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  • POINT DE L’ACTUALITE

    Les médiateurs internationaux appelés à la rescousse après l’échec de la formation du gouvernement , alors que les différentes mouvances se déculpabilisent

    Par Joël Sylvain Rasamoely | 23/11/2009

    (Mada) Comme l’on s’y attendait, le gouvernement d’union nationale n’a pas vu le jour samedi comme prévu. A tel point que le co-président du conseil présidentiel Fetison Rakoto Andrianirina a dû en tirer les conclusions qui s’imposent. Au nom des quatre membres de l’Exécutif (le président de la Transition, les deux co-présidents du conseil présidentiel et le premier ministre), il a déclaré samedi soir devant la presse, dans un discours solennel qui se veut rassembleur, au-delà des mouvances politiques, qu'il faudra organiser à l'extérieur du pays le quatrième sommet des chefs de file pour la formation de ce gouvernement d'Union nationale.

    A ce propos, il a notamment déclaré : «Nous demandons votre bénédiction à vous, la population, car nous sommes obligés de discuter à l’extérieur à cause de l’absence au pays des deux chefs de file. Cela pour chercher ce qui est bien pour le pays ».

    La date et le lieu des négociations ne sont pas encore connus. La ville de Paris revient avec insistance en coulisses. « Ce n’est pas important», a souligné le co-président pour entretenir le flou sur la question, compte tenu de l’éventuel refus de l’ancien président Ravalomanana de se rendre en Europe. «En tout cas, cela devrait se dérouler la semaine prochaine. Nous espérons qu’après la rencontre, nous aurons les noms des membres du gouvernement, ceux du Congrès et du Conseil supérieur de la transition», a-t-il ajouté.

    Par ailleurs, l’Express de Madagascar rapporte ce matin que l’Union africaine s’est prononcée sur la proposition de tenir une réunion des quatre chefs de file à l’extérieur. En fait, interrogé sur la question, Ablassé Ouedraogo, émissaire de l’organisation panafricaine, a indiqué : «Cela n’est pas nécessaire. Des envoyés spéciaux se rendront à Madagascar dans le courant de la semaine, pour évaluer et résoudre la question. On peut organiser des séances de visioconférence ».

    L’émissaire de l’Union africaine, qui se trouve en ce moment à Ouagadougou, évoque les problèmes logistiques et financiers de la rencontre à l’extérieur du pays et «la nécessité du règlement des questions entre les Malgaches eux-mêmes».

    Notons que la branche locale du Groupe international de contact (GIC) sur Madagascar a fait savoir sa préoccupation face à ce qu’elle considère comme un report continu de la mise en place du gouvernement, dans un communiqué publié hier. Elle rappelle que tout retard dans cette étape décisive de la résolution de la crise retarde non seulement la tenue des élections mais aussi et surtout celui de la reprise de la coopération internationale.

    A propos de léchec de la formation du gouvernement d’union nationale, les différentes mouvances tiennent à donner leur position respective.

    Ainsi, le président de la Transition a indiqué samedi : «La liste des ministres du côté de la mouvance Rajoelina a déjà été transmise au premier ministre. Le nouveau gouvernement doit être composé de vrais techniciens motivés, expérimentés et prêts à apporter des solutions, plutôt que des politiciens. Les ministres proposés par la mouvance Rajoelina répondent à ces critères ». Et d’ajouter : « Dans la tradition malgache, ce sont les aînés qui font des concessions vis à vis de leurs cadets. Mais jusqu’ici, c’est le benjamin qui a toujours fait des concessions. En fait, la mouvance Rajoelina a fait beaucoup de concessions. J’appelle donc les autres mouvances à faire preuve de sagesse et à agir en véritables Raiamandreny».

    De son côté, l’ancien président Didier Ratsiraka a déclaré ce week-end de Paris où il vit en exil : «Je ne suis pas la source du blocage. Soyons logiques et objectifs car, en 1991 et 2002, j’ai déjà fait beaucoup de concessions. Regardez les choses de plus près : la mouvance Rajoelina a hérité de la présidence, d’un poste de vice-premier ministre et de la présidence du conseil supérieur de la Transition. La mouvance Zafy a obtenu la coprésidence, la présidence du conseil national de la réconciliation et une place de vice-premier ministre. Pour la mouvance Ravalomanana, il y a la coprésidence, un siège de vice-premier ministre et de président du congrès. Moi, je n’ai revendiqué que la primature. Et encore, cela a fait l’objet d’âpres discussions. Actuellement, seul le ministère des Finances et du budget devrait échoir à ma mouvance, hormis, peut-être, les départements dont personne n’a voulu (Télécommunications, Fonction publique, Santé, Energie, Industrialisation). Et d’aucuns me taxent encore de bloquer les discussions pour la mise en place du gouvernement?».

    Pour sa part, Albert Zafy n'a pas mâché ses mots pour dénoncer que le blocage vient d’Andry Rajoelina. «C'est Andry Rajoelina qui remet tout en question en brandissant l'accord secret de Malmaison, un accord qu'il a conclu avec l'amiral Didier Ratsiraka avec la facilitation de Tiébilé Dramé des Nations Unies et de Béatrice Lederle du Quay D'Orsay. Ce qu'Andry Rajoelina fait semblant d'ignorer, c'est qu'il n'est pas un élu alors qu'il se permet de tout imposer. Dire que les trois autres mouvances doivent demander et non exiger relève de la mauvaise foi. Andry Rajoelina ne doit pas oublier que c'est par consensus, mais pas par élection, qu'il est placé à la présidence de la Transition" .Et d’ajouter : « Il n'y a plus de gouvernement à Madagascar. Les ministres actuels doivent démissionner en laissant les secrétaires généraux et les directeurs assurer le bon fonctionnement des ministères»

    Par ailleurs, le nouveau président du Congrès de la tradition Mamy Rakotoarivelo a été catégorique : « La mouvance Ravalomanana a fait la plus grande concession en acceptant un putschiste à la tête du pays ».

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