A Magantany, les chercheurs d'or pénètrent dans les galeries. Par ailleurs, on rencontre le long de la rivière Antafofo, des enfants âgés de 6 à 17 ans et des mères de famille de tout âge, travaillant à côté des hommes qui n’ont pas la chance d’accéder aux galeries, ou qui choisissent volontairement d’opérer hors des trous de mine pour accomplir une tâche qu’ils croient être plus facile et moins risquée. Ils sont obligés de rester dans l’eau de 6 heures du matin à 18 heures,
Les envoyés spéciaux de L’Express de Madagascar n’ont pas réussi à obtenir des renseignements fiables à propos de la quantité d’or produit ou commercialisé à Mangatany. Toujours est-il que le nombre considérable des chercheurs laisse supposer que leurs recherches leur donnent satisfaction. Autre indice probant : l’argent coule à flot dans l’ancien bled qui est aujourd’hui devenu une grande localité à l’allure d’un gros bourg.



