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    Jean Ping, président de la Commission de l'Union africaine

    Le séjour-éclair de Jean Ping n’a pas abouti à une «solution de compromis» attendue par les Malgaches

    Par Joël Sylvain Rasamoely | 23/01/2010

    (Mada) Commencées la veille, les consultations menées tambour battant à Antananarivo par Jean Ping, se sont terminées hier. A l’issue d’un séjour-éclair de 36 heures, l’émissaire du Groupe international de contact a quitté la capitale, sans esquisser une nouvelle solution à la crise malgache qui perdure depuis une année.

    Il est venu. Il a écouté ses interlocuteurs malgaches. Et il est parti sans esquisser une nouvelle solution afin de permettre une sortie de crise à Madagascar. « Il » c’est Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine, qui a effectué cette semaine un bref séjour de 36 heures à Antananarivo afin de s‘entretenir avec les protagonistes de la crise malgache, en l’occurrence les quatre mouvances politiques dirigées, d’une part, par Andry Rajoelina (actuellement au pouvoir ) et, d’autre part, par les anciens présidents Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Albert Zafy (réunis tous les trois au sein du mouvement de l’opposition « Mouvance Madagasikara »).

    L’émissaire du Groupe international de contact (GIC) a par ailleurs élargi ses consultations. Il a notamment reçu des hommes d’églises issus du mouvement œcuménique local, des hommes en uniforme de la hiérarchie militaire, des hommes de bonne volonté appartenant à la société civile.

    En quittant hier la capitale malgache, Jean Ping a précisé l’objet de son déplacement dans la Grande Ile. Il était venu pour relancer le processus de sortie de crise à Madagascar et non pas pour mener la médiation. Cette dernière a été confiée à l’ancien président mozambicain Joaquim Chissano.

    Ce qui a déçu la grande majorité de la population malgache. Celle-ci s’attendait au règlement rapide de la crise qui perdure depuis une année, à l’issue de la mission de Jean Ping. D’autant plus que le GIC qui a dépêché à Madagascar cette haute personnalité africaine, n’a cessé de proclamer que celle-ci sera porteuse d’une « solution de compromis ». Et que, Jean Ping lui-même a déclaré au début de son séjour en terre malgache : «J'ai le sentiment que nous sommes tous condamnés à trouver une solution».

    Mais finalement, JeanPing n’a remis à ses interlocuteurs malgaches qu’un document qui s’apparente à une simple feuille de route non contraignante. Celle-ci recommande, entre autres, l’organisation avant le mois d’octobre prochain d’un referendum qui approuvera la nouvelle Constitution puis des élections présidentielles et législatives jumelées. Il recommande également le maintien d'Eugène Mangalaza au poste de premier ministre et la mise en place des institutions de la Transition, telles que les définissent les accords de Maputo et l'Acte additionnel d'Addis-Abeba.

    En fait, rien de vraiment nouveau qui puisse faire reprendre sur-le-champ le dialogue interrompu entre les mouvances politiques malgaches. Et aussi, faire avancer le pays vers une véritable sortie de crise rapide. C’est que, les mêmes recommandations ont déjà été émises depuis un certain temps, mais leur application s’est avérée impossible par les temps qui courent. Elles constituent même aujourd’hui un véritable blocage pour une sortie de crise rapide. A tel point qu’un observateur averti nous a déclaré : « Le déplacement de Jean Ping à Madagascar était inutile. Le GIC aurait bien pu faire parvenir son document écrit par courrier à ses destinataires. Quant aux contacts que Jean Ping a eus, leur intérêt est limité. Le responsable de l’Union africaine ainsi que le GIC connaissent déjà, d’une part, les positions de différentes mouvances malgaches et, d’autre part, les réalités politiques dans la Grand Ile ».

    Il n’est donc pas étonnant qu’à Madagascar, d’aucuns parlent aujourd’hui de l’échec de la mission de Jean Ping en terre malgache. Les plus indulgents à l’ égard de ce dernier se contentent de parler d’un séjour qui s’est achevé sur un petit goût... d’inachevé !

    Il va sans dire que les trois mouvances de l’opposition sont satisfaites de la mission de Jean Ping. Leur appréhension est levée. Le GIC adhère toujours au point de vue qu’elles ont toujours souhaité: l’application des accords de Maputo et d’Addis-Abeba qui préconisent la mise en place d’une transition consensuelle et inclusive à Madagascar.

    Cette proposition vient encore d’être rejetée par le Président Rajoelina qui estime que la cohabitation entre sa mouvance et celles de l’opposition n’est plus possible. Informé officiellement de cette position, Jean Ping s’est contenté de dire qu’il ne faut pas se fier aux réactions à chaud. Les différentes parties prenantes au règlement de la crise malgache ont encore quinze jours pour lui faire parvenir leurs positions définitives. Il s’attend donc à ce que celles-ci se ressaisissent et s’entendent entre elles.

    D’ici une quinzaine de jours, le GIC aura donc reçu les réactions définitives de ses interlocuteurs tananariviens. Il se penchera alors de nouveau sur le problème malgache. A cette occasion, tirera-t-il enfin une solution de compromis définitive à soumettre aux protagonistes de la crise malgache ? Ou bien, se contentera t-il tout simplement, de constater les faits et d’en tirer les conséquences qui s’imposent ?

    Les conséquences possibles sont au nombre de deux. Ainsi, au cas où la Grande Ile se soumet aux directives de la communauté internationale que le GIC représente, celui-ci demanderait alors à cette communauté internationale d’apporter de nouveau son aide à Madagascar Dans le cas contraire, il demanderait à ce que des sanctions soient prises à l’intention de Madagascar et de ses dirigeants.

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