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    Le vice-amiral Hyppolite Raharison Ramaroson

    Hyppolite Ramaroson se rendra à Addis-Abeba à la place d'Andry Rajoelina

    par Joël Sylvain Rasamoely | 05/03/2009

    (Mada) « Personnellement, je ne me rendrai pas à Addis-Abeba ». C’est ce qu’a déclaré hier Andry Rajoelina, en marge de l’ouverture de l’atelier national « Teny ifampierana », au Centre des conférences internationales (CCI) d’Ivato.

    Le président de la Haute autorité de la transition (HAT) répond ainsi d’une manière claire à l’invitation de l’Union africaine (UA). L’on sait que, lundi soir, Ramtane Lamamra, commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA, a adressé une lettre estampillée urgent aux chefs de file des quatre mouvances politiques qui représentent aux yeux des médiateurs étrangers les protagonistes de la crise malgache . Il invite Andry Rajoelina, Marc Ravalomanana ; Didier Ratsiraka et Albert Zafy à participer à une réunion du 8 au 10 mars afin «d'examiner à nouveau les voies et moyens de lancer la Transition consensuelle en vue du retour rapide de l'ordre constitutionnel à Madagascar par la mise en œuvre des Accords de Maputo et d'Addis-Abeba».

    Le temps des chefs de file était compté pour donner une réponse à l'invitation. «Je vous saurais gré de bien vouloir faire confirmer, au plus tard le 4 mars 2010, votre participation», a demandé Ramtane Lamamra dans la missive. Celui-ci a en outre insisté sur la nécessité de la présence de tous les chefs de file dans la capitale éthiopienne. «L'absence d'un chef de file priverait la réunion d'une condition essentielle de succès et rendrait inévitable son annulation».

    Les hautes personnalités malgaches invitées ont répondu au moment voulu à l’Union africaine. Ainsi, les chefs de file des trois mouvances politiques de l’opposition ont accepté de se déplacer à Addis-Abeba. Mais, le Président Rajoelina a donc refusé de s’y rendre.

    Cependant, les autorités malgaches ont à leur tour demandé à l’Union africaine, l’envoi d’observateurs durant l’atelier national « Teny ifampierana » qui se tient actuellement au CCI. Mais, l’organisation panafricaine n’a pas cru bon de répondre à la contre-invitation de la HAT. Ce qui a permis à un journal local d’écrire ce matin : « Les relations entre le régime en place et l’Union africaine deviennent de plus en plus tendues». Et ce, à quelques jours du 17 mars, date à laquelle les sanctions des dirigeants malgaches, brandies par l’Union africaine, deviendront effectives si ces derniers n’acceptent pas l’application des accords de Maputo et d’Addis-Abeba. Ces accords obligent Andry Rajoelina à cohabiter avec les trois mouvances de l’opposition durant la Transition.

    En sera t-il ainsi ? Rien n’est encore sûr ! Le régime transitoire entend jouer une dernière carte. Il s’agit de convaincre la communauté internationale du bien-fondé de la démarche entreprise actuellement par Antananarivo. Ainsi, le vice-amiral Hyppolyte Ramaroson, vice-président chargé des Affaires étrangères, se rendra à Addis-Abeba à la place d’Andry Rajoelina. Il y aura deux missions à remplir. Primo : faire comprendre une bonne fois pour toute qu’il n’y a pas eu de coup d’Etat à Madagascar, mais un changement voulu par l’ex-président Ravalomanana lui-même qui, pour ce faire, n’a pas suivi la voie constitutionnelle en le nommant à la tête d’un directoire militaire. Comme on le sait, ce dernier a remis par la suite le pouvoir à Andry Rajoelina. Secundo : défendre la sortie de crise par la voie des urnes préconisée par Andry Rajoelina et approuvée probablement aujourd’hui par les quelque 2000 participants de l’atelier national d’Ivato.

    A ce sujet, le chef de la diplomatie malgache a déclaré hier: « Nous ne pratiquerons pas la politique de la chaise vide lors de la réunion convoquée par le Groupe international de contact à partir du 8 mars à Addis-Abeba. Nous allons nous y rendre, avec un objectif bien précis, présenter et défendre les résolutions prises à l’issue des deux jours de débats de l’atelier national».

    A notre avis, si les autorités de la Transition arrivent à convaincre la communauté internationale, celle-ci pourrait différer l’application des sanctions en attendant d’y voir clair voire les supprimer. Sinon, les dirigeants malgaches sont déjà disposés à subir les sanctions de l’Union africaine Ce sera alors un moment difficile à passer pour eux pendant quelques semaines. Les observateurs avertis estiment, en fait, que, la communauté internationale pourrait rapidement revoir sa position à l’issue des élections législatives prévues au mois de mai. Cette perspective a permis hier au Président Andry Rajoelina de lancer lors de l’ouverture de l’atelier national d’Ivato : « Je souhaite que nous trouverions une solution de crise malgacho-malgache d’ici la célébration de la fête du 26 juin ».

    En fait, le N°1 de la Transition a notamment précisé dans son discours d’hier devant les participants à l’atelier national : « Actuellement, le peuple malgache a soif de changement. Mais, ce n’est pas aux étrangers de nous obliger à faire ce que nous devons faire. Madagascar appartient aux Malgaches, il faut donc laisser aux Malgaches le libre choix de décider de l’avenir de leur pays. Cette concertation élargie d’Ivato est nécessaire pour trouver une solution consensuelle à cette crise politique actuelle car la prise de décisions n’appartient ni à une seule personne ni aux quatre chefs de file des mouvances ». Et d’ajouter : « Gardant l’esprit consensuel, avec une participation beaucoup plus élargie de toutes les forces vives de la nation, l’atelier national « Teny ifampierana », est une consultation à l’échelon national. Ici, à Ivato, les participants représentent la quasi –totalité des formations politiques et des membres de la société civile de Madagascar ainsi que des compatriotes de bonne volonté. Les conclusions de cet atelier devraient permettre plus d’éclaircissements sur les perspectives à venir. C’est que, elles seront prises en compte par les autorités pour la conduite de la Transition et l’organisation des élections qui vont conduire Madagascar à l’avènement de la 4ème République».

    Amplifiant ces déclarations présidentielles, le vice-amiral Hyppolyte Ramaroson, a pour sa part indiqué hier : « A Addis-Abeba, nous ne comptons même plus débattre. Nous allons juste leur soumettre notre proposition, qui ne pourra plus être taxée d’unilatérale émanant du régime transitoire, mais qui sera celle de toutes les forces vives de la Nation malgache parce qu’elle sera décidée à l’issue de cette grande réunion d’Ivato».

    A la question de savoir si l’absence d’Andry Rajoelina risque de compromettre la tenue de la réunion du 8 au 10 mars, le vice-amiral a martelé : « Peu importe qui sera présent et qui sera absent parce qu’indépendamment de la tenue ou non d’une réunion, nous ne changerons plus de position, la proposition de toutes les forces vives de la Nation sera la proposition officielle du régime dirigé par le Président Rajoelina ».

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