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  • PARCOURS POLITIQUE

    Désigné l’an dernier pour diriger le pays, le vice-amiral Hyppolite Ramaroson se contente aujourd’hui d’un poste ministériel

    par Joël Sylvain Rasamoely | 25/02/2009

    (Mada) Depuis hier, le vice-amiral d’escadre Hyppolite Raharison Ramaroson est devenu le nouveau vice-premier ministre chargé des Affaires étrangères. Il remplace à ce poste Ny Hasyna Andriamanjato, démissionnaire depuis deux semaines.

    Etrange destinée que celle du nouveau chef de la diplomatie malgache. Au mois de mars de l’année dernière, il a reçu de l’ancien président de la République, Marc Ravalomanana, les pleins pouvoirs en tant que chef d’un directoire militaire que celui-ci a mis en place avant de s’éclipser. Et de s’exiler volontairement à l’étranger. Ce pouvoir, Hyppolite Ramaroson ne le gardera pas longtemps. A peine nommé, il l’a remis à son tour, dans des conditions plus ou moins rocambolesques, au maire de la capitale Andry Rajoelina. Celui-ci avait alors dirigé un vaste mouvement populaire de contestation visant à renverser Marc Ravalomanana depuis quelques semaines avec le soutien, tardif mais décisif, d’une faction de l’armée, dirigée par des colonels. C’est ainsi que cette transition avait été qualifiée de coup d’Etat par la communauté internationale.

    A la tête de la Haute autorité de la Transition, Andry Rajoelina a, par la suite, gardé Hyppolite Ramaroson parmi ses proches collaborateurs en tant que conseiller à la Présidence. Il vient donc de nommer celui-ci comme membre du gouvernement dirigé par le colonel Camille Vital. Alors que le vice-amiral est l’officier général le plus gradé de l’armée malgache. Une situation singulière que les observateurs ne manqueront pas de suivre l’évolution avec intérêt !

    Hyppolite Ramaroson a déclaré après sa nomination : « Ma principale mission est d'expliquer à la communauté internationale ce qui s'est réellement passé à Madagascar. Je vais également discuter avec nos ambassadeurs pour qu'ils travaillent pour le compte de la nation ».

    Vu sous cet angle, le vice-amiral apparaît comme un atout maître d’Andry Rajoelina. Il jouera un rôle essentiel dans la tentative ultime pour que le régime actuel obtienne la reconnaissance de la communauté internationale. Mais la nomination d’Hyppolite Ramaroson semble assez tardive. C’est que, il ne reste plus aux instances dirigeantes de la Transition en général et au nouveau chef de la diplomatie en particulier, que trois semaines pour persuader la communauté internationale à propos de deux volets essentiels. Primo : faire passer le message comme quoi, il n’y a pas eu un coup d’Etat lors de l’accession d’Andry Rajoelina à la magistrature suprême. Secundo : persuader les instances internationales et les pays partenaires de la Grande Ile que l’organisation des élections législatives, envisagées en mai prochain par la Haute Autorité de la Transition (HAT), s’avère comme une disposition appropriée pour revenir rapidement à l’ordre constitutionnel à Madagascar.

    On saura le 17 mars prochain si Hyppolite Ramaroson a réussi sa mission diplomatique. C’est que, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine qui s’est réuni la semaine dernière en Ethiopie, reconnaît que la mouvance Rajoelina constitue un obstacle au processus de retour à l’ordre constitutionnel dans la Grande Ile. Il lui donne donc jusqu’au 16 mars prochain pour se conformer aux accords de Maputo et d’Addis-Abeba. Sinon, dès le 17 mars, des sanctions ciblées seront appliquées au Président Andry Rajoelina et aux autres dirigeants de la Transition.

    Ces sanctions sont de trois ordres. Il s’agit de :

    - l’interdiction de voyager à l’encontre de tous les membres des institutions mises en place par les autorités de fait issues du changement anticonstitutionnel et tous autres individus , membres de la Mouvance Rajoelina , dont l’action fait obstacle aux efforts de l’Union africaine et de la SADC visant à restaurer l’ordre constitutionnel dans la Grande Ile ;

    -le gel des fonds, autres avoirs financiers et ressources économiques de tous les individus et entités concourant d’une manière ou d’une autre, au maintien du statu quo anticonstitutionnel ;

    -l’isolement diplomatique des autorités de fait issues du changement anticonstitutionnel, visant à remettre en cause la participation des représentants de ces dernières aux activités d’organisations internationales, non africaines, y compris les Nations unies et l’ensemble de leurs agences et d’autres structures concernées.

    C’est dire que le vice-amiral Hyppolite Ramaroson aura du pain sur la planche. S’il réussit dans sa mission, les observateurs avertis le voient déjà propulser à la tête d’un futur gouvernement. Autrement, il sera également sanctionné par le CPS de l’Union africaine. Etrange destinée évidemment !

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