A la une

  • FESTIVAL

    photo

    Désiré Razafindrazaka, président du comité d’organisation de Madajazzcar

    Désiré Razafindrazaka : un Mr. Madajazzcar jamais à court de partitions...

    Par Thompson Andriamanoro | 23/09/2011

    (MADA.pro) Malgré la crise, le Madajazzcar se déroulera du 4 au 16 octobre prochain. Ce sera l’événement de la rentrée qui va faire swinguer toute la jazzosphère durant deux semaines intenses. Principal artisan de cette prouesse: le mélomane Désiré Razafindrazaka, président du comité d’organisation de ce festival international qui est à sa 21e édition.

    A mesure qu’approche octobre, un frémissement se fait de plus en plus sentir dans les milieux musicaux de la capitale. C’est le traditionnel mois de ce qui était Jazz à Tana en 1989, Jazz à Mada en 1990, avant de trouver l’appellation fétiche de Madajazzcar qui lui va si bien en 1992, et qui ne l’a plus quittée.

    Une musique venue d’ailleurs, le jazz? Pas tout à fait, puisqu’il peut sans hérésie se prévaloir d’au moins quelques radicelles malgaches en la personne d’Andy Razaf, de son vrai nom Andriamanantena Razafinkarefo, fils d’un noble de la cour de Ranavalona III, né aux Etats-Unis et auteur de standards immortels comme In the Mood ou Ain’t Misbehavin’...

    Ce festival devenu une véritable institution, Désiré Razafindrazaka s’en occupe depuis 2001 en tant que président du comité d’organisation. Un fantastique travail d’équipe et un réseau de bonnes volontés qui s’étend jusqu’aux ambassades étrangères et centres culturels, et permet depuis vingt éditions de déplacer des montagnes... de problèmes. Comme il le dit si justement, «à Madagascar si on se laisse impressionner dès le début par les obstacles financiers, on n’arrive à rien !». En fait, Désiré Razafindrazaka continue sur ce qu’il a capitalisé durant ses années passées à Nancy quand, parallèlement à ses activités professionnelles, il représentait le magazine Jazz Hot pour l’Est de la France et les pays limitrophes. Des relations ont alors été tissées avec de nombreux musiciens internationaux et décideurs, dont le bénéfice va aujourd’hui tout naturellement à Madajazzcar. Ce qui manque au Festival? Une jonction plus marquée avec le tourisme peut-être, pour que l’évènement s’intègre d’une manière plus effective et personnalisante à l’image de la principale ville qui l’héberge. C’est le passage, à la fois obligé et bénéfique pour tous, qu’ont emprunté des aînés comme Marciac, Saint-Louis du Sénégal, ou justement Nancy.

    Cette Lorraine au crépuscule de la sidérurgie est une page indélébile dans le parcours de ce diplômé en psychologie, également ancien de l’IAE-Nancy et de l’Inalco-langues O’ – Paris qui y débute sa carrière au contact d’une France assez différente de l’idée que l’on s’en fait à 10 000 km. Directeur de la Mission locale pour l’Emploi de Longwy, il émigre ensuite en région parisienne pour devenir coordonnateur Emploi-Formation auprès de la Préfecture de l’Essonne, puis chargé de mission du Fonds Local Emploi Solidarité. Un travail qui le passionne, et une vie bien gagnée. Seulement, à force de s’occuper de gens à problèmes (jeunes sans qualification, handicapés, chômeurs longue durée, RMIistes...), la question fatidique aux allures de cas de conscience finit par se poser : n’y a-t-il pas à faire dans son propre pays?

    Et c’est le grand retour avec pour principe adopté celui de mettre ses acquis au moule des réalités malgaches et non le contraire. Un premier contrat avec l’UNICEF lui permet de sillonner le pays de part en part, et de faire des découvertes souvent insoupçonnées des citadins. En 2000, il crée son propre cabinet COEF Ressources pour répondre à une forte demande en matière d’évaluation de projets, d’appui organisationnel, de développement de stratégies, ou de problématiques liées à la gestion des ressources humaines. Parallèlement, il enseigne le management à l’Université d’Antananarivo.

