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  • ECHAUFFOUREES A ANKORONDRANO

    Les forces de l’ordre dispersent les opposants qui voulaient se rendre en masse au Palais présidentiel

    Par Joël Sylvain Rasamoely | 07/01/2010

    (Mada) Hier après-midi, les manifestants de la Mouvance Madagasikara (réunissant les opposants dirigés par Ravalomanana, Ratsiraka et Zafy) ont décidé de quitter leur cadre habituel de réunion, en l’occurrence le site du Magro à Ankorondrano. Ils voulaient se rendre au palais présidentiel d’Ambohitsorohitra. Objectif : « remettre une missive à Andry Rajoelina afin de le convaincre de revenir à la table des négociations pour poursuivre le processus consensuel ».

    Drapeau national, en tête, les manifestants ont entonné des cantiques, longeant le trottoir du côté de Magro. Ils ont pris la direction d’Antanimena. Mais, ils ont été vite dispersés par les forces de l’ordre, près du temple Jesosy mamonjy . Ces dernières ont utilisé des jets de grenade lacrymogène.

    Parlant des échauffourées d’Ankorondrano d’hier, l’Express de Madagascar écrit ce matin :

    «Comme pour toutes les marches vers un palais, en principe décrété « zone rouge », celle de la Mouvance Madagasikara était ouverte, selon les recommandations des meneurs, par « des évangélistes, des femmes puis des parlementaires ».

    « Quelques centaines de mètres après être sortis de l’enceinte du Magro, les manifestants ont dû rebrousser chemin. Les premiers tirs de grenades lacrymogènes ont fusé. La foule s’est peu à peu dispersée, repoussée par les forces de l’ordre vers Ivandry et Ankorondrano. Entretemps, des véhicules de particuliers et quelques taxis-be ont été la cible des vandales

    « Le calme est très vite revenu sur l’axe Alarobia-Ankorondrano, même si quelques commerces ont dû fermer boutique. Au même moment, le centre ville était presque aussi calme. Seuls les véhicules remplis d’éléments des forces de l’ordre armés sillonnaient les rues de la capitale, ou encore stationnaient aux environs des endroits stratégiques, tels Ambohitsorohitra ou la Place du Treize Mai... Cela indiquait l’existence de tension dans certains points de la ville.

    « Quelques heures plus tôt, les quartiers d’Anosy et d’Antaninarenina avaient aussi été quelque peu animés.

    Une voix masculine sortait d’une pick-up blanche, exhortait les «Tananariviens à venir à Ambohitsorohitra ». Des attroupements s’étaient aussi formés aux environs du cinéma Roxy, attendant l’arrivée des manifestants du Magro. « Ces gens-là viennent de percevoir une certaine somme d’argent au vu et au su de tout le monde», raconte un témoin.

    « Pour les organisateurs, dont Fetison Rakoto Andrianirina, la marche était « pacifiste ». L’avoir dispersée par des tirs de grenades lacrymogènes est « aussi désolant qu’inacceptable », s’insurge-t-il ».

    Pour sa part, Midi Madagasikara relate aujourd’hui dans ses colonnes :

    « Les forces de l’ordre ont également pris place, au rond point menant vers le village des Jeux. Un attroupement menant vers le gymnase couvert d’Ankorondrano a été dispersé.

    « Malgré que des pertes en vies humaines ni des blessés n’ont pas été relevés, des dégâts matériels ont été observés. Ainsi, une voiture 4X4 Pick-up de couleur blanche, avec à son bord un étranger et une jeune femme malgache, a été agressée, du côté de l’hôtel Ibis. Les pare-brise ont volé en éclats. Heureusement, le conducteur a pu démarrer à temps, échappant de justesse, au groupe d’individus dont on ignorait les véritables intentions. Quand bien même, s’il a reçu des coups de poing au cou. Des pare-brise de deux taxi-be ont été également endommagés.

    « En outre, selon le ministre de la Population, Nadine Ramaroson, des pierres ont été lancées contre la Savonnerie tropicale. Brisant les vitres de cette entreprise. Par ailleurs, des barrages ont été érigés du côté de Telma à Ivandry et à Alarobia Amboniloha ».

    De son côté, Actumada écrit dans son site :

    « Les habitants de la capitale ont presque immédiatement condamné ces actes à l’unanimité, et en appellent ainsi à des mesures sévères de la part des autorités, notamment du Premier Ministre qui est le premier responsable de la sécurité et de l’ordre publics en tant que chef de gouvernement. Des sanctions ne peuvent qu’être justifiées à l’endroit des faiseurs de troubles. Certains n’hésitent même plus à réclamer la fermeture de l’enceinte de Magro aux partisans des trois mouvances qui viennent de prouver encore une fois qu’ils n’ont d’autres arguments que la violence, parce que leur cause est perdue et que leurs actions ne sont plus dictées par une opposition saine et normale mais par la haine. Ils veulent mettre le pays, ou du moins la capitale à feu et à sang, ils veulent du désordre à tout prix. Mais loin de les servir, cela ne peut que les discréditer davantage parce qu’ils agissent sans l’adhésion populaire qui pourrait légitimer ces actions. On attend ainsi avec impatience les dispositions que le régime du nouveau tandem Andry Rajoelina-Camille Vital ».

    Avant-hier, la Mouvance Madagascar a promis une manifestation d’envergure pour installer les différentes hautes personnalités de la transition prévue par l’accord conclu lors de la troisième et dernière rencontre à Maputo. L’opération est appelée « dernier adieu à la HAT » ou « fara-veloma ny fitondrana FAT ».La date de cette installation n’a pas encore été précisée. Le message a seulement invité les personnes intéressées à se préparer dès à présent. La méthode qui sera utilisée pour communiquer la date de la tenue de la manifestation n’est pas non plus dévoilée. Il en est de même pour le point de rendez-vous et de départ de la manifestation.

    Dans ce contexte, on apprend qu’un dépôt de munitions de la base aéronavale d’Ivato a été cambriolé, après que ses portes aient été défoncées. Cet entrepôt est censé abriter toutes les munitions et explosifs dangereux des forces de l’ordre, existant légalement dans le pays. Les observateurs avertis s’interrogent sur ce cambriolage, dans la mesure où cet entrepôt constitue une véritable forteresse dans une forteresse, compte tenu de la procédure à suivre pour y avoir accès.

    Par ailleurs, face aux diverses confidences ayant révélé l’existence de complots d’atteinte à la vie du Président Rajoelina, ceux - ci d’ailleurs avec la participation active de quelques mercenaires étrangers, le général André Ndriarijaona, chef de l’Etat - Major général de l’Armée malagasy (CEMGAM), a réagi hier pour faire valoir, d’une façon ferme et catégorique, que « le Président de la Haute autorité de la Transition dispose actuellement de garde rapprochée mais, si nécessaire, l’Armée est prête pour également assurer sa sécurité ».

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