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    Bemolanga

    Le camp de la compagnie Total à Bemolanga

    Madagascar produira du pétrole dans près de dix ans

    14/04/2009

    (Mada) Madagascar produira du pétrole vers la fin de la décennie actuelle. C’est ce que déclare ce matin dans les colonnes de l’Express de Madagascar Joeli Valérien Lalaharisaina, directeur général de l'Office des mines nationales et des industries stratégiques (OMNIS).

    Celui-ci se base sur le projet le plus avancé qui prévoit de produire les premiers barils et la commercialisation en 2019. Il s’agit de celui de la compagnie française Total à Bemolanga.

    Cependant, d'autres projets pourront le dépasser. En effet, les hydrocarbures de Tsimiroro et de Bemolanga sont dites non conventionnelles, car il s'agit d'huile lourde, de pétrole visqueux qui nécessite plus de temps et de matériels spécifiques pour l'exploration. Mais tout dépend aussi de la capacité financière des compagnies et des zones d'exploitation. Si des forages y ont été déjà effectués, la durée peut être écourtée.

    Joeli Valérien Lalaharisaina souligne que, selon les études effectuées, le pétrole malgache est généralement de bonne qualité. Il présente le même degré de densité, de 41° API, que celui de l'arabian light.

    Le DG de l’OMNIS précise en outre que des recherches ont été menées sur le pétrole malgache depuis le début du siècle. Mais vu la position de Madagascar, assez éloigné, le coût d'exploitation et les investissements nécessaires s'avèrent trop élevés. Maintenant que les réserves dans le monde tendent à se tarir, les gisements qui ne sont pas encore exploités suscitent plus d'intérêt.

    Selon l’Express de Madagascar, la signature des premiers contrats avec les compagnies pétrolières a débuté en 2007, leur permettant de se lancer dans l'exploitation. Dans ce cadre, elles doivent suivre trois étapes essentielles que sont l'exploration, le développement et la production. L'exploration dure près de 5 à 8 ans selon les pays.

    La phase d'exploration consiste en la réalisation des études géologique et géophysique comprenant l'aéromagnétique, la gravimétrique, le sismique et enfin les forages.

    Le résultat des forages donne l’existence ou non d’un gisement pétrolifère.En cas d'absence de découverte, les recherches prennent fin. Une compagnie doit effectuer au minimum deux forages. Si elle découvre du pétrole, la société va continuer à réaliser d'autres forages, entre cinq à huit pour confirmation.

    La réalisation des forages est suivie par l'évaluation de la découverte, par le biais de tests et de la déclaration de la découverte commerciale. Cette étape est très importante car seuls les forages peuvent confirmer l'existence ou pas du pétrole.

    La deuxième étape qui concerne le développement dure environ cinq années. Elle comprend les études ingeenering permettant d'identifier les conditions d'exploitation. Cette phase est marquée par la conception et la commande des matériels.

    Enfin, pour la dernière étape, la phase de production peut varier entre 25 et 30 ans selon la durée de vie de la réserve.

    Une compagnie doit au minimum injecter entre 300 à 400 millions de dollars dans un projet pétrolier. Il est à souligner que le coût d'un forage s'éleve à 30 millions de dollars. Pour les forages off-shore (en mer), ce chiffre est multiplié par 1,5. La profondeur du forage va de 1 500 à 4 000 mètres pour les on-shore (sur terre), et de 3 000 à 7 000 mètres pour les off-shore.

    A Madagascar, tous les projets se trouvent à leur première phase. Le plus avancé est celui de la compagnie Total à Bemolanga. Le début de commercialisation est prévu en 2019. Elle prévoit de finaliser cette année les forages qui seront entamés à partir du mois prochain.

    En 2009, Total a réalisé 72 forages sur les 140 prévus. Suivront les études de pré-faisabilité afin d'évaluer les réserves pétrolières et hydrauliques. Elles consistent à rassembler toutes les données nécessaires à l'exploitation.

    La société chinoise Sunpec, basée à Morondava, poursuivra aussi ses forages à partir du mois de mai. Pour ce faire, elle va importer un équipement de forage.

    La compagnie canadienne Candax programme le début des forages en août-septembre à Antsiranana, tandis que l'Enermad se lance dans les études sismiques à partir de ce mois.

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