    Parlera-t-on d’atavisme ? Toujours est-il que Désiré Razafindrazaka est le petit-fils du premier maire malgache de la capitale et grande figure du nationalisme, Stanislas Rakotonirina. Certains y trouveront l’explication d’une autre passion qui l’a confirmé à la présidence des Amis du patrimoine de Madagascar (APM). Le but de cette association n’est pas de se substituer aux pouvoirs publics mais plutôt d’insuffler une dynamique, d’interpeller, de trouver des partenariats. Parmi les réalisations figurent la réhabilitation de la Tranovola de Vohipeno et celle de l’ancien tribunal royal d’Ambatondrafandrana. Pour Désiré Razafindrazaka «en tant que malgache, il est à tout à fait naturel de s’intéresser à la richesse du patrimoine de notre pays, et de surcroît quand on a vécu longtemps à l’étranger». Un langage qui est certainement aussi celui des promoteurs de cette motivation montante qu’est le tourisme culturel

     

    Madajazzcar est l’événement de la rentrée qui va faire swinguer toute la jazzosphère durant deux semaines intenses

    En terre malgache, octobre est au jazz ce que l’eau est au riz : indissociable …

    Festival endémique du paysage musical de la Grande Ile, Madajazzcar est l’événement de la rentrée qui va faire swinguer toute la jazzosphère durant deux semaines intenses dans la capitale et dans différentes villes malgaches.

    Le Festival international Madajazzcar, qui vient de se voir décerner depuis cette année le prestigieux label « DjangodOr – Trophées Internationaux du Jazz » vous invite du 4 au 16 octobre prochains à un fabuleux voyage musical, qui vous conduira des Tropiques (Madagascar, Ile de la Réunion, Cameroun, Afrique du Sud), aux pays de l'Occident (Etats-Unis, Suisse, Allemagne, France) en passant par les frontières de l'Arctique (Norvège), jusqu'au Moyen-Orient (Israël).

    Cette 21e édition du Festival vous promet des émotions à la hauteur des artistes prestigieux qui y seront réunis, tels que, Etienne Mbappé & Su La Také (Cameroun), Louis Winsberg (France), Sarah Morrow (USA),Nicolas Folmer (France), Nouveau Trio Gitan (France), Alessandro d’Episcopo (Suisse), Zambavil (La Réunion), Freytag (Allemagne), Omri Moor (Israël), Oyvind Nypan (Norvège), Babu (Afrique du Sud). Sur la scène locale, de nouveaux talents vous sont proposés à côté de musiciens de renom tels que le groupe Solomiral, Samy Andriamanoro, Solo Andrianasolo, Nicolas Vatomanga, Ricky, Joël Rabesolo, Arison Vojy, Rolf, Fanaiky, Tana Gospel Choir, Gérard Ratsimiseta, Hajazz, Korb, Mael

     

    En obtenant le « DjangodOr – Trophées internationaux de jazz », Madajazzcar est devenu l'un des tout premiers festivals labellisés du continent africain

    Les origines du Festival International Madajazzcar remontent à octobre1988, date à laquelle un club de jazz est créé au sein de l'Alliance Française de Tananarive (AFT), à l'initiative d'un trio de jeunes médecins malgaches passionnés de jazz : Dr Allain Razakatiana, Dr Bruno Razafindrakoto et Dr Henri Rakotondrabe. Ils seront rejoints en 1989 par le regretté Dr Hervé Razakaboana, lequel fut également Président du Jazz Club de l'AFT. La fondation de ce Jazz Club de l'AFT est l'étape qui va, en quelque sorte, sceller définitivement la relance du jazz malgache, lequel comptait déjà des décennies d'existence et de créativité, ayant contribué à faire de Madagascar l'un des premiers pays africain, avec l'Afrique du Sud et le Cameroun, à disposer d'une scène jazz dynamique et de musiciens talentueux.

    A partir de 1992, le Festival International Madajazzcar accueille tous les ans, outre les grands noms du jazz de la Grande Ile, une pléiade de musiciens de renommée internationale venus des Etats-Unis et de plusieurs pays d'Europe comme la France, la Suisse et l'Allemagne, mais également d'Afrique et d'Asie, sans oublier les groupes issus de la scène régionale (Maurice, La Réunion), avec un nombre croissant de pays et groupes participants.

    En 2001, le Comité d'organisation du festival international Madajazzcar a un nouveau président, en la personne de Désiré Razafindrazaka. Fort d'une grande expérience dans le secteur du jazz, au niveau international, et dans le domaine culturel, pour avoir été, notamment, collaborateur pour les revues spécialisées Jazz Hot et Trad' Magazine , et au festival Nancy Jazz Pulsations (NJP), il va donner une nouvelle impulsion à Madajazzcar.

