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    Andry Rajoelina, président de la Haute Autorité de la Transition

    Andry Rajoelina : « Je n’ai pas peur des sanctions qu’on n’arrête pas de brandir ».

    par Joël Sylvain Rasamoely | 18/02/2009

    (Mada) A quelques heures de la tenue de l’ultime réunion du Groupe International de Contact (GIC) à Addis-Abeba, afin de trouver une issue « consensuelle et inclusive » à la crise malgache, le Président Andry Rajoelina a tenu à faire connaître, au cours d’une déclaration officielle, sa position actuelle. C’est ainsi que, sans la moindre ambigüité, il a indiqué hier soir : «Quoi qu’il advienne, les élections législatives auront lieu en mai ».

    Cette décision a été prise par l’homme fort de Madagascar en dépit de l’opposition des trois autres mouvances politiques du pays, en l’occurrence celles qui sont respectivement dirigées par les anciens présidents Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Albert Zafy. Hier encore, les partisans de ces derniers ont fustigé au cours de leur meeting commun à l’amphithéâtre d’Antsahamanitra, situé à deux pas du Palais présidentiel d’Ambohitsorohitra, la volonté de Rajoelina de se maintenir seul au pouvoir. Alors que, la communauté internationale n’a cessé de prôner, voire d’imposer, aux protagonistes de la crise malgache de s’entendre entre eux afin de diriger ensemble la période transitoire actuelle. Ils désapprouvent donc vigoureusement, la démarche de Rajoelina d’organiser unilatéralement les élections législatives. Pour eux, un scrutin national ne pourrait être conçu et organisé qu’en commun par les quatre mouvances politiques du pays, celles de l’opposition et d’Andry Rajoelina.

    Les membres du GIC qui se réunissent aujourd’hui dans la capitale éthiopienne, sont du même avis. Au nom de la communauté internationale qui les a mandatés en tant que médiateurs dans l’affaire malgache, ils tenteront d’infléchir la position d’Andry Rajoelina. S’ils réussissent dans leur tentative, ils finiront ainsi honorablement leur interminable médiation qui dure depuis plus de huit mois maintenant. En cas d’échec, ils sont disposés à faire appliquer des sanctions ciblées vis à vis des dirigeants récalcitrants de la Transition.

    Cet état de chose a permis hier à Andry Rajoelina de dire: « Je n’ai pas peur des sanctions qu’on n’arrête pas de brandir. Mais, si on veut me punir, qu’on ne punisse pas pour autant le peuple malgache».

    Pour Rajoelina l’équation est simple : toutes les parties se sont aujourd’hui ralliées à son idée de tenir, le plus vite possible, des élections afin de sortir Madagascar de la crise. Sa détermination à donner la parole au peuple en organisant les législatives ne pourrait donc pas être sujette à caution. D’autant plus que, il entend organiser, au mois de mai prochain, un scrutin « propre et transparent».

    Pour ce faire, le président de la Haute Autorité de la Transition (HAT) a indiqué les changements qu’il attend appliquer. Il s’agit notamment de :

    - confier à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) l’organisation des élections qui était auparavant sous la responsabilité du gouvernement ;

    - permettre aux uns et aux autres de consulter la liste électorale ;

    - supprimer les ordonnances judiciaires permettant aux électeurs non inscrits sur la liste électorale de voter, cette possibilité ayant été dans le passé à l’origine de nombreux abus ;

    - utiliser le bulletin unique lors du scrutin.

    Bref ! Il existe une volonté de bien faire de la part du N°1 malgache qui ne pourrait, semble-t-il, qu’intéresser la communauté internationale et recevoir l’adhésion de toutes les bonnes volontés de la Grande Ile.

    Dans ce contexte, le Président Andry Rajoelina est disposé à étudier les propositions du GIC tendant à lui permettre de s’ouvrir à toutes les forces vives du pays. Entendre par cela, la possibilité pour celui-ci de mettre en place un gouvernement d’union nationale avec ses opposants, pendant la durée de la Transition.

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