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CRIS & CHUCHOTEMENTS
Complaintes sur l’exil
Par FX-Mahah | 01/11/2009(Mada) Les poèmes ci-après sont de FX-Mahah. Celui-ci est un poète malgache vivant en France depuis 40 ans. Il est le préqsident de la section française de l’Union des poètes et écrivains malgaches (Havatsa- UPEM).
De son vrai nom François-Xavier Razafimahatratra, FX-Mahah est titulaire d’un DEA de civilisation malgache délivré par l’Institut national des langues et cultures orientales (INALCO). Installé en France depuis 1970, il est l’auteur d’une trilogie sur le thème de l’exil. Il s’agit de Esquisses marines (1972), Contrexil (1978) et Sang d’Ombre (2004).
Ecrivant aussi bien en français qu’en malgache, FX-Mahah se sent-il plutôt poète français ou poète malgache ? A cette question, il répond :: « Je ne sais pas, je n’arrive plus à distinguer le poète malgache du poète français, mais est-ce qu’il est vraiment nécessaire de distinguer les deux ? Je pense en français depuis 30 – 35 ans, mes poèmes me viennent donc généralement en français, mais quelquefois, il m’arrive aussi que l’idée d’un poème vienne en malgache, alors, j’écris en malgache. Cependant ,dans les deux cas, le thème reste le plus souvent le même. Madagascar.».
FX-Mahah poursuit : « La nostalgie est un aspect assez désagréable de l’exil. Ce que j’appelle exil, c’est lorsqu’une personne reste toujours attaché au pays natal malgré la distance, mais quand cette personne n’arrive plus à avoir d’attachement avec son pays natal, pour moi ce n’est plus un exilé, c’est un déraciné ». Et de préciser : « Suis-je exilé ou déraciné ? Je suis plutôt un exilé, malgré tout le temps que j’ai passé en France, je suis resté Malgache. Mais, lorsque je reviens à Madagascar, je me sens exilé de la France. Tout poète est d’ailleurs un exilé du paradis perdu de son enfance. C’est dans la nature de l’homme que de se sentir exilé, car il rêve d’un modèle qui n’est pas celui qui l’entoure. C’est un sentiment plutôt poétique ».
D’île en îles
La barrière de la mer
s’abolit sous le regard
car le regard est poème
rêve et réalité confondus
le départ est possibilité de vivre
le départ est exil
voulu ou imposé
craquent sous mes pas les os
de ceux qui ont espéré
une résurrection
j’ai survolé la mer
j’ai survolé la vie
j‘ai perdu tous les repères
de ma race
je passe fier et nanti
étranger
dans cette ville de misère
qui n’est plus mienne
mais a laissé sa marque
sur le marbre de ma mémoire
et de mon désarroi
je m’illusionne
à regarder à travers les ruines
des images du passé
pour conjurer le présent.
Je ne puis que rire
tristement mes poèmes
face à la mer
Les souvenirs grattent
mes nuits jusqu’au sang
Comme cette terre rouge
qui s’en va sa désespérance
jusqu’à se perdre dans la mer
J’ai écorché mes rêves
Aux pans de l’oubli
Mon arbre
Je me souviens de
M’être adossé à cet arbre
Etant enfant
Le même arbre
La même chute de feuilles
Et cette fraîcheur qui
Humidifie l’âme
Seul repère de mon enfance
Il est partout où
Je me trouve
Digne dans son immobilité
Séculaire
Je ne l’ai jamais vraiment regardé
C’est le même sous toutes les latitudes
Baobab, zakarandah
Devenu hêtre ou bouleau
Saule éploré
Ou arbre du voyageur
Symbolique
Madagascar
La mer je l’ai connue
Sur tes plages de soleil
de cocotiers
de ravenales
et de vie en sourdine
Madagascar
La mer je l’ai connue
à l’orée sanglante de tes nuits
de chaleur
à la lumière
de ta nuiteur charnelle
Madagascar
La mer je l’ai connue
comme reflet
comme reflet de lutte
la MER
>Terme
Quand reverrai- je les champs
parfumés d’algues marines
et la mer grise
dans le ciel de pluie ?
Quand reverrai-je les monts
aux flancs transpercés
battant l’ultime jet
sur la limpidité souveraine
du MIDI ?
Oh !
Les pieds en maraude s’égratignent
aux piquants des coraux
et le cœur alourdi de sel
et de nostalgie veut
suivre les oiseaux de mer
en leur fuite irréelle
Quand reverrai-je aux
piquants des coraux
l’ultime jet de sang
l’ultime jet d’amour ?
Harivariva an-tanin’olona
Amin’ny ora toy izao mahafeno ny diavolana
lasa ihany ny vinany manontany ny any ho any
dia ny fenomanan-dasa tsy mba nisy petraka olana
hamadika ny vetsovetso ka hisaina sesilany
Moa ny diavolana any mbola toy ilay omaly
nilalaovanay ny hanta nampariakan’ny hariva
moa nyantsan’ny zatovo mbola heno mifamaly
handimby ako an’alikely ny fanginan’ny antsiva
Eto ny diavolan-kanto mitondra embona hafahafa
tsiaro otriky ny ela zary mampihidy vazana
Eto ny davolan-kanto raha sendra ka mitafa
eny iky ny alahelo no tsaroana fa marivo
raha sendra misy manontany ilay diavolan’Iarivo
Eny ny ora manadiva no tian-kodiana an-Tanindrazana.
Ry fahafahana
Teny imolotry ny mpiady efa teo ambavahoana
teny an’endriky ny zaza nidradradradra f’efa noana
teny an-koditrin’ny ory nijafajafan’ny hatsiaka
teny am-bovoky ny tany lazaina f’an’ny tanintsika
an-tsoroka mavesatry ny tia ka nilaozana
teny am-ponja namatrarana ilay nitady fanavaozana
teny an-tefoky ny basy namerana ny zon’ny resy
teny an-dasitra idealim-pitondrana nifanesy
teny an’elatry ny fiara namakivaky habakabaka
tany an-dalin-drano tany natahorana ho lavaka
nantenaiko hahitana izay mba tena endrikao
izay mba tena feonao handrotsirotsy ny tadiny
nozahako hatraiza hatraiza ary mandraka ankitriny
moa ianao ry Fahafahana tsy an’izao tontolo izao.


