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    L’épreuve de force continue : devine qui va souffrir ? (dessin de Glez)

    Des zones d’ombre risquent d’annuler la rencontre entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana

    Par Joël Sylvain Rasamoely | 23/04/2010

    (Mada) Jusque-là, on prenait pour acquise la participation effective du Président Andry Rajoelina et de son prédécesseur Marc Ravalomanana à la rencontre prévue la semaine prochaine en Afrique du Sud. Mais, cette réunion cruciale qui pourrait permettre une sortie de crise dans la Grande Ile, semble aujourd’hui compromise.

    En fait, le Président Andry Rajoelina a annoncé hier qu’il n’ira pas à Pretoria que si l’objet de la rencontre n’est pas connu et fixé à l’avance. Pour lui, il n’est plus question maintenant de « perdre du temps » en prolongeant les diverses négociations qui, depuis dix mois, se sont avérées infructueuses. « Si je devais me rendre à Pretoria, a-t-il déclaré, le but du déplacement sera tout simplement de signer le protocole d’accord qui m’étais parvenu il y a deux jours, et dont j’ai accepté la teneur». Et d’ajouter : « Or, je viens de recevoir une invitation émanant du Président Joachim Chissano dont l’objet « sort du cadre du protocole d’accord que j’ai reçu auparavant ».

    En fait, l’ancien président mozambicain évoque à nouveau une nouvelle table-ronde entre les chefs de file des quatre mouvances politiques dirigées respectivement par Andry Rajoelina, Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Albert Zafy à Pretoria. Alors que, il était déjà acquis que seuls Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana participeront aux débats, les deux autres chefs de mouvances, eux , seront signataires, en tant que « raiamandreny» de la nouvelle convention.

    Dans ses colonnes, Midi Madagasikara de ce jour indique que, à l'allure où évolue la situation, la Maison d'hôte de Jacob Zuma ne sera pas uniquement le cadre de la signature d'un éventuel accord, comme prévu, mais également un lieu de négociation. Le quotidien croit savoir que Rajoelina, Ravalomanana, Ratsiraka et Zafy auraient à étudier deux feuilles de route à Pretoria, celle signée au Mozambique et en Ethiopie, communément appelée Accords de Maputo et Acte Additionnel d'Addis-Abeba, et celle que la France a élaborée. D'après ses sources, le journal conclut que l'équipe conjointe de médiation, avec l'appui de l'Afrique du Sud, roulerait pour les Accords de Maputo et l'Acte Additionnel d'Addis-Abeba «remaniés ». Tandis que la France soumettra une feuille de route qui prévoit la mise en place d'un gouvernement d'union nationale qui s'organisera deux ou trois mois après les Législatives. D'après cette feuille de route, le vrai gouvernement de transition émanera de la majorité issue de cette élection. La mise en place de ce deuxième gouvernement marquera le début de la transition.

    Cette feuille de route reprend, en fait, l’essentiel des résolutions des récentes assises nationales « Teny ifampierana » organisées par la Haute autorité de la transition. Aussi, Midi Madagasikara estime –t-il que le « le 1 contre 3 sera encore au rendez-vous à Pretoria car les trois mouvances s'opposeront certainement à cette feuille de route de l'ancienne puissance colonisatrice ».

    Mais, comme on le sait, il n’est pas question pour Andry Rajoelina de revenir sur les accords de Maputo et d’Addis-Abeba. Aussi, celui-ci a-t-il tenu à préciser hier que, tant que le contenu réel de la rencontre n’est pas clarifié, il ne se déplacera pas à Pretoria.

    Cette position est largement commentée par Actumada. En effet, ce site web proche des dirigeants malgaches écrit aujourd’hui : «La rencontre risque fort d'être compromise, à cause des agissements de certains membres de la médiation comme l'ancien Président mozambicain Joaquim Chissano. Il est incompréhensible que ce soit ce dernier, déjà fortement accusé d'être à la solde de Ravalomanana, qui invite. C'est d'autant plus étonnant que l'existence de Chissano parmi l'équipe de médiation du GIC, a déjà été problématique et était entre autres causes, à l'origine du blocage des négociations, notamment lors du fameux Maputo III. Cet ancien Président mozambicain ne pouvait plus cacher son penchant pour l'autre ex-président malgache, si bien que les discussions étaient trop tendues et à sens unique, quand il était le médiateur chef. Il refusait de voir les vraies réalités à Madagascar et s'érigeait en véritable avocat de Ravalomanana. Et c'est lui qui a rendu possible la réunion de Maputo III qui a définitivement mis à mort les accords précédemment signés à Maputo et Addis-Abeba en dénaturant complètement les dispositions ».

    A maintes reprises, Andry Rajoelina s’était montré jusqu’ici prêt à assister à cette ultime rencontre en terre sud-africaine. Mais aujourd’hui, ou plus précisément hier, il semble donc revenir sur sa décision.

    Cette situation a poussé La gazette de la Grande Ile à écrire ce matin : « Le président de la Transition ne veut plus aller à Johannesburg (au lieu de dire Pretoria, ndlr) parce qu’apparemment, il constate que certaines choses ne sont pas du goût de sa mouvance à propos des moyens à mettre en œuvre pour retirer le pays du trou dans lequel il s’est enfoncé il y a déjà plus d’un an. Ainsi selon toute vraisemblance et sauf changement qui pourrait ou non survenir à partir d’aujourd’hui, la tenue de ce tête-à-tête à Johannesburg tombe (à nouveau) dans l’incertitude. L’on peut se permettre maintenant d’avancer que les éventuels blocages à la mise en application de ce nouveau cadre initié en majeure partie par la France et l’Afrique du Sud s’amplifient. En effet, l’ex-président Marc Ravalomanana n’apprécie guère, pour une raison ou une autre, cette rencontre. Et voilà que celui qui l’avait chassé du siège présidentiel se lance dans une valse-hésitation qui visiblement étonne, voire inquiète plus d’un. Au final, ce qui complique encore plus ce fameux chemin vers la sortie de crise».

    Justement, les ambassadeurs français et sud-africain, en poste à Antananarivo, Jean-Marc Châtaigner et Monaisa Sam Mogkheti, vont aujourd’hui rencontrer le président de la Transition. Ils tenteront probablement de rassurer l’homme fort du pays et de le persuader à se rendre à Pretoria.

    A ce propos, les explications déjà données par le diplomate français sont claires. Celui-ci a récemment indiqué que les démarches de la France et de l’Afrique du Sud s’inscrivent dans un processus de recherche d’une solution consensuelle adéquate afin d’aider Madagascar à sortir de la crise. Mais, ce sont les membres du Groupe international de contact, dirigés notamment par Joachim Chissano, qui restent pour la communauté internationale les médiateurs dans le dossier malgache.

    Ce qui justifie les invitations que viennent de lancer ce dernier à Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana, ainsi qu’à Didier Ratsiraka et Albert Zafy. C’est que, la semaine prochaine en terre sud-africaine, il est pour le moment prévu un face-à-face entre Rajoelina et Ravolamanana qui serait suivi d’une rencontre commune dont les participants seront les chefs de file des quatre principaux protagonistes de la crise malgache.

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