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    Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères

    Vers un dernier round de négociations avant la fin du mois

    Par Joël Sylvain Rasamoely | 15/02/2010

    (Mada) A la veille de la réunion du GIC, le jeudi 18 février, l'on assiste à d'intenses activités diplomatiques. Ainsi, une délégation gouvernementale, conduite par le premier ministre Camille Vital, s'est rendue à Addis-Abeba. Par ailleurs, Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, se déplacera aujourd'hui en Afrique. Son objectif: infléchir la position radicale de la SADC à propos du règlement de la crise malgache.

    L’on s’achemine de plus en plus vers le retour à la table des négociations des protagonistes de la crise malgache, à savoir les quatre mouvances politiques dirigées par Andry Rajoelina, Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Albert Zafy.

    Cette éventualité est de plus en plus évoquée au niveau des grandes chancelleries impliquées dans la recherche d’une sortie de crise à Madagascar. Selon une dépêche d’agence de presse internationale, un dirigeant de l’Union africaine avait également indiqué la nécessité d’un round de négociations avant la fin du mois de février.

    A Antananarivo, des indications dans le même sens apparaissent au niveau des dirigeants de la Transition. Ainsi, des membres de la Haute Autorité de la Transition (HAT) donnent l’impression de préparer l’opinion à la possibilité d’un retour à la table des négociations. A ce propos, Julien Reboza secrétaire général de la plateforme de l’Union des démocrates et de républicains pour le changement (UDR-C) qui réunit les partis et groupements au pouvoir, a déclaré :«Nous n’écartons pas forcément l’option Maputo. (…) Si certaines concessions sont encore tolérables, pourquoi pas ». Autre indice : l’Express de Madagascar de ce jour indique que, à la lumière de la tendance du moment, l’idée d’un retour à la table des négociations devient de plus en plus forte. Et qu’ainsi, Andry Rajoelina avait déjà sondé les hauts responsables des Forces armées d’une telle option lors de leur rencontre il y a quelques jours.

    C’est dans cette perspective qu’il faut situer les récents déplacements des hautes autorités de la Transition. Ainsi, une mission officielle s’est rendue à Addis-Abeba ce week-end. Elle était notamment composée de Camille Vital (premier ministre), Zazà Ramandimbiarison (directeur de cabinet du président de la HAT), Mamy Ratovomalala (ministre des Mines et des Hydrocarbures) Hajo Andrianainarivelo (ministre de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire) et de Maxime Zafera (conseiller à la Primature qui se trouve parmi les pressentis pour occuper le poste, actuellement vacant, de ministre des Affaires étrangères).

    La presse malgache rapporte aujourd’hui que la délégation gouvernementale devait rencontrer Joaquim Chissano, chef de l’équipe conjointe de médiation, et ancien président mozambicain. Elle devait également avoir une entrevue avec Ramtane Lamamra, commissaire à la Paix et à la sécurité au sein de l’Union africaine, qui se trouve sur place. Selon certaines indiscrétions, l’équipe de la HAT a eu pour mission de discuter d’un gouvernement d’union. Elle devrait remettre une liste d’équipe gouvernementale et évoquer le processus de Transition.

    Cette offensive diplomatique va de pair avec celle menée par les autorités françaises auprès de la SADC. En fait, selon le Quai d’Orsay, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères français, effectuera aujourd’hui un déplacement à Kinshasa. Il va notamment discuter avec Alexis Thambwe Mwamba, son homologue de la République démocratique du Congo (RDC), de la situation à Madagascar. En effet, la RDC assure en ce moment la présidence de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Le membre du gouvernement français tentera d’infléchir la position radicale de l’organisation régionale africaine à propos du règlement de la crise malgache. Soulignons que, dans cette affaire, les dirigeants des pays membres de la SADC font visiblement cause commune avec l’ancien président Marc Ravalomanana.

    L’on remarquera que ce n’est pas le secrétaire d’Etat français à la Coopération et à la Francophonie Alain Joyandet qui va effectuer cette mission délicate mais le N°1 de la diplomatie française en personne. Mais, Joyandet qui a l’habitude de traiter le dossier de la crise malgache, sera probablement présent à Addis-Abeba le 18 février où il y représentera la France à la réunion du Groupe international de contact sur Madagascar (GIC-M). Jeudi prochain, en fait, celui-ci se penchera une dernière fois sur la situation politique qui prévaut à Madagascar.

    Selon toute vraisemblance, le GIC proposera une ultime négociation entre les protagonistes de la crise malgache avant la fin de ce mois. .

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