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  • AU PALAIS D’AMBOHITSOROHITRA

    Rakotoarivelo

    Mamy Rakotoarivelo arrive au palais présidentiel dans la voiture de l'ambassadeur de France (photo La Verité)

    L’opposant Mamy Rakotoarivelo rencontre presque en cachette le chef de l’Etat

    Par Joël Sylvain Rasamoely | 23/12/2009

    (Mada) Hier, au moment où les militants de l’opposition tentaient d’installer à Tsimbazaza les membres du Congrès de la transition, le président de cette institution défunte, en l’occurrence Mamy Rakotoarivelo faisait la « une » de La Vérité . Ce quotidien indiquait, photo à l’appui, que celui-ci s’est rendu la veille en compagnie de l’ambassadeur de France, au Palais d’Etat d’Ambohitsorohitra, « presque en cachette », pour y rencontrer le Président Andry Rajoelina.

    A ce propos, le journal écrit : « Vers 16h hier, la limousine de l’ambassadeur de France s’est présentée devant le grand portail du Palais d’Ambohitsorohitra. Jusque là, personne n’a soupçonné quoi que ce soit, dans la mesure où, crise politique étant, de hauts diplomates, notamment celui de la France, ont toujours été vus sur le lieu. Mais quand ladite limousine a pratiquement décidé de ne s’arrêter que devant la grande porte du Palais, la curiosité des uns et des autres est montée d’un cran. En tout cas, comme un… TGV (Train à grande vitesse), Mamy Rakotoarivelo s’en est extirpé pour s’engouffrer, comme le vent, dans l’enceinte du Palais d’Etat. Et l’ambassadeur de France lui emboîta le pas, sans trop se précipiter. A ce moment - là, le lieu abritait un Conseil des ministres. De ce fait, Mamy Rakotoarivelo n’a pas pu échapper au regard médusé des membres du Gouvernement. En tout cas, après avoir été reçu, avec l’ambassadeur dont il s’agit, par le Président Rajoelina à son bureau durant des dizaines de minutes, Mamy Rakotoarivelo est ressorti du Palais, toujours comme une flèche mais, cette fois - ci, la mine littéralement abattue. Cette sortie, bien que furtive, n’a pas pu échapper à l’œil d’une caméra et à l’objectif d’un appareil photo des journalistes, présents à l’extérieur du Palais. Mais qu’est - il venu discuter ce politique du clan Ravalomanana avec le Président Rajoelina, celui qu’il n’a pour autant pas cessé d’invectiver politiquement ? Nul ne le sait, eu égard au fait qu’aucun communiqué officiel n’a relaté cette entrevue plutôt inattendue ».

    A en croire La Vérité , Mamy Rakotoarivelo ne serait point venu à Ambohitsorohitra pour y déclarer son amour indéfectible à Andry Rajoelina. Et, en dépit du fait que la haine viscérale qu’il éprouve à l’encontre de ce dernier lui fait sortir du sang dans les yeux, c’est sûr qu’il n’a pas osé lundi cracher au visage du maître du lieu. Mais la mine abattue, qu’il a arborée à sa sortie du bureau du Chef de l’Etat, a finalement mis la puce à l’oreille des personnes qui ont été témoins de cette scène plutôt exceptionnelle : L’opposant Mamy Rakotoarivelo a été à Ambohitsorohitra hier, avec l’ambassadeur de France comme « témoin », pour supplier le Président Rajoelina de faire stopper les poursuites judiciaires ouvertes à son encontre. Poursuites judiciaires qui, ayant trait aux affaires – criminelles et terroristes - de pose de bombes artisanales un peu partout dans la Capitale, sont actuellement instruites par le doyen des juges d’instruction. Doyen qui a ainsi lancé une convocation à l’encontre de ce Président du défunt Congrès de la Transition, et de Fetison Rakoto Andrianirina ainsi que d’ Yves Aimé Rakotoarison), pour être enquêtés à son bureau lundi. Un rendez- vous judiciaire que tout ce beau monde a superbement ignoré.

    Le quotidien conclut son article d’hier par ces propos : « La question est maintenant de savoir si, ce jour, Mamy Rakotoarivelo va encore oser être à la tête des « parlementaires » voulant prendre en assaut ledit Palais pour, au bout du rouleau, mettre Antananarivo à feu et à sang en cette veille de fête de la Nativité. D’autant plus que ses alliés des trois mouvances (en général), et ceux du clan Ravalomanana (en particulier), ont crié contre lui hier à… la haute trahison pour avoir « négocié » auprès d’Andry Rajoelina »

    Ce matin, dans les colonnes de l’Express de Madagascar, Mamy Rakotoarivelo tente de rassurer ses alliés et compagnons. «Ma rencontre avec Andry Rajoelina n'ébranle en rien mes convictions profondes», lance-t-il d'emblée. Et de donner quelques détails d'une rencontre dont la teneur était pourtant censée rester secrète et confidentielle. «Puisqu'une grande partie de ce qui s'est dit là-bas a été publiée dans la presse, je dois pouvoir vous donner ma propre version», poursuit-il, assurant au passage qu'aussitôt après il a fait «un rapport de l'entrevue au président Ravalomanana».

    Mamy Rakotoarivelo confie avoir été conduit à Ambohitsorohitra par l'ambassadeur de France Jean Marc Châtaigner, à qui il aurait demandé d'intervenir auprès de Rajoelina sur certains points, «dont l'inopportunité de l'unilatéralisme, la nécessité de revenir à l'esprit de Maputo ainsi que la convocation dont Fetison Andrianirina, Yves Aimé Rakotoarison et lui-même font l'objet».

    À l'en croire, c'est le diplomate français qui aurait ensuite arrangé le rendez-vous pour que le «président du Congrès» puisse parler au président de la Haute autorité de la transition sans aucun intermédiaire.

    Mamy Rakotoarivelo affirme pourtant devoir se rendre à l'évidence. «C'était un dialogue de sourds, Andry Rajoelina ne veut rien entendre et campe sur sa position», déplore-t-il.

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