    Pour l'épauler dans sa mission, plusieurs personnalités issues du monde culturel et artistique siègent également à ses côtés : Dr Allain Razakatiana, vice-président et co-fondateur du festival, Bi Rabeson et Haja Ravaloson - ces deux derniers étant chacun issu d'illustres lignées de musiciens malgaches – et rejoints plus tard par Nirina Rajaonarivo et Jacky Ranarison. Le festival sera ainsi repensé dans son ensemble, passant d'une durée de 1 mois à 10 jours intensifs, avec un renforcement de la dimension internationale, la valorisation du patrimoine artistique national, et une professionnalisation de l'équipe technique et de la communication.

    C'est ainsi que depuis sa création, le festival a vu la participation de prestigieux noms du jazz venus des 4 coins du monde, à l'instar de musiciens et de groupes tels que : Rhoda Scott, Hal Singer, Boney Fields, Sylvia Howard, Michèle Hendricks, Hal Singer, Ronald Baker, Gilda Solve, Katia Roberts, Manda Djinn, Bobby Rangell, Fikira, Ozomatli, Jeff Gardner (Etats-Unis) ; Didier Lockwood, Eric Lelann, François Jeanneau, André Jaume, Henri Texier, Olivier Hutman, Jean-Michel Kadjan, Jean-Marie Ecay, Didier Sustrac, Mariannick Saint-Céran, Jean-Jacques Milteau, Elios et Boulou Ferré, Michel Portal, Daniel Humair, Sixun (France) ; Frode Kjekstad, Håkon Berr (Norvège) ; Sadao Watanabe (Japon) ; Nelson Veras, Trio Esperança, Irio De Paula (Brésil) ; Eric Triton, Segazz Quartet, Linley Marthe (Maurice), Nirina Sulette, Meddy Gerville (La Réunion) ; Emanuel Gomado (Ghana) ; Birakoyé Fainké dit B (Mali) ; African Jazz Pioneers, Soweto Strings Quartet (Afrique du Sud) ; Four Roses, Marc Perrenoud Trio, Mats-Up, NK Music, By-Spiel Project (Suisse) ; Susan Weinert, Triosphère, Saxophon' Mafia, Marcus Türk, Furiopolis, Leni Stern (Allemagne) ; sans oublier la participation de nombreux artistes malgaches et notamment de certains évoluant depuis longtemps à l'étranger : Nivo et Serge Rahoerson, Del Rabenja, Tony Rabeson, Joël Rakotomamonjy, Andry Ravaloson, Harly Rajaobelina, Rabary Rabeson, Lalao et Jeannot Rabeson, Dera Mahay, Sylvin Marc ...

    L'année 2011 marque la 21e édition du Festival International Madajazzcar qui se déroulera du 4 au 16 octobre prochains. Il est co-organisé par un ensemble de partenaires, constitué de représentations et centres culturels étrangers, et d'entités associatives et privées tels que : les ambassades d'Allemagne, des Etats-Unis, d'Israël, de Norvège, de Suisse, l'ambassade de France et le Ministère de la Culture et du Patrimoine via le projet Art Mada 2, le Centre Culturel Albert Camus, la Délégation générale de l'Alliance Française à Madagascar, et l'Alliance Française de Tananarive (AFT), le Cercle Germano-Malagasy, l'Université d'Antananarivo …

    Au cours de ses 20 ans d'existence, le Festival International de Madajazzcar a organisé bien des rencontres chargées d'émotion, car d'un niveau artistique remarquable. 20 ans dédiés à la passion de la musique et l'amour du swing ; 20 ans qui resteront dans les annales du jazz et dans le cœur de ses inconditionnels comme autant de rendez-vous entre de prestigieux musiciens des 5 continents avec le gotha jazzistique malgache ; 20 ans d'un plateau ouvert et dévolu à des échanges aussi rares qu'exceptionnels qui constituent une référence désormais reconnue dans le monde musical.

    C'est à ce titre que le Festival International Madajazzcar vient d'obtenir pour la première fois le label « DjangodOr – Trophées internationaux de jazz », devenant ainsi l'un des tout premiers festivals labellisés du continent africain. Cette prestigieuse distinction est une garantie supplémentaire d'une programmation de grande qualité, avec la présence d'éminents artistes primés par les DjangodOr et reconnus par le milieu du jazz, comme Nicolas Folmer, Louis Winsberg, ou encore Christian Escoudé et son Nouveau Trio Gitan. C'est ainsi que cette 21e édition du Madajazzcar ouvre la page d'une nouvelle dimension internationale pour le festival.

     

     

     

Imprimer Retour

 

pub

 

pub

 

pub

 

